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Séisme politique en Israël

La rédaction
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Le 9 novembre, le Parti travailliste israélien a élu à sa tête Amir Peretz, président du syndicat Histadrut. La défaite du président sortant, Shimon Pérès, et de la « vieille garde » du parti, représente un séisme politique pour le Parti, voire pour l’ensemble de la scène politique israélienne. Il s’agit clairement d’une répercussion du séisme politique qui secoue actuellement Washington.

Au cours de la conférence de presse donnée après sa victoire, Peretz a annoncé son intention de retirer le Parti travailliste de la coalition d’Ariel Sharon au pouvoir, s’engageant à « transformer le Parti travailliste en une alternative qui vaincra aux prochaines élections générales ». Ce retrait pourrait conduire à de nouvelles élections dès avril, si ce n’est plus tôt.

Aujourd’hui âgé de 54 ans, Peretz est un syndicaliste combatif qui a organisé des grèves contre la politique d’austérité du gouvernement Sharon, ainsi qu’un membre fondateur du mouvement la Paix maintenant. Son programme devrait éloigner le Parti travailliste de l’orientation « classe moyenne libérale » et renverser le déclin qu’il subit depuis l’assassinat d’Yitzhak Rabin il y a dix ans. Dans les heures ayant suivi sa victoire, Peretz a brisé toutes les règles du « consensus politique », se rendant devant la tombe de Rabin et déclarant : « Je suis venu aujourd’hui pour faire un nouveau serment à Rabin : que j’ai l’intention de tout faire pour que l’assassin [de Rabin] sache qu’il n’a pas réussi à assassiner la paix. »

Le 12 novembre, 200 000 personnes se sont rassemblées sur la place Rabin, à Tel Aviv, à l’occasion d’une commémoration du dixième anniversaire de son assassinat. Paraissant aux côtés de l’ancien président Clinton, Peretz prononça un discours reprenant les célèbres phrases de Martin Luther King : « J’ai fait un rêve, qu’un jour les enfants israéliens et palestiniens joueront ensemble. (...) La violence ronge l’essence de la démocratie israélienne. La violence n’est pas uniquement dans le conflit israélo-palestinien, elle est entre nous. Si nous avions arrêté la violence dans les territoires, nous aurions arrêté la violence entre nous. L’occupation actuelle des territoires est le meilleur moyen de perdre nos valeurs en Israël. (...) La fin de l’occupation et un accord statutaire final sont synonymes de protection des valeurs humaines. »

Dans un autre discours prononcé auparavant, Peretz avait attaqué les politiques néo-libérales du gouvernement Sharon, notamment celles appliquées par Benjamin Netanyahou. Appelant à l’établissement d’un lien commun entre Sépharades et Ashkénazes, Peretz déclara : « C’est le moment d’enterrer le démon ethnique en Israël. Ce soir, nos espoirs se réalisent. (...) Presque un million et demi de citoyens vivent en-dessous du seuil de pauvreté ; des centaines de milliers d’enfants ont perdu le sens d’appartenir au pays. Nous embrassons nos frères les nouveaux immigrants, nous embrassons nos frères les Arabes, nous embrassons nos frères les Druzes. »

Un conseiller économique de Peretz nous a confié qu’il avait le soutien de tout l’éventail de courants au sein du Parti travailliste. Parmi ses conseillers, on compte David Kimche, membre fondateur du Parti travailliste, ancien chef du Mossad et ancien directeur au ministère des Affaires étrangères. Malgré sa ligne anti-libérale, Peretz jouit aussi d’un certain soutien dans le monde des affaires.

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