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Sanctions contre l’Iran : une nouvelle politique de changement de régime ?

La rédaction
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19 avril 2010 (Nouvelle Solidarité) - Alors qu’une alliance franco-américaine, pilotée depuis Londres, tente de précipiter le monde vers une guerre en provoquant un clash irréversible avec l’Iran (encore sur une histoire d’armes de destructions massives !), nous jugeons utile de donner un aperçu de la situation interne en Iran. Les motivations du camp pro-sanction en ressortent d’autant plus clairement.

Un pays à bout de souffle

Par Hussein Askary,
de la rédaction monde arabe de l’EIR
 [*]

En roulant dans les rues animées de Téhéran, vingt-deux ans après la fin de la guerre contre l’Irak et trente-et-un ans après la Révolution, on a comme l’impression d’être dans le film d’Akira Kurosawa, Rêves : le tunnel . Sur les murs, des affiches décolorées présentent des martyrs au visage triste, le fusil à la main, montant la garde devant des tas de sable en arborant ce message : « Front de guerre contre les sionistes et les ennemis de la Révolution ».

On se demande quand leurs officiers crieront enfin « repos ! », afin que ces soldats martyrs puissent retrouver la paix éternelle.

C’est cette attente permanente d’un assaut qui tient la nation en otage, empêchant à la fois tout progrès économique et politique. De l’extérieur, l’Empire britannique, soutenu par ses laquais américains, israéliens et saoudiens, impose cet état de guerre/révolution permanent. De l’intérieur, les images des martyrs de la révolution islamique et de la guerre de huit ans contre l’Irak sont exploitées par une élite qui perd le contact avec une population de plus en plus jeune... et avec la réalité.

La faction conservatrice, avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, d’un côté, et le président Mahmoud Ahmadinejad de l’autre, s’est bâtie une forte base d’adeptes parmi les pauvres du pays qui vivent, sur les plans sentimental et économique, du souvenir de la révolution et de la guerre. Les familles des martyrs, les handicapés et autres victimes de la guerre reçoivent un salaire mensuel, ainsi que des approvisionnements alimentaires et des soins médicaux gratuits. Cette tranche de la société est profondément religieuse et peut être persuadée, sans trop de mal, que toute réforme politique bousculera automatiquement les fondations culturelles et religieuses de la société.

Ceci s’est clairement manifesté lors des troubles ayant suivi les élections présidentielles de juin 2009, lorsque les dirigeants de l’opposition réformiste et les candidats Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi ont contesté la réélection du président Ahmadinejad. Les manifestations lancées par les partisans des candidats d’opposition se sont heurtées à la main de fer des conservateurs dans les milices Bassidji et parmi les gardiens de la Révolution. Malheureusement, des éléments manipulés depuis Londres ont infiltré ces manifestations, orchestrant des provocations avec voitures incendiées et attaques contre les locaux des Bassidji. Sanctions ou pas, Londres exerce une influence importante dans ce pays, à la mesure de ces six vols par jour qui desservent Londres à partir de Téhéran.

La faction conservatrice voulait mettre ainsi fin à un autre processus qui se développe depuis des années. Même dans les plus hautes sphères de l’élite politique et du clergé se multiplient les appels à réformer le système politique et à transformer l’État en une république constitutionnelle, forte d’une séparation des pouvoirs claire et nette et d’un processus électoral transparent, contrairement au rôle central joué actuellement par le clergé. Les institutions religieuses auraient dès lors un rôle de conseiller moral, plutôt qu’une participation directe au gouvernement, comme c’est le cas depuis la révolution de 1979.

Cette évolution entraînerait la démilitarisation de la société, la dissolution des milices et la transformation de l’armée et des gardiens de la révolution en organisation militaire au service de la nation, et non de telle ou telle faction.

C’est pourtant le contraire qui se passe depuis plusieurs années. Peu à peu, les Bassidji ont remplacé même la police et les institutions sécuritaires, tandis que l’armée et les gardiens de la révolution se politisaient, accaparant des pans de plus en plus importants de l’économie. Les Bonyads [fonds caritatif] s’approprièrent une part de plus en plus grande du pouvoir politique et économique appartenant aux institutions du gouvernement. On s’est retrouvé ainsi avec deux gouvernements et deux systèmes parallèles au sein de la nation.

Cramponnés au pouvoir à la tête de ce « gouvernement de l’ombre », les conservateurs étaient néanmoins menacés par les revendications de réforme et avaient besoin d’une provocation pour écraser le mouvement réformiste. Les suites de l’élection présidentielle la leur ont fournie.

Accusés de trahison et d’hérésie, les dirigeants de la réforme ont été effectivement muselés. Pour l’instant, le public ne sait toujours pas quels compromis et arrangements ont été acceptés en échange de calmer le conflit, parce que les parties en présence appartiennent toutes deux à l’establishment révolutionnaire. En effet, les réformistes ont aussi contribué à lancer la révolution et à bâtir la république islamique. Parmi eux, on compte les anciens présidents Ali Hashemi Rafsandjani et Mohammad Khatami.

Un calme trompeur

Mais le calme ne saurait durer très longtemps. Jusqu’à présent, le gouvernement a pu se maintenir grâce à de fortes subventions publiques pour la nourriture, le combustible et les soins médicaux, le tout assorti de fêtes politico-religieuses glorifiant le martyre et l’abnégation.

Mais un processus d’épuisement est en cours dans cette société qui compte 70 % de jeunes, tous impatients de construire l’avenir. La majorité de la population est née après la révolution et la guerre Iran-Irak. Mais, contrairement à ce que croient le président Obama ou la BBC , la plupart de ces jeunes ne sont pas prêts à trahir leur nation pour un peu de musique rock ou un jeans troué. Leur identité de citoyens d’une nation ancienne et d’une puissance historique, et leur aspiration au progrès scientifique et technologique sont immenses. Ils n’accepteront pas de compromis quant à leur droit d’obtenir et d’utiliser la technologie nucléaire. Ils s’uniront contre les sanctions, qu’elles soient « intelligentes » ou stupides.

Un stratège sorti des boîtes de jeux vidéo pourrait faire valoir que les sanctions affaibliraient la capacité du gouvernement à s’acheter le soutien populaire et feraient fléchir les institutions. La suppression des subventions publiques frapperait ainsi les plus pauvres qui se retourneraient contre le gouvernement, et non contre ceux qui imposent les sanctions. On aurait alors une situation de chaos dans toute la région. Tel est justement l’objectif de l’Empire britannique qui espère survivre à la destruction. Ceux qui, aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie du sud-est, soutiennent une telle politique ou y voient un « moindre mal », devront vivre avec la responsabilité des tueries qui s’ensuivront.


Lire aussi : Obama, Sarkozy et l’Iran : la guerre de trop ?

 


[*La version complète de cet article est disponible en anglais sur le site de l’Executive Intelligence Review : http://www.larouchepub.com/eiw/public/2010/2010_10-19/2010-13/pdf/22-26_3713.pdf

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