Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Actualité
Brèves

Sarkoléon et la Libye :
républicanisme contre bonapartisme

La rédaction
visites
2062
commentaires

Par Christine Bierre

A droite, beaucoup de figures politiques nationales confondent l’amour du progrès de la nation mis au service d’un idéal républicain de bien commun qu’exprimaient un de Gaulle, un Jean Jaurès ou un Lazare Carnot, et le bonapartisme, la quête de la gloire obtenue par l’emploi de la force militaire et le vol des richesses d’autrui au bénéfice d’un pouvoir despotique ou d’une oligarchie financière. Nous pensons évidemment à Nicolas Sarkozy, à Henri Guaino, son conseiller de l’ombre, et à Dominique de Villepin, pour ne citer que quelques bonapartistes avoués.

Sans que nous soyons pour autant favorables à Mouammar Kadhafi, la guerre de Nicolas Sarkozy contre le dictateur libyen, à laquelle se sont joints ensuite l’Angleterre et les Etats-Unis d’Obama, est l’exemple même du bonapartisme. Car sous prétexte de « libérer » un peuple, on use de la force militaire pour établir son pouvoir dans une région et pour acquérir des droits sur ses richesses pour la petite oligarchie financière qui règne sur notre pays.

Cette guerre, elle est aussi du plus mauvaise augure pour la période à venir, car dans le contexte de l’effondrement du système monétaire international adopté après la mort du système de Bretton Woods en 1971, que nous sommes en train de vivre, ce n’est pas un nouvel ordre plus juste qui se construit, mais, au contraire, les vieilles notions d’équilibre de pouvoir du XIXe siècle qui ressurgissent, tels des fantômes, des placards. On ne craint plus de marcher sur nos anciens alliés pour s’accaparer tel ou tel bout de pouvoir. En l’occurrence l’Italie qui, en raison de l’histoire et de sa position géographique, avait construit les relations commerciales les plus fortes avec la Libye et qui n’hésite plus à crier trahison contre la France.

Ce sont deux journalistes transalpins, Franco Bechis, rédacteur en chef du journal de droite libérale Libero, et Manlio Dinucci, journaliste à Il Manifesto, cités par le Réseau Voltaire, qui ont révélé les dessous de cette « croisade » française en Libye, illustrant les conflits inter-coloniaux qui émergent dans cette période. S’appuyant sur des documents de la DGSE et des informations publiées par la lettre Maghreb Confidential, Bechis rapporta que les débuts de la révolte de Benghazi remontent à octobre 2010 et que la France en fut dès le début partie prenante.

Octobre 2010 fut le moment choisi par un très proche de Kadhafi, Nouri Mesmari, ancien chef du protocole de la Libye, pour trahir le pouvoir kadhafiste et passer en France. Après avoir justifié son séjour en France pour des raisons de santé, Mesmari a fini par demander l’asile, en décembre 2010.

C’est à cette époque que les alliés de la nouvelle Libye commencent à se répartir le gâteau de la victoire. Dès début novembre, un drôle de manège a lieu à l’hôtel Concorde Lafayette où Mesmari a pris ses quartiers. On aurait vu des alleés et venues d’étroits collaborateurs du Président français, puis le 18 novembre, le départ d’une première délégation française pour Benghazi, avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, Louis Dreyfus, Glencore, Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Le 28 avril, Franco Bechis crie une fois de plus au crime et dénonce la tentative française d’évincer l’Italie de Libye. Il révèle le départ de l’aéroport militaire d’Orly, le 13 avril, camouflée au sein d’un vol militaire d’aide humanitaire, d’une importante délégation d’hommes d’affaires français en direction de Benghazi, parmi lesquels des responsables d’EADS, Total et Vinci. A Benghazi, la vingtaine d’hommes d’affaires était attendue par des dirigeants du Conseil national de transition (CNT), les opposants à Kadhafi, notamment par Abdelhafez Ghoga et Saiwa Fawzi, alors qu’un responsable de Total rencontrait séparément Wahid Buhaigis, le responsable des affaires pétrolières de la rébellion de Benghazi.

Pour Manlio Dinucci, la reconnaissance précipitée par la France du Conseil national de transition (10 mars) et le sommet de Londres (30 mars) ont permis aux groupes pétroliers occidentaux, et surtout anglo-américains et français, d’obtenir des termes tout à fait accommodants pour l’exploitation pétrolière dans le pays.

Si l’ouverture du marché pétrolier à des compagnies étrangères avait été faite en 2003, le pouvoir libyen s’était arrangé pour réserver le monopole de l’exploitation, à 90%, à la National Oil corporation de Libye (NOC). Voilà ce qui a changé depuis le début de la révolte, selon le Wall Street Journal. Le Conseil national de transition a créé la « Libyan Oil Company », comme une coquille vide prête à remplacer la NOC dès que le pouvoir serait passé aux mains des insurgés. Selon Dinucci, sa mission sera de concéder des licences à des conditions extrêmement favorables aux compagnies étasuniennes, britanniques et françaises, au détriment non seulement des italiennes et allemandes, mais aussi des russes et chinoises, à qui Kadhafi a promis le 14 mars dernier des conditions particulièrement favorables en cas de victoire.

Dinucci nous apprend aussi que se créait en même temps, à Bengazhi, la « Central Bank of Libya », autre coquille vide qui sera chargée de gérer ultérieurement les fonds souverains libyens – 150 milliards de dollars investis à l’étranger — quand ils seront dégelés par les Etats-Unis et autres puissances.L’heureux vainqueur serait là le premier groupe bancaire britannique HSBC, qui garde déjà près de 25 milliards de fonds libyens « gelés » !

Pour la conquête de cet eldorado dans le désert, Nicolas Sarkozy est prêt à risquer l’engagement français dans une guerre qui s’avère de plus en plus inextricable.

La « guerre » de Nicolas le petit

L’état d’esprit survolté de notre Président et l’ampleur de l’engagement français ont été décrits par un article récent dans le Canard Enchaîné, citant un collaborateur d’Alain Juppé, pour qui « la Libye, c’est sa guerre », ainsi que des responsables du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) selon qui, « pour le Président, la Libye est un Afghanistan de proximité ».

Dépassant largement le cadre de la résolution des Nations unies, le gouvernement a fini par avouer le 20 avril – avec 21 jours de retard – qu’il avait envoyé une cinquantaine d’« officiers de liaison » à Benghazi, en collaboration avec des Italiens et des Anglais, chiffre qui ne tient pas compte des conseillers militaires, instructeurs en armement et barbouzes en tout genre. De plus, le Canard révèle que des livraisons d’armes sont faites via le Qatar et surtout le Niger, où elles sont préparées par des ex-barbouzes libyennes, en collaboration avec le service action de la DGSE.

Et c’est là où la quête de gloire est contraire non seulement à l‘intérêt des pays ainsi violés, mais aussi à ceux de la France, car cette nouvelle guerre coloniale qui nous déshonore, risque de plus de devenir un bourbier pour la France.


Pour creuser :


Voir les 3 commentaires

  • Colbert_ • 12/05/2011 - 23:33

    Contrairement à l’Empire britannique, la France n’a pas à rougir des son passé colonial. La colonisation française a été extrêmement positive sur tous les continents en y favorisant partout le développement et la culture. Pour ne citer qu’un seul exemple, Pondichéry n’a pas souffert lors du raz de marée ( "tsunami" si vous préférez ) de décembre 2004 grâce à la "digue des Français" qui était à la bonne hauteur.

    Je suis d’accord : aucun peuple n’est parfait. Il est vrai que Voltaire ( est-il vraiment français ? ) a financé le commerce triangulaire ( la traite des esclaves, même si c’était a une échelle moindre que la traite musulmane ). Il est vrai aussi que la guerre du Mexique de napo_3 fait tache dans notre histoire.

    Mais vraiment là, il sera facile de construire du positif sur la chute de Khadafi !:’-))

    Cordialement

    Répondre à ce message

  • petite souris • 12/05/2011 - 12:45

    .... et aujourd’hui, les avions de la "coalition" ont bombardé l’ambassade de la Corée du nord à Tripoli ....

    Coïncidence ???? ou Malchance ????

    Répondre à ce message

  • Mbella Mbella Serge • 12/05/2011 - 01:48

    Cela est encore une fois, une très bonne description convaincante de l’esprit qui anime Sarkozy et sa troupe en Lybie.

    Par contre, il ne faut même pas une seconde craindre les évènements qui se produisent car ils sont les prémices de l’effondrement d’un système qui cherche une roue de secours à travers la guerre. Mais les dés sont jetés pour ce système financier et le problème Lybien est un piège afin de couler tout le système financier. En ce sens Kadhafi, Sarkozy et le reste couleront. La mort de Kadhafi n’arrangera rien mais au contraire créera l’instabilité totale et l’impossibilité d’exploiter le 1/100 ième du pétrole Lybien. Rien n’est fini. L’empire financier meurt et rien ne semble capable d’empêcher sa mort. La Lybie démocratique n’existera pas tant que de vraies réformes comme un Glass-Steagall global ne sera pas opéré afin de relancer les vrais projets de développement.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Contactez-nous !

Don rapide