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Sarkozy en Syrie : la paix au Proche Orient et au Darfour

La rédaction
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Par Christine Bierre

Paris, le 4 septembre (Nouvelle Solidarité)—Alors que le vice-président des Etats-Unis, Dick Cheney, tente encore, selon des sources américaines, de monter une guerre contre l’Iran, Nicolas Sarkozy s’est rendu, lui, à Damas, pour abonder dans le sens de la paix. Trois questions essentielles au menu de Nicolas Sarkozy et du Président syrien Bachar el Assad : le renforcement du partenariat syro-français, les négociations de paix entre Israël et la Syrie, qui auront été au cœur de la discussion du sommet quadripartite rassemblant Nicolas Sarkozy, Bachar el Assad, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan et l’émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al Thani, et enfin, la paix au Darfour.

Sur tous les plans l’heure est visiblement à la détente et le contact passe bien entre les deux Présidents. Nicolas Sarkozy a félicité son homologue syrien pour les progrès faits par la Syrie et le Liban vers l’établissement de relations diplomatiques. Il a aussi apporté une lettre du père de Gilad Shalit, le soldat franco-israélien capturé par le Hamas à Gaza en juin 2006. Transmise à l’émir du Qatar, Bachar el Assad s’est engagé à « pousser dans le bon sens » pour que cette lettre arrive à son destinataire, et pour que le Hamas, dont le siège se trouve à Damas, considère sa libération.

Notons enfin que le Président français n’exige plus de la Syrie qu’elle laisse tomber ses alliés libanais ou iraniens, se limitant à plaider pour que « dans le contexte de ses alliances traditionnelles », elle contribue à la paix dans la région. Il n’en reste pas moins que Nicolas Sarkozy a fortement insisté pour que Bachar el Assad communique à ses amis iraniens tout le danger qu’ils courent si, comme le prétendent les Européens, à l’instar des Américains, ils persistaient dans leur volonté de se doter du nucléaire à des fins militaires.

Pour ce qui est de la paix syro-israélienne, le Président syrien Bachar el Assad a réitéré le souhait qu’il avait déjà exprimé lors du sommet de l’Union pour la Méditerranée, de voir la France jouer un rôle dans les négociations de paix directes entre son pays et Israël. Mais il a souhaité, en plus, que la France participe aussi aux négociations indirectes, utilisant son capital d’influence sur Israël pour passer des messages.

Des pourparlers indirects entre les deux pays ont lieu depuis plusieurs mois, la Turquie jouant le rôle d’intermédiaire, mais ils ne pourront devenir des négociations directes que lorsque les Etats-Unis, seuls capables de garantir la paix en raison de leurs relations privilégiées avec Israël et de leur puissance militaire, pourront s’y joindre. Les négociations indirectes semblent cependant être dans l’impasse : la cinquième rencontre qui devait avoir lieu le 7 septembre, a été annulée par Israël en raison, selon l’Elysée, des problèmes internes provoqués par la succession d’Ehud Olmert. Des sources proches du dossier rapportent que dans les délégations participant au sommet, on a souvent utilisé le terme de « cellule de crise » pour évoquer les travaux des participants au Sommet quadripartite.

Très important pour la Syrie qui connaît une grave crise économique, plusieurs accords économiques ont été ou seront signés avec des entreprises françaises, et Nicolas Sarkozy s’est engagé à promouvoir un accord de partenariat entre le Syrie et l’Union européenne. Trois accords ont été signés avec Total, dont l’extension pour dix ans des droits d’exploration et d’exploitation du gisement de Der ez Zor, dans l’est du pays, un petit contrat de développement gazier dans la même zone ainsi qu’un accord visant à renforcer la position de Total dans le pays. On parle aussi d’un accord important à venir avec Lafarge, et du démarrage des négociations pour la vente d’airbus à Syrianair. Alstom serait aussi en discussions avec la Syrie, mais devrait d’abord régler un différend du passé avant de pouvoir signer de nouveaux contrats.

La pacification du Darfour

Au-delà de ces dossiers qui constituent la suite des percées de la visite du Président syrien en France lors du sommet de la Méditerranée, la nouvelle très importante concerne les discussions franco-syriennes pour agir en faveur de la paix au Darfour. De sources syriennes, le président Bachar el Assad est très inquiet de la situation au Darfour qu’il juge aussi mauvaise que celle de l’Iraq. Le Président syrien se serait engagé à être médiateur, auprès du Président soudanais, d’une initiative visant à pacifier la région, pendant que la France plaiderait dans ce contexte, la cause du Soudan auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Chacun sait à quel point la France tient au dossier du Darfour, étant donné sa forte implication dans la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) et le rôle que jouent, dans les problèmes frontaliers, ses forces militaires stationnées au Tchad. La médiation du Président Bachar el Assad et des autres participants au sommet quadripartite, sera très utile pour s’attaquer à cet épineux dossier.

Zone d’ombre dans cette situation qui progresse globalement, la mise au pas par les époux Kouchner, de Richard Labevière, rédacteur en chef de Radio France International accusé faussement d’avoir fait et diffusé, sans l’accord de la rédaction de RFI, une interview avec Bachar el Assad à la veille du sommet de l’Union pour la Méditerranée. De quel droit Nicolas Sarkozy a-t-il pu evoquer les problèmes des droits de l’homme en Syrie, alors qu’il laisse son ministre des Affaires étrangères et son épouse chasser des journalistes dont la qualité du travail est reconnue internationalement et dont le seul crime a été de promouvoir le rétablissement de relations entre la France et la Syrie dont tout le monde se félicite aujourd’hui ? Nous sommes dans un monde de fous ! A moins que les époux Kouchner soient en desaccord avec cette politique, dans quel cas on peut se demander, une fois de plus, que fait Kouchner aux Affaires étrangères ?

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