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Russie : la responsabilité de l’Occident

La rédaction
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Vu dans le Le Monde du 2 septembre : « Russie : la responsabilité occidentale », par Jacques Sapir, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales :

« Les gouvernements occidentaux et le FMI avaient longtemps prétendu qu’en soutenant Eltsine et le petit clan des libéraux de son entourage, ils défendaient la démocratie et l’économie de marché. Ils doivent aujourd’hui admettre, grâce au travail des juges en Suisse et aux Etats-Unis, et grâce aux enquêtes diligentées du temps où Primakov était Premier ministre, qu’ils se sont faits les fourriers d’une bande de voleurs et d’aigrefins. (...) En mai dernier, un de mes collègues russes avait cette réflexion désabusée : "Nous avons cherché pendant longtemps quel était l’inspirateur de la politique des libéraux dans notre pays. Ce n’était ni Friedman ni Hayek mais Proudhon : la propriété, c’est le vol !". »

Cependant, pour Sapir, ce n’est pourtant pas un problème russe en soi car même si « les délits, ou même les crimes ont été commis dans la plupart des cas par des Russes, la responsabilité occidentale est engagée. Celle du FMI en premier lieu, qui aujourd’hui joue les vierges effarouchées alors que les prescriptions ont largement favorisé la mise en place de la délinquance financière à l’échelle industrielle en Russie, et qu’il ne pouvait ignorer ce que son argent devenait. (...)

« Les gouvernements de plusieurs pays occidentaux ne sont pas moins responsables. On a étouffé pendant des années des informations sur les pratiques de ceux que l’on désignait comme "nos amis" ou encore "les garants des réformes". D’ailleurs, de quelles réformes s’agissait-il ? Les privatisations improvisées et transformées en partage des dépouilles, le démantèlement de l’Etat par le biais de coupes successives dans ses dépenses qui l’ont affaibli comme un malade soumis aux saignées des médecins de Molière, l’absurdité d’une politique précipitée de libéralisation financière faisant le lit de la spéculation de l’évasion des capitaux ».

Jacques Sapir accuse certains cercles gouvernementaux occidentaux d’avoir délibérément appliqué ces politiques : « A-t-on cru, comme le disent cyniquement certains diplomates américains ou britanniques, que mieux valait à Moscou des corrompus et des prévaricateurs car leur argent étant placé à l’Ouest, ils ne pourraient être nos adversaires ? Si tel fut le calcul, il a été bien imprudent. Cet argent corrompt aujourd’hui nos propres institutions financières. »

En conclusion, Jacques Sapir appelle l’Occident à cesser de s’ingérer dans les affaires internes de la Russie, au profit de « démocrates » autoproclamés, et à soutenir des institutions devant retrouver autorité et solvabilité. Il appelle à soutenir les « mesures de régulation des changes et de contrôle des capitaux prises par la Banque centrale de Russie depuis quelques mois. (...) Au lieu d’en exiger le démantèlement comme le fait le FMI, il convient d’aider à leur mise en oeuvre. Quand viendra un gouvernement décidé à lutter contre le crime et la corruption, comme ce fut le cas avec celui de Primakov, il faudra le soutenir dans cette tâche et non appuyer ses adversaires ». Sapir recommande un genre de moratoire sur la « dette russe accumulée depuis 1993, dans la mesure où les besoins financiers auxquels elle a correspondu découlaient dans une large mesure de prescriptions erronées et d’une conditionnalité inadaptée dont les prêteurs sont responsables ».

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