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Semaine décisive pour la Grande-Bretagne

La rédaction
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Le 27 janvier, le Premier ministre britannique Tony Blair aura été confronté à la plus grande révolte dans les rangs de son propre parti depuis son arrivée au pouvoir en 1997, car ce jour-là, la Chambre des Communes devait voter son projet prévoyant une forte augmentation des droits d’inscriptions à l’université. Le lendemain, Lord Hutton publiait son rapport très attendu sur l’enquête qu’il dirige depuis plusieurs mois concernant la mort, le 17 juillet, du grand spécialiste britannique en matière d’armements, David Kelly. Cette enquête a permis de faire des révélations explosives sur la façon dont la Grande-Bretagne a été amenée à participer à la guerre d’Irak. Cette semaine sera aussi marquée par une grève de 100 000 fonctionnaires.

Sans anticiper les conséquences politiques pour Tony Blair, on peut d’ores et déjà dire que sa crédibilité dans l’affaire irakienne a été sérieusement entamée. David Kay, le chef de la mission américaine sur les armements irakiens, a démissionné de sa fonction de chef du groupe d’inspection chargé de trouver des armes de destruction massive. Bien qu’il soit considéré comme un « dur » sur cette question, il a déclaré qu’il n’y avait aucun stock d’ADM irakiennes : « Je ne pense pas qu’elles aient existé. (...) Je ne pense pas qu’il y ait eu un programme de production à grande échelle dans les années 90. » Ces déclarations ont fait beaucoup de bruit en Grande-Bretagne.

Comme l’a déclaré Robin Cook, l’ancien ministre travailliste des Affaires étrangères, la démission de Kay signifie que Blair doit « concéder que des erreurs ont été commises. (...) Nous devons abandonner cette dangereuse doctrine de frappe préventive, au nom de laquelle nous sommes partis en guerre. S’il n’y avait aucune menace de la part de l’Irak, nous n’avions évidemment aucune raison d’entreprendre une frappe préemptive pour écarter la menace. (...) En réalité, le 10 Downing Street tenait à cette guerre. »

Ensuite, le 22 janvier, la BBC a diffusé une émission de 90 minutes, suivie par des millions de Britanniques, apportant de l’eau au moulin des détracteurs de la guerre. Après avoir admis que des fautes avaient été commises dans l’interview de Kelly par le journaliste Andre Gilligan, l’émission exposait - sur la base de documents provenant de l’enquête de Hutton, d’archives et de sa propre reconstruction des événements - les efforts intenses du gouvernement Blair pour « interpréter » le renseignement et préparer le fameux dossier de septembre 2002 sur les ADM irakiennes, pour que la « menace irakienne » semble aussi imminente et massive que possible.

On y apprenait aussi comment l’ancien directeur de communications de Blair, Alistair Campbell, avait été impliqué dans cette manipulation du renseignement, de connivence avec John Scarlett, chef du Joint Intelligence Committee (JIC) ; on voyait aussi le Dr Kelly souhaiter que tout le dossier soit jeté à la poubelle. Une attention particulière fut portée à l’affirmation selon laquelle l’Irak pouvait déployer des ADM « en 45 minutes » ; cette évaluation du MI6 se basait sur les dires d’une seule source. La BBC montrait aussi Sir Rodric Braithwaite, ancien ambassadeur à Moscou et ancien chef du JIC, critiquer le manque d’« objectivité » du JIC.

Richard Norton-Taylor, spécialiste des questions de sécurité au Guardian, commentait dans un article du 24 janvier (« Le roi est nu ») que l’émission avait montré que « de hauts responsables à Whitehall et des conseillers ministériels admettent à présent [que l’engagement britannique dans la guerre d’Irak a été] le résultat d’une gigantesque imposture ». Le gouvernement Blair voulait s’aligner sur la doctrine américaine d’« invasion militaire préemptive » et avait dû « se baser sur la question des ADM, compte tenu qu’avoir pour objectif un changement de régime (...) serait sérieusement contraire au droit international ». L’on estimait que le fait de susciter une grande peur au sujet des ADM était la seule manière de gagner les parlementaires travaillistes et le public à la guerre.

Le dossier de Blair avait été publié le 24 septembre 2002, quelques jours après que la doctrine de guerre préemptive, inspirée par Cheney, ait été rendue publique.

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