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Sarkozy à l’Elysée : plus d’avantages que d’inconvénients

La rédaction
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RIA Novosti - Il a fallu attendre deux jours pour que Vladimir Poutine sorte de sa réserve et félicite Nicolas Sarkozy pour son élection à la présidence de la France. Entre-temps des articles d’Izvestya exprimaient tout haut les craintes des autorités Russes concernant la russo-phobie de proches de Sarkozy comme Pierre Lellouche ou André Glucksmann.

Il a fallu attendre deux jours pour que Vladimir Poutine sorte de sa réserve et félicite Nicolas Sarkozy pour son élection à la présidence de la France. Entre-temps des articles d’Izvestya exprimaient tout haut les craintes des autorités Russes concernant la russo-phobie de proches de Sarkozy comme Pierre Lellouche ou André Glucksmann. Les analyses de Ria Novosti que nous reprenons ici montrent le difficile dilemme qui s’est posé à la Russie pour déterminer lequel des candidats représentait mieux ses intérêts, dilemme auquel beaucoup de français ont eu eux aussi à faire face. Dans ces articles, les élites russes semblent chercher à se faire une raison. Pour notre part, nous avons considéré que l’administration Bush est belle est bien en train de recréer les conditions d’un retour à la guerre froide et que tout le pragmatisme de ses amis en Europe ne les empêchera pas d’emprunter peu à peu cette même voie.

La rédaction de Solidarité & Progrès

Par Vladimir Simonov, RIA Novosti

La France n’a pas seulement connu une campagne présidentielle, elle a connu un affrontement farouche entre deux clans politiques représentés par deux personnalités antagonistes aux programmes diamétralement opposés. A l’issue de cette mêlée, le 6 mai, les Montaigu du conservatisme classique symbolisés par la droite ont battu les Capulet partisans d’un Etat égalitaire représentés par la gauche.

Nicolas Sarkozy, le premier président français issu de la famille d’un immigré entre enfin à l’Elysée et reçoit la couronne des mains de Jacques Chirac avec un net avantage sur Ségolène Royal, la première femme à avoir accédé au second tour d’une élection présidentielle : 53,06 % contre 46,94 %. En chiffres absolus, l’écart a légèrement dépassé la barre des 2 millions de voix.

Les deux adversaires incarnent la nouvelle génération de la politique française. Tous deux ont avancé de nouvelles idées pour sauver la France de ses maux : le taux de chômage élevé, la dette extérieure exorbitante, le vif mécontentement des banlieues peuplées d’immigrés... Mais les idées de Nicolas Sarkozy se sont révélées plus convaincantes aux yeux de la majorité.

Agé de 52 ans, le leader de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) a efficacement exploité pendant sa campagne la nostalgie des électeurs pour la grandeur de la France d’antan, leur frustration face à la situation économique et leur peur mesquine de la prétendue islamisation du pays.

Les allocutions électorales de Nicolas Sarkozy regorgeaient de références à Jeanne d’Arc et à Napoléon, de dates si chères au coeur de tout patriote français comme la bataille de Verdun de 1916. Le candidat de la droite a séduit par son programme radical de réformes économiques : réduction des impôts, baisse du chômage en dessous de 5 % d’ici 2012, appels à travailler plus. Ces promesses ont établi un pont entre les intérêts de la bourgeoisie et ceux des travailleurs.

Mais, surtout, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à inviter les détracteurs des valeurs françaises à quitter le pays. Il a su ainsi attirer, selon des estimations, environ 90 % des partisans de l’ultranationaliste Jean-Marie Le Pen.

A cette poussée idéologique bien réfléchie, Ségolène Royal n’a opposé que des formules vagues sur l’unité de la nation, la protection sociale généreuse de l’Etat et la promotion, toujours par l’Etat, de la création d’emplois.

L’extrémisme de ses propos en matière de politique étrangère n’a pas manqué d’éveiller les inquiétudes des Français. Lors d’un débat télévisé face à Nicolas Sarkozy, elle a invité à boycotter les Jeux olympiques de Pékin et à interdire à l’Iran d’enrichir de l’uranium même à des fins civiles, ce qui sentait le dilettantisme. L’impression générale produite par sa campagne électorale était d’autant plus ternie que celle-ci se déroulait sur fond de disputes et de querelles idéologiques à l’intérieur même du Parti socialiste.

Résultat : au moins 40 % des électeurs centristes de François Bayrou, de ces 6,8 millions de voix tant convoitées par les deux candidats, ont fini par considérer Nicolas Sarkozy comme étant mieux préparé au rôle de sixième président de la Ve République.

Quoi qu’il en soit, la France peut se féliciter d’avoir vécu une campagne électorale sans précédent. Deux personnalités éminentes se sont livré un duel politique d’une intensité exceptionnelle. En témoigne l’intérêt surprenant pour les élections et, de manière générale, la politique qu’elles ont suscité auprès des 44,5 millions d’électeurs inscrits. Le taux de participation s’est élevé à 85 %, un record depuis un demi-siècle.

D’un autre côté, ce record apparaît comme un avertissement. La mobilisation des électeurs s’explique aussi par le fait que les Français comprenaient bien qu’ils choisissaient entre deux personnalités différentes aux philosophies incompatibles. Nicolas Sarkozy doit savoir donc qu’il a hérité un pays très polarisé où presque la moitié de la population le perçoit sans enthousiasme.

Fils d’un aristocrate hongrois et d’une Française, il est considéré comme un outsider même par une partie de l’élite politique de droite. La gauche le soupçonne de vouloir détruire le communautarisme français pour mettre en place un Etat policier. Les habitants des banlieues n’arrivent pas à oublier ses appels à "débarrasser les banlieues de la racaille". Les nouveaux troubles qui ont éclaté dans Paris et plusieurs autres villes après l’annonce des résultats du scrutin illustrent ces tensions : la police a dû faire usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Plusieurs personnalités publiques, notamment le joueur de tennis reconverti en chanteur Yannick Noah, menacent de quitter la France pour la seule raison qu’un responsable politique qu’ils détestent sera le locataire de l’Elysée.

D’où la mission cruciale qui incombe au nouveau père de la nation, celle de réunifier la France brisée et déséquilibrée. Nicolas Sarkozy s’y est attelé dès son premier discours de vainqueur. Il a déclaré qu’il n’existait pour lui qu’une France et qu’il serait "le président de tous les Français".

En Russie, les bulletins d’information diffusant dimanche des reportages depuis Paris ont été marqués par une audience record. Pour Moscou, la réélection de Jacques Chirac pour un troisième mandat consécutif aurait été une issue idéale pour la campagne présidentielle en France. Mais puisque c’est impossible, les milieux politiques russes ne cachent pas leur jubilation face à la victoire de Nicolas Sarkozy.

En effet, l’expérience historique nous apprend ceci : l’URSS, puis la Russie a traditionnellement moins de mal à trouver un terrain d’entente avec la droite et les conservateurs qu’avec la gauche et les démocrates. Historiquement, les socialistes français se méfient de Moscou. Cela s’expliquait d’abord par la rivalité idéologique entre ces derniers et les communistes soviétiques, puis par la protection prêtée aux oligarques par Boris Eltsine, l’ultralibéralisme que les socialistes français ont toujours rejeté.

Fille fidèle de son parti, Ségolène Royal a plus d’une fois accusé les autorités russes de tous les péchés. D’où cette conclusion faite par beaucoup de responsables politiques russes : si la candidate socialiste remporte l’élection présidentielle, une voix critique de plus s’élèvera dans le monde pour dénoncer la situation des droits de l’homme en Russie.

Nicolas Sarkozy a lui aussi émis quelques critiques. Mais, dans tous les cas de figure, la victoire d’un leader de l’Union pour un mouvement populaire est, aux yeux de Moscou, une réalité plus compréhensible et prévisible, une réalité qui s’inscrit dans la série des changements qui sont intervenus ces derniers temps dans le milieu des amis étrangers de Vladimir Poutine : Angela Merkel a succédé à Gerhard Schröder, et Romano Prodi à Silvio Berlusconi.

Pour Moscou, ces changements n’ont pas tourné en catastrophe : la coopération avec l’Allemagne et l’Italie se poursuit, peut-être même de manière plus dynamique que par le passé. Parfois, le pragmatisme s’avère plus utile que les accolades.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.

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