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Séminaire à Lyon : la Nouvelle Route de la soie de la Chine, une occasion à saisir

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Un excellent séminaire s’est tenu à Lyon le 19 octobre dernier, organisé par l’Institut Schiller et le Club Chine EM Lyon Forever, sur le thème des occasions offertes à la France par le projet de Nouvelles Routes de la soie de la Chine.

Un projet qui est devenu réalité puisque le 21 avril dernier, le premier train de la Nouvelle Route de la soie en provenance de Wuhan, en Chine, est arrivé à Lyon.

Au programme, Alain Galliano, vice-président de la Métropole de Lyon [1], en charge des questions internationales et donc du train qui arrive de Chine, Helga Zepp-LaRouche, présidente de l’Institut Schiller, le Pr Shi Ze, directeur à l’Institut chinois d’études internationales (CIIS), Christine Bierre, rédactrice en chef de Nouvelle Solidarité, bimensuel de Solidarité & Progrès, et Jean-Christophe Vautrin, président du Club Chine EM Lyon Forever.

Cet événement était le volet français d’une initiative franco-allemande de l’Institut Schiller, dont le deuxième volet était un séminaire à Essen, près de Duisburg, le 21 octobre. Lyon, Duisburg, les deux terminaux de ce train de la Route de la soie qui arrive désormais trois fois par semaine en Europe, apportant de la silice pour la production de pneus, des équipements électroniques, des lampes LED et des vêtements de sport, et repartant chargé de vins, de cosmétiques et de produits alimentaires. L’arrivée de ce train est déjà, en soi, un petit miracle : 11 300 km à parcourir, six pays différents à traverser, transbordement de tout le fret à trois reprises et huit changements de locomotives !

Programme

  • Alain Galliano, 11e vice-président de la Métropole de Lyon, en charge des relations internationales, France. Pour des raisons de force majeure, M. Galliano a dû annuler sa présence au séminaire.

Vidéo de la période de discussion :

Résumé du séminaire

Qu’aurait fait Charles de Gaulle dans la situation actuelle ?

Helga Zepp-LaRouche a ouvert le séminaire en posant la question clé pour la France :

Qu’aurait fait Charles de Gaulle dans la situation actuelle pour protéger le peuple français des dangers sans précédent qui le guettent aujourd’hui : la double menace d’une nouvelle guerre mondiale, y compris nucléaire, et d’une implosion du système bancaire de la zone transatlantique ?

Plus personne ne peut se voiler la face sur la menace de nouvelle guerre mondiale, a dit Helga LaRouche, citant de nombreux exemples, dont les déclarations du ministre des Affaires étrangères allemand Steinmeier, disant qu’il ne peut plus exclure un affrontement militaire direct entre Russes et Américains ; la menace de « cyber attaque » proféré par le vice-président américain Jo Biden, contre la Russie, accusée de s’être ingérée dans la campagne présidentielle américaine.

Mais puisque ces dangers sont la conséquence des politiques humaines, ils peuvent être aussi surmontés en choisissant des voies d’action totalement différentes.

Helga LaRouche a présenté, dans ce contexte, les quatre principes cardinaux proposés par l’économiste américain Lyndon LaRouche pour sortir de la crise financière et retrouver une pleine croissance. Il s’agit de rétablir :

  1. la séparation stricte entre banques de dépôts et banques d’affaires ;
  2. des banques centrales, sous contrôle publique ;
  3. le crédit productif public (avances de ces banques au Trésor pour des projets de recherche et d’infrastructures nécessaires au bien commun) ;
  4. l’utilisation d’énergies à très haute densité, capables d’élever le niveau de vie de toute l’espèce humaine (fission et fusion nucléaires notamment).

Elle a ensuite décrit le « réalignement stratégique sans précédent qui a lieu et qui a crée des options totalement nouvelles pour le monde politique ». Le développement fulgurant de la Chine qui, en quarante ans, a condensé tous les progrès accomplis en deux cents ans par les pays avancés, devenant en un temps record leader mondial dans le rail à grande vitesse, la digitalisation de l’industrie et l’électronique. Après avoir sorti 700 millions de personnes de la misère, la Chine vient de publier un Livre blanc pour éliminer toute la misère du monde d’ici 2020.

Cependant, le but de la Nouvelle Route de la soie est d’accroître non seulement l’échange de biens, mais surtout l’échange de connaissances scientifiques, de technologies avancées et de la culture nécessaire à transformer toutes les nations impliquées. Le type de coopération déjà en vigueur parmi les 70 nations associées inclut « un projet global de coopération scientifique, des laboratoires communs, des centres de transfert de technologies, des parcs de science et technologie et des échanges culturels permettant à 150 000 employés dans les « hautes technologies » et à 5000 étudiants de venir se former en Chine. Au récent sommet du G20 de Hangzhou, le président Xi Jinping a appelé en faveur d’une relance de l’économie via une « stratégie fondée sur l’innovation », le développement scientifique et technique. »

Helga LaRouche a décrit ensuite la série de sommets (G20, Vladivostok, ASEAN) qui, en moins de six semaines, a abouti à la signature de contrats économiques énormes, créant une situation, « où le centre de la politique mondiale s’est déplacé clairement vers l’Asie ».

C’est cette montée en puissance de la Chine et des BRICS qui est la cause de la menace de guerre, a dit Mme LaRouche, dénonçant le « piège de Thucydide », dont souffrent les puissances occidentales. Menacés de déclassement par des nations montantes, certains en Occident sont prêts à tout, y compris à déclencher une guerre mondiale, afin de maintenir le statu quo.

Revenant à Charles de Gaulle, « je suis certaine, poursuivit Mme LaRouche, qu’aujourd’hui, il embrasserait avec passion l’idée de vaincre la faim dans le monde en faisant de la Nouvelle Route de la soie un pont terrestre mondial ».

Elle a cité, à cet égard, son magnifique discours adressé à la jeunesse allemande en 1962, où il parlait ainsi de notre espèce :

Sous l’impulsion d’une force obscure, en vertu d’on ne sait quelle loi, tout ce qui la concerne dans le domaine matériel se transforme suivant un rythme constamment accéléré, et des, résultats combinés des découvertes des savants et de l’agencement des machines qui modifient profondément la condition physique des hommes. (...) Ayez l’ambition que le progrès soit le bien commun, que chacun en ait sa part, qu’il permette d’accroître le beau, le juste et le bon, partout et notamment dans les pays qui, comme les nôtres, font la civilisation, et qu’il procure aux milliards d’habitants des régions sous-développées de quoi vaincre à leur tour la faim, la misère, l’ignorance et accéder à une pleine dignité.

Helga LaRouche nota « l’affinité » entre cette tradition de l’humanisme européen et le concept d’auto-perfectionnement continu de l’homme, défini par le confucianisme.

Quel doit être notre but commun ? a-t-elle demandé. D’unir nos efforts pour industrialiser l’Afrique à travers une extension de la Route de la soie, et de faire en sorte que tous les enfants de la planète aient accès à une éducation universelle.

La Nouvelle Route de la soie n’est pas un jeu « en solo » pour la Chine

Le professeur Shi Ze a défini plus clairement les objectifs du projet de la Nouvelle Route de la soie, et la façon dont ils s’appliquent à la France, à l’Allemagne et à toute l’Europe. Durant la période d’échange avec la salle, il a martelé que ce projet n’en est plus au stade de la « proposition », mais qu’il est entré désormais dans sa phase « d’actualisation ». Nous voulons nous allier à la France, à l’Europe, mais il ne faut pas trop hésiter car ces propositions ne seront pas sur la table éternellement...

Ce projet, a expliqué Shi Ze, n’est pas une copie conforme de l’ancienne Route de la soie ; il s’inspire des meilleurs aspects du passé pour les appliquer au monde actuel, sous la forme d’une stratégie de paix et de coopération. La Chine veut écrire un nouveau chapitre de son ouverture au monde. La Route de la soie est à la fois « ouverture », « inclusion », « souveraineté », mais aussi « intérêt mutuel ».

Le concept culturel est celui de l’harmonie dans la multiplicité.

Il entreprit de corriger quelques erreurs de compréhension concernant ce projet de Nouvelle Route de la soie. Ce n’est pas un jeu « en solo » de la part de la Chine, mais la création d’une plateforme ouverte, qui, grâce à la mobilité de son capital, servira le monde. L’objectif n’est pas uniquement de sortir, mais aussi de faire entrer. Ce n’est pas non plus une stratégie géographique, pas une « ceinture » dans le sens ordinaire de ce terme, mais une plateforme internationale de développement inclusif.

Depuis le 1er août 2014, vingt trains de conteneurs sont arrivés en Europe depuis l’intérieur de la Chine. Par rapport au trafic maritime, le trajet est réduit de quinze jours, ce qui diminue les coûts et libère le capital pour une meilleure utilisation. Le Pr Shi Ze a exprimé le désir de la Chine que le plan Juncker de 315 milliards d’euros puisse se greffer sur ce projet dont l’objectif est de rénover, entre l’Europe et la Chine, le rail, les aéroports, les ports maritimes, les gazoducs et oléoducs, ainsi que les réseaux d’électricité et de télécommunications.

Le rôle de la Chine a changé dans la période récente, a observé le Professeur. Elle n’est plus juste une puissance commerciale, mais un État investisseur. Ceci crée un potentiel énorme pour la coopération avec l’Europe. Le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, entre autres, veulent une coopération financière avec la Chine. Des « swaps » pour 700 milliards de yuans existent déjà entre Européens et Chinois.

De Gaulle et le partenariat franco-chinois

Dans son intervention à Lyon, le Pr Shi Ze a rappelé l’étroite amitié de la Chine pour la France, en raison notamment de la décision de Charles de Gaulle d’établir des relations diplomatiques avec elle en 1964, bien avant les autres pays. Il a fait part aussi de tout l’intérêt de la Chine pour les investissements conjoints envers des pays tiers, sur le modèle de l’accord franco-chinois pour la construction de deux EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni. Dans un accord signé par les deux Premiers ministres, le 30 juin 2015, ceux-ci s’engagent à promouvoir des accords de ce type dans les infrastructures, l’énergie, les transports, notamment en Afrique et en Asie.

À Essen, le professeur a évoqué les enjeux de la collaboration de la Chine avec l’Allemagne, son premier partenaire commercial en Europe, avec un volume d’échanges de 163 milliards d’euros et 1700 entreprises allemandes établies en Chine depuis 2010.

Le point fort de la coopération avec l’Allemagne est dans l’échange de produits manufacturés. Lier l’efficacité chinoise avec la qualité allemande, harmoniser le made in China avec le made in Germany, voilà les objectifs de la Nouvelle Route de la soie, tout autant que la construction, sur son parcours, de gazoducs et d’oléoducs, créera des opportunités pour les entreprises allemandes.

De ces deux pays, France et Allemagne, la Chine souhaite profiter de leur longue expérience dans l’urbanisation. 75 % de la population européenne vit dans des centres urbains ; en Chine, ce n’est que 52,6 %.

Les Nouvelles Routes de la soie de la Chine, une occasion à saisir pour la France

Christine Bierre a ensuite fait le tour des politiques franco-chinoises actuelles et a proposé, dans l’esprit du grand dessein eurasiatique de Leibniz, au XVIIe siècle, quelques domaines de choix pour la coopération future entre les deux pays.

Paradoxalement, a-t-elle souligné, les politiques de l’équipe Hollande envers la Chine sont bien meilleures que celles qu’il a pratiquées envers la France ! Les rencontres entre les plus hauts responsables politiques des deux pays ont été très nombreuses, établissant une coordination rapprochée au sommet. Alliée privilégiée de la Chine depuis 1964, grâce à la clairvoyance de Charles de Gaulle, la France a déjà un partenariat gagnant/gagnant avec la Chine, partageant certains de ses savoir-faire en échange de pouvoir accompagner le développement fulgurant du grand géant asiatique.

Des Airbus sont désormais assemblés en Chine et pour ce qui est de l’énergie nucléaire civile, après trente ans d’étroite coopération, la France et la Chine l’ont élargie à la totalité du cycle. En juin 2015, les deux pays ont signé une déclaration appelant à la construction conjointe de centrales nucléaires dans des pays tiers, sur le modèle de l’accord de Hinkley Point.

Une coopération forte s’est développée aussi dans la lutte contre la pollution de l’air, de l’eau et des sols, qui est l’une des principales priorités de la Chine. Les deux géants français de l’eau, Veolia et Suez environnement, sont à la pointe notamment dans la lutte contre les déchets toxiques.

Collaboration future

Mais ce sont les coopérations futures qui nous intéressent le plus, a dit Christine Bierre, listant quatre priorités :

  • L’espace. La France doit revenir à l’exploration spatiale, avec la Lune et Mars comme objectifs ainsi que les vols habités. Très intéressant, le 15 septembre, la mission « Cardiospace » a été déployée à partir du module orbital chinois Tiangong 2, avec l’objectif d’étudier l’adaptation du système cardiovasculaire humain à la microgravité et l’impact sur le corps des astronautes du retour sur Terre.
  • Le nucléaire de quatrième génération et au-delà. La France doit adopter l’approche chinoise de recherche qui consiste à explorer toutes les options du « nucléaire du futur » : fusion et réacteurs à neutrons rapides, à lit de boulets, thorium aux sels fondus (RSF), et hybrides fission/fusion. Pour ce qui est du réacteur au thorium, le plus prometteur de tous, il doit y avoir une coopération accrue entre l’équipe chinoise et l’équipe du CNRS-LPSC de Grenoble, pionnière sur cette question. Sur la fusion, la collaboration qui existe déjà au sein du projet ITER entre les équipes française et chinoise de Cadarache et de Heifei (Tore-Supra West et Est) doit être renforcée.
  • Des projets conjoints franco-chinois en Afrique. Une déclaration conjointe a été signée le 30 juin 2015 qui détermine le cadre de cette collaboration en pays tiers. Elle met l’emphase sur « les projets de grande ampleur qui mobiliseront une expertise et des financements conséquents, à l’impact majeur pour le pays ou la région. » Il s’agit des projets dans les domaines des infrastructures et de l’énergie, du ferroviaire grandes lignes et urbain, des projets agricoles destinés à garantir la sécurité alimentaire, mais aussi des projets pour assurer la sécurité sanitaire et la lutte contre les épidémies.
    La Chine qui veut s’investir en Afrique francophone, pousse la France à des opérations conjointes afin de bénéficier de sa connaissance de la langue et du terrain. Il s’agit d’accords gagnant/gagnant où la Chine contribuera au financement, la France (et l’Europe au besoin), aux technologies et où le pays tiers devra être l’initiateur de l’opération. Les négociations sont toujours en cours pour une conférence tripartite Afrique/Chine/France qui aurait lieu à Dakar cette année, ainsi que pour la création d’un fonds d’investissements. Des initiatives qui ne seraient pas du goût des néo-colonialistes du type Vincent Bolloré.
  • Enfin, il y a le grand projet de modernisation du Train de la route de la soie qui arrive désormais trois fois par semaine à Duisburg et à Lyon depuis Wuhan, en Chine. Aujourd’hui ce voyage est un petit miracle : 11 000 km à parcourir, 7 pays à traverser, 3 transbordements à réaliser, 8 locomotives à changer ! L’urgence est de le moderniser afin qu’il devienne compétitif et de faire en sorte qu’il ait des rails dédiés. C’est bien le type de grand projet qui nécessiterait une coopération entre la France, l’Allemagne, l’Europe et la Chine, coopération que seule une Europe des patries et des projets, renouant avec une forte politique industrielle, pourra financer.

Une grande mission pour la France

Au delà de tel ou tel projet, là où la France a le plus à gagner dans ses relations avec la Chine, c’est dans le fait de retrouver son propre « rêve » ! Son alliance avec la Chine doit la conduire à retrouver son propre idéal et son volontarisme, de telle sorte que cette métaphore de Li Keqiang dans un discours prononcé à Toulouse, le 2 juillet 2015, devienne une réalité :

Quand nos deux grandes nations travaillent ensemble, cela dégage non seulement une synergie dite "un plus un font plus que deux", mais aussi une énergie comparable à celle d’une "fusion nucléaire", bien sûr destinée à des fins civiles et qui profite à la paix.

Jean-Christophe Vautrin, le président du Club Chine EM Lyon Forever, a présenté les activités de ce club d’anciens élèves, très actif dans l’organisation de conférences et de manifestations consacrées à la géopolitique, à la politique économique et à la culture chinoises. Créé et animé par des anciens élevés de l’EM Lyon, le Club s’adresse à un public bien plus vaste d’entrepreneurs, d’analystes et de personnes intéressées.


[1M. Galliano n’a pas pu être avec nous pour des raisons de force majeure.

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