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Russie : « argent brûlant » et panique bancaire

La rédaction
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Ces dernières années, et jusqu’au premier trimestre 2004, des investisseurs financiers étrangers ont placé d’énormes sommes dans les banques privées et les groupes pétroliers russes. La banque centrale russe avait mis en garde à de nombreuses reprises contre les effets potentiellement déstabilisateurs de ces flux d’« argent fluctuant » venant de l’étranger. En effet, depuis le printemps dernier, ces flux de capitaux se sont brusquement inversés, provoquant une crise bancaire en Russie.

Cela s’explique par la décision du gouvernement russe d’imposer une nouvelle loi sur le blanchiment d’argent. C’est ainsi que le Banque centrale a retiré sa licence à la Sodbiznesbank, accusée de blanchiment. Des rumeurs sur de possibles liens entre la Sodbiznesbank et la banque CreditTrust ont semé la panique, provoquant la faillite de cette dernière. Du 1er avril au 15 mai, les liquidités totales des banques russes ont chuté, passant de 518 milliards de roubles à un peu plus de 200 milliards, tandis que les coûts des crédits interbancaires ont grimpé de 8% à 16% en mai.

Début juillet, la crise bancaire a atteint les plus grandes banques privées du pays. Le 7 juillet, Guta Bank, la vingt-deuxième en termes d’actifs, a suspendu ses opérations. Le lendemain, il y a eu une ruée sur les dépôts d’Alpha Bank, la quatrième du pays. Bien que le gouverneur de la Banque centrale, Serguei Igniatiev, ait déclaré à la Douma qu’il n’y avait pas de crise, dès le lendemain, sa banque réduisait de moitié le niveau des réserves obligatoires des banques russes, injectant par là même l’équivalent de plusieurs milliards de dollars de liquidités dans le système bancaire. Néanmoins, les Russes ont continué à faire la queue devant Alpha Bank et d’autres institutions financières pour retirer leurs avoirs. Le Premier ministre, Mikhaïl Fradkov, a bien déclaré au conseil des ministres que la situation bancaire était globalement « favorable » et se porterait mieux en cas de « fusions volontaires » pour créer de plus grandes banques, mais il semblait bien plus nerveux que d’habitude quand il affirma que la banque centrale « contrôle les problèmes qui sont survenus pour des raisons objectives autant que subjectives ». Le 8 juillet, l’agence Moody’s a mis dix-huit banques russes, y compris Alpha Bank, sur une liste de « surveillance » pour un déclassement éventuel.

Dans un pays où l’épargne populaire a disparu à trois reprises - suite à la thérapie de choc en 1992, à la crise monétaire de 1994 et à la crise des obligations en 1998 - les difficultés de plusieurs banques petites et moyennes ont rapidement provoqué la panique. Le secteur bancaire russe est relativement limité. A l’exception de la banque publique Sberbank (Caisse d’épargne), qui totalise la moitié de tous les dépôts en Russie, les banques ont toutes une faible capitalisation et, en l’absence de politique nationale sur ce point, ne sont pas encore devenues un important instrument de création de crédit pour l’économie.

Le gouvernement prépare une loi prévoyant un système d’assurance qui couvrirait les dépôts à concurrence de 100 000 roubles (3450 dollars). Dans ce cadre, il a commandité un audit des banques : celles qui ont menti ou qui ne sont « pas transparentes » perdront leur licence. Selon des responsables de la banque centrale, quelque 300 banques entreraient dans cette catégorie.

Selon certains médias russes, la crise serait encouragée par de grandes banques désireuses d’en absorber certaines plus petites. La rumeur selon laquelle la ruée sur les dépôts de Guta Bank et d’Alpha Bank aurait été favorisée par des ennemis de l’actuelle direction de la banque centrale a été alimentée par les commentaires du conseiller présidentiel, Andrei Illarionov, le 8 juillet. En effet, cet ultra-libéral a accusé la banque centrale d’être responsable de la crise, disant que ses politiques de contrôle des changes, de réserves obligatoires et autres régulations ne sont que du « socialisme déguisé ».

La crise bancaire a eu les effets suivants : premièrement, recul du volume et de l’influence des capitaux spéculatifs venant de l’extérieur et, deuxièmement, retrait partiel de fonds confiés aux banques privées en faveur des grandes institutions bancaires contrôlées par l’Etat. Selon Interfax, le volume des dépôts à la Vneshtorgbank (l’ancienne banque soviétique du commerce extérieur) a fortement augmenté ces dernières semaines. Le 8 juillet, il a été annoncé que la Vneshtorgbank négociait une reprise de la Guta Bank.

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