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Russie : Londres tente une OPA sur la politique du Président Medvedev

La rédaction
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Par Rachel Douglas, Executive Intelligence Review


Le même groupe qui, dans les années 90, avait démoli l’économie russe en lui appliquant les recettes d’un monétarisme radical venant de Londres, tente actuellement de prendre le contrôle de la politique de « modernisation et d’innovation » lancée par le Président russe, Dmitri Medvedev, en mai 2009.

Cette politique, dont les priorités sont très intéressantes par ailleurs – améliorer l’efficacité énergétique, moderniser le programme nucléaire, développer les technologies de l’espace en mettant l’accent sur les télécommunications et développer un secteur pharmaceutique et d’équipement de diagnostic médical – risque d’être gâchée par l’activisme de ce groupe dont la figure centrale est l’ultralibéral Anatoli Tchoubaïs, chargé du développement des nouvelles technologies de la communication au sein de ce programme.
Il s’agit bel et bien du même Tchoubaïs qui, en tant que « jeune réformateur » au sein de la présidence de Boris Eltsine dans les années 90, avait organisé la grande braderie de l’industrie russe. Ecarté du cabinet après la débâcle financière de 1998, il s’est depuis totalement relooké. Se faisant volontiers l’avocat des conceptions de l’« empire libéral », qu’il défend ouvertement dans ses écrits, il se présente comme expert en gestion d’entreprises et intermédiaire incontournable de l’industrie high-tech et de la recherche de niches lucratives pour les produits russes sur les marchés.

Au cours d’une discussion avec Vladimir Poutine, le 2 février dernier, portant sur les opérations de Rosnano, l’entreprise de nanotechnologies qu’il dirige, son lyrisme en faveur de ce qu’il appela des « secteurs entiers qui n’avaient jamais existé auparavant et qui naissent désormais devant nos yeux » – comme la production de batteries solaires – a été tel que Poutine s’est permis de le recadrer, lui demandant de s’intéresser plutôt « à notre propre économie et à nos besoins actuels » dans « des domaines très importants tels que les nouveaux matériaux et la microélectronique ».

Dans l’équipe de Tchoubaïs, on retrouve aujourd’hui les membres de la clique qui avait pris le contrôle du gouvernement russe fin 1991, tels le bras droit de feu Egor Gaïdar, Vladimir Mau, devenu aujourd’hui recteur de l’Académie de l’économie nationale du gouvernement russe. Tous avaient été formés au monétarisme pur et dur par la Société du Mont-Pèlerin. Pour comprendre comment ce groupe fut recruté par l’Institut des affaires économiques de Lord Harris, durant l’ère de la Perestroïka de Gorbatchev à la fin des années 80, et comment ils furent endoctrinés dans les pratiques monétaristes les plus infâmes au cours de séminaires organisés en Hongrie, en Grande-Bretagne, à Harvard et à l’Université de Chicago, nous conseillons à nos lecteurs de relire l’article paru dans l’Executive Intelligence Review du 6 septembre 1996, intitulé « Les amis de l’IRI en Russie ».

Tout un groupe de représentants de haut niveau de l’Etat russe, parmi lesquels Alexeï Koudrine, le ministre des Finances dont les fréquentes consultations à la City de Londres et les appels « en faveur d’un système de Maastricht global » sont bien connus, marche désormais à la baguette de Tchoubaïs.
La campagne pour « la modernisation et l’innovation », lancée par Dmitri Medvedev avec la création de sa Commission pour la modernisation et le développement technologique de l’économie russe, a provoqué un débat salutaire sur tous les aspects de la politique économique du pays. Les réunions de la Commission portant sur l’énergie nucléaire, qui se sont tenues à l’Institut Kurchatov de l’Académie des sciences et au laboratoire national des armements à Sarov, ont porté sur une perspective intéressante pour le secteur de l’énergie nucléaire. Au programme, non seulement les nécessaires améliorations à apporter aux réacteurs à eau pressurisés VVER, mais surtout la nécessité d’accélérer l’évolution vers la technologie des surgénérateurs, puis, dans une phase ultérieure, vers l’énergie de fusion thermonucléaire.
Lorsqu’on en vient aux technologies de la communication, cependant, la clique de Tchoubaïs est en train d’introduire des niveaux d’irrationalité sans précédent, redonnant vie à des orientations politiques qui ont totalement failli en Occident et qui pourraient faire dérailler toute perspective réelle de modernisation industrielle de la Russie.

Depuis quelques semaines, sous l’influence de Tchoubaïs, des assistants du Kremlin tels que Sergeï Narychkine et Vladislav Sourkov ont lancé l’idée de « créer une Silicon Valley à la Russe », feignant d’ignorer ce qu’est devenu ce fameux district de Californie après l’explosion de la bulle internet en 2000, suivie de celle de l’immobilier en 2007. La Silicon Valley est aujourd’hui une zone sinistrée, jalonnée à perte de vue d’immeubles de bureaux déserts et de grosses villas, les McMansions, saisies depuis le début de la crise, où l’on croise aussi dans les rues d’anciennes personnalités clochardisées par la crise.
A les en croire, la Russie aurait besoin de petites entreprises innovantes comme celles que l’on retrouve autour de l’Université de Stanford et du Massachussets Institut of Technology (MIT). La compagnie de Tchoubaïs, Rosnano, a été placée à la tête de ce projet.

Les 25-26 janvier 2010, Tchoubaïs et Sourkov ont fait une visite presque furtive au MIT, pour participer à des séminaires sur « l’expérience du MIT dans le soutien et la promotion à l’innovation ». Il n’y a eu aucune couverture médiatique aux Etats-Unis et un seul article est paru en Russie. Pourtant, une bonne partie du gouvernement russe et de la bureaucratie du Kremlin était du voyage, dont le premier des Premiers ministres adjoints, Igor Chouvalov, le ministre des Finances, Alexeï Koudrine, le deuxième Premier ministre adjoint, Sergueï Sobyanine, la ministre de l’Economie, Elvira Nabioullina, le secrétaire adjoint du Kremlin et conseiller économique, Ardaki Dvorkovich, le PDG de la banque d’épargne Sberbank, German Gref, Vladimir Mau, ainsi que le PDG de la société russe Venture Company, Igor Agamirzian. Le thème principal des séminaires était, comme l’a souligné un responsable du département américain du Commerce, « la commercialisation de la technologie et le transfert vers le marché des innovations sortant du laboratoire ».

Le 11 février, Dmitri Medvedev organisa dans la ville sibérienne de Tomsk une session de la Commission sur la modernisation, consacrée au rôle du secteur privé dans ce processus. Tchoubaïs et Koudrine avaient été chargés d’inaugurer cette conférence, qui rassemblait une trentaine de hauts représentants de l’Etat ainsi que des PDG d’entreprises. Pour l’essentiel, ils ont donné « un briefing » sur les conférences du MIT. Tchoubaïs souligna que la réussite ne serait au rendez-vous que lorsque « le marché » déciderait qu’une start-up est « une compagnie viable d’innovation ». Au cours d’une intervention, Medvedev confirma lui-même ce que Larouche a qualifié de « la plus grande erreur » récemment commise par le gouvernement russe : le fait d’affaiblir le rôle de l’Académie des sciences. Medvedev déclara que la liste des technologies « de rupture » qui serait soumise par l’Académie des sciences devrait être approuvée et, a-t-il ajouté, « avec tout le respect que je dois à l’Académie des sciences, ça ne serait pas une mauvaise idée qu’elle le soit par le monde des affaires ».


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