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Russie : des surprises à la Douma

La rédaction
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Quiconque s’imaginait que les élections de décembre à la Douma et la démission de Boris Eltsine avaient quelque peu clarifié la situation politique en Russie a dû ressentir un choc désagréable lors de la première session du nouveau parlement, le 17 janvier. Au cours de négociations secrètes, le Parti de l’Unité, parrainé par le Kremlin, s’était entendu avec le Parti communiste (PCFR) de Ziouganov sur la désignation du futur président de la Douma et le partage des présidences des principales commissions, excluant de toute influence significative l’ancien Premier ministre Primakov, de même que son parti et trois autres groupes plus petits (Yabloco, le SPS de droite et les « Régions de Russie »). Dès que la nature de cet accord secret a été dévoilée, Primakov et les autres candidats à la présidence de la Douma ont retiré leur candidature et les représentants des quatre groupes se sont retirés de la Douma en signe de protestation.

En leur absence, le président sortant de la Douma, Seleznov - connu de longue date pour ses liens étroits avec l’administration du Kremlin - a été réélu. Plus prometteur : le jeune économiste Serguei Glaziev a été choisi pour diriger la Commission de l’Economie et l’ancien ministre de l’Economie du gouvernement Primakov, Youri Maslioukov, a été nommé président de la Commission de l’Industrie. Ils sont tous deux membres du groupe PCFR.

Quoi qu’il puisse arriver par la suite, les effets de ce 17 janvier sont désatreux vis-à-vis d’un parlement déjà faible par rapport à l’exécutif, et poussent davantage le pays vers une dictaure de fait. Les quatre groupes minoritaires qui ont continué à boycotter les délibérations de la Douma, représentent ensemble plus de la moitié des suffrages exprimés à l’élection de décembre, même si cela ne se traduit pas par un nombre correspondant de sièges à la Douma. Tant que le boycott lancé par le parti de Primakov, le SPS et Yabloko, ainsi que par certaines parties de « Régions de Russie » se poursuit, la Douma ne dispose pas de la majorité requise par la Constitution pour se constituer officiellement et ne peut donc adopter aucune loi. (Entre parenthèse, l’Ukraine est aussi en proie à une grave crise parlementaire, le président Koutchma essayant de prendre le contrôle total du parlement national, la Rada).

Entre-temps, la perspective d’une alliance de centre-gauche, regroupant le PCFR et d’autres forces pour soutenir la candidature de Primakov à la présidence, a été pratiquement enterrée. Par contre, la « cooptation » du PCFR dans le jeu du Kremlin peut conduire à une désintégration rapide de l’influence politique de ce parti dans le pays.

Selon certains spécialistes de la Russie, le risque d’un séisme politique ne s’est pas atténué. Alors que chacun continue à s’interroger sur les véritables intentions et la politique du président par intérim, Vladimir Poutine - questions qui ne recevront peut-être pas de réponse, même après les élections du 26 mars -, la presse russe rapporte que l’« oligarque » Boris Berezovski et l’ancien secrétaire-général du Kremlin Borodine - l’ex-supérieur de Poutine - prévoient une importante intervention sur la scène politique. On spécule toujours sur de possibles surprises autour de l’union entre la Russie et la Biélorussie qui a fait l’objet d’un des premiers décrets signés par Poutine. Cette Union crée en fait une deuxième structure politique au-dessus de celle de la Russie. Jusqu’à ce jour, le statut exact du système d’« union » et le choix de qui en prendra la tête ne sont pas encore déterminés. Mais l’importance du changement vient d’être mise en lumière par la montée de tensions diplomatiques entre la Russie et la Pologne, devenue entre-temps membre de l’OTAN. La frontière polonaise avec la Biélorussie est désormais celle de la nouvelle Union.

Récemment, un spécialiste de la Russie résumait l’atmosphère politique qui y règne : « Vous ne pouvez vous fier aux apparences de ce qui se passe en Russie. Suivre les prises de position officielles et lire les articles de presse, c’est comme regarder dans un miroir déformant (...) » En raison des erreurs catastrophiques de la politique occidentale, la Russie est entrée dans une période de luttes byzantines pour le pouvoir, qui a de sinistres implications pour la sécurité mondiale.

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