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Sauver l’euro à tout prix nuit gravement à la santé des Européens !

La rédaction
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1 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) — S’il fallait un argument virulent pour inciter un pays à sortir de la zone euro, rien de plus convaincant que la lettre « secrète » cosignée par l’actuel président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, et son successeur Mario Draghi. Alors que les statuts de l’institution de Francfort limitent strictement sa mission à être le garant de la stabilité de la monnaie commune, en pratique, on constate que « dans l’urgence », au nom de la nécessité impérative de « rassurer les marchés », elle dicte dans les moindres détails sa loi néolibérale aux Etats, laissant aux gouvernements nationaux (sans parler des Parlements) le seul choix d’acter dans les meilleurs délais, par lois-décrets s’il vous plaît, ce que d’autres ont décidé à leur place !

Pourtant, le type de cure d’austérité imposée à l’Italie par les coups de semonces de la BCE fait des ravages dans tous les pays qui s’y engagent.

Prise en ciseaux entre la menace d’un défaut souverain et les politiques d’austérité draconienne exigées par la troïka (BCE-Commission-FMI), la Grèce est plongée dans le chaos. Dans cette situation, le laboratoire suisse Roche a décidé de suspendre la fourniture de certains médicaments aux hôpitaux publics grecs ! Roche produit plusieurs médicaments pour traiter le cancer du sein, du colon, des poumons et des reins. Son PDG s’est justifié en précisant au Wall Street Journal que les Grecs ont « l’habitude de ne pas payer » les laboratoires, mais que depuis la suspension de l’approvisionnement, les paiements ont repris. La société pharmaceutique Novo Nordisk avait déjà suspendu la fourniture d’insuline l’année dernière. Le système de santé grec est au bord du gouffre, reconnaît le Journal, « en partie à cause des coupes budgétaires décrétées pour mettre de l’ordre dans ses finances et éviter un défaut souverain ».

En réalité, les laboratoires étaient payés depuis un certain temps avec des obligations de l’Etat grec, dont la valeur sur le marché a chuté de 25 à 50 %.... « On n’avait guère le choix, affirme Roche. Tout le monde recevait ces titres en paiement. » C’était ça ou rien. Evidemment, ces obligations étaient immédiatement revendues à certaines banques européennes.

Le laboratoire envisage d’entreprendre des actions similaires à l’égard du Portugal, de l’Italie et de l’Espagne, tous en retard sur leurs paiements. La Catalogne a annoncé le 28 septembre qu’elle « congèlera » pendant deux mois, faute de liquidités, le paiement des subventions aux hôpitaux, résidences pour personnes âgées et centres pour handicapés de la région. La ville de Madrid, qui doit 954 millions d’euros à ses prestataires de service, est également au bord de la faillite. Pour faire face aux échéances, elle a demandé 286 millions d’euros à l’Institut de crédit officiel (ICO), un organe de financement public, afin de payer des factures d’avant avril.

Dans la banlieue madrilène, la ville de Parla a été obligée de licencier 190 employés municipaux pour payer sa dette. La Fédération des entreprises pharmaceutiques espagnoles (EFE) a demandé à l’administration centrale de prendre en charge d’urgence les impayés des régions autonomes de Murcie, de Castille-La Manche et des Baléares, qui doivent près de 500 millions d’euros à quelque 2000 pharmacies. Suite à des impayés de l’ordre d’un million d’euros de la part de la ville d’Albacete, les habitants ont subi des coupures d’électricité dans deux gymnases et une bibliothèque.

Cité dans Le Monde, Carlos Ruiz, un responsable de la Confédération espagnole des petites et moyennes entreprises (Cepyme), a déclaré que « les impayés des administrations publiques s’élèvent à 43 milliards d’euros et sont en train de mettre en difficulté les petites et moyennes entreprises… »

Les mairies espagnoles, qui paient en moyenne à 300 jours, se finançaient essentiellement grâce aux impôts liés à la construction et à la vente de terrains municipaux, et aux impôts fonciers. Elles ont vu leurs ressources s’effondrer avec la bulle immobilière et risquent de s’effondrer à leur tour.

Chez nous, ces derniers mois, 29 % des Français ont dû reporter des soins ou renoncer à se soigner faute de moyens, contre 11 % seulement il y a deux ans, révèle un sondage CSA pour Europ Assistance, publié fin septembre.

Et ce ne sont plus seulement les soins dentaires et optiques, faiblement remboursés, sur lesquels ils font l’impasse : en 2011, 22 % des renoncements aux soins se font sur le dentaire et l’optique et 12 % sur les soins courants. « On voit de plus en plus la tutelle se désengager du remboursement des soins légers pour se focaliser sur les affections de longue durée et les soins lourds », constate un spécialiste.

Pour un pays comme la France, c’est une honte. Seuls les Polonais sont plus nombreux (36 %) à reconnaître avoir dû renoncer à des soins. Ils sont 25 % aux Etats-Unis, 19 % en Italie, 15 % en Allemagne, 10 % en Autriche, 6 % en Grande-Bretagne et 5 % en Suède. Entre 2009 et 2011, la proportion a augmenté partout sauf en Grande-Bretagne ainsi qu’en Suède, en Allemagne et Autriche, où les chiffres restent à peu près stables.

Entre les franchises médicales, les dépassements d’honoraires et le coût des mutuelles, les Français qui tirent la langue dès le 5 du mois finissent par rogner sur leur budget santé, devenu un poste de dépense annexe. Et pour cause. Sur les cinq dernières années, le coût de la santé a flambé de 16,6 %, passant de 571 à 665 euros par an et par Français.

L’apparition dans une société de nouvelles maladies et le retour des anciennes a toujours été le « marqueur » d’une forte dégradation de la situation économique. Ainsi, la hausse des coûts de la santé, combinée au chômage, à la paupérisation et à l’absence de logements décents, a créé les conditions idéales pour le retour de la tuberculose, dont le nombre de cas, qui avait fortement diminué, remonte désormais en flèche. A Clichy-sous-Bois (93), vingt-trois nouveaux cas avec symptômes et quarante sans symptôme viennent d’être recensés. Pour le pneumologue Marc Jaber, « l’explication est à la fois simple et grave : la détérioration des conditions socio-économiques au sein de la population ».

Merci donc à Jean-Claude Trichet et à la BCE, dont les recommandations ne sauveront ni l’euro ni les Européens.

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