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Sharon pourrait être inculpé de crimes de guerre

La rédaction
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Le 17 juin, l’émission Panorama de la BBC a diffusé un documentaire sans concessions intitulé « L’Accusé », montrant le rôle central joué par Ariel Sharon dans le tristement célèbre massacre des Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, lors de la guerre israélo-libanaise de 1982. L’émission présentait des témoignages de survivants du massacre, ainsi que de diplomates estimant que Sharon s’est rendu responsable de crimes de guerre en « autorisant » les milices des phalanges libanaises, collaborant avec l’armée israélienne, à entrer dans les camps palestiniens.

Le juge Richard Goldstone, ancien procureur principal du Tribunal de guerre des Nations unies (1994-1996), a précisé à Panorama le crime dont Sharon est accusé : « Tout commandant militaire et tout dirigeant politique qui donne des instructions a clairement pour obligation, d’après le droit de la guerre et la Convention de Genève, de s’assurer que des civils innocents ne seront ni assassinés, ni violés, ni blessés de quelque façon que ce soit. La responsabilité en ce qui concerne les ordres va très loin, elle implique bien sûr que l’on soit au courant d’un danger pour des civils innocents, et si on le sait, on a alors l’obligation de prendre des mesures raisonnables pour les protéger. »

Panorama a également interviewé Morris Draper, à l’époque envoyé spécial du président Reagan au Liban, à propos de l’argument invoqué par Sharon selon lequel toute la responsabilité incomberait aux phalangistes. Pour Draper, il est « totalement absurde » de croire à l’innocence de Sharon. Quand on lui a demandé explicitement de se prononcer sur la responsabilité de Sharon, Draper a répondu : « Il ne fait aucun doute que c’est le cas, même si d’autres Israéliens doivent en partager la responsabilité. »

Dans un message adressé à Sharon peu de temps après les massacres, Draper écrivait : « Vous devez arrêter ces actes de carnage, ils sont horribles. J’ai un représentant dans le camp qui compte les corps. Vous devriez avoir honte. La situation est absolument effroyable. Ils tuent des enfants ! Vous avez le terrain entièrement sous votre contrôle et, par conséquent, vous êtes responsable de cette zone. »

Richard Falk, professeur de droit international à l’université de Princeton et membre de la commission des Nations unies chargée d’enquêter sur ce massacre, a déclaré pendant l’émission : « La responsabilité spécifique de Sharon vient du fait qu’il était ministre de la Défense en relation avec les officiers sur le terrain, qu’il était présent en personne à Beyrouth, qu’il avait rencontré les dirigeants phalangistes et qu’il a donné les instructions et les ordres qui ont permis aux phalanges d’entrer dans les camps. (...) Il ne fait aucun doute, à mon avis, qu’il est passible des tribunaux à cause de ce qu’il savait ou aurait dû savoir. »

La Commission Kahane, créée par le gouvernement israélien pour enquêter sur le massacre, a conclu que Sharon était « indirectement » responsable parce qu’il « n’avait pas tenu compte du risque d’actes de vengeance et d’effusions de sang de la part des phalangistes contre la population des camps de réfugiés. Il n’a pas pris en compte ce danger quand il décida de laisser les phalangistes entrer dans les camps. » Commentant ce rapport, Goldstone déclara : « S’il est démontré qu’une personne, quelle qu’elle soit, a enfreint la loi, il est clair que des poursuites au criminel devraient en découler. Dans le cas de Sabra et Chatila, la Commission Kahane a estimé que des crimes sérieux avaient été commis et je ne doute pas que toute personne décente regrette le fait qu’aucune poursuite au criminel n’ait été engagée. »

Le 18 juin, vingt-trois Palestiniens survivants de ce massacre ont porté plainte pour crimes de guerre contre Ariel Sharon auprès d’une Cour belge. En vertu de la loi belge de 1993, qui permet aux citoyens de tout pays de porter plainte contre ce genre de crimes, le juge Collignon ouvrira une enquête officielle qui pourrait déboucher sur l’inculpation de Sharon en tant que criminel de guerre international. Le gouvernement israélien a dénoncé cette procédure. Rappelons qu’à partir du 1er juillet, c’est la Belgique qui assumera la présidence de l’Union européenne.

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