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Stupeur à Washington : le chef de la lutte antidrogue russe veut liquider le système financier !

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20 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Le directeur de l’Agence antidrogue russe Victor Ivanov a créé la stupeur vendredi à Washington. Devant un parterre de diplomates américains et européens, de nombreux analystes et officiels de la CIA et du FBI, Ivanov, un proche du Premier ministre Vladimir Poutine, a montré comment la bulle financière mondiale était le moteur du fléau meurtrier de la drogue. Il a appelé à une « transformation drastique du système financier international » afin de « liquider le trafic de drogue mondial ». Parmi les instruments de ce changement, il a cité le nécessaire rétablissement de « la loi Glass-Steagall » séparant les banques de dépôt et les banques d’affaires.

En déplacement officiel aux Etats-Unis pour rencontrer ses homologues américains, Ivanov était l’invité du Center for Strategic and International Studies (CSIS) pour une conférence sur Les flux narcotiques mondiaux et la crise économique et financière. Sa présentation était illustrée par une série de graphiques dépeignant la relation entre l’argent sale et l’immense bulle spéculative internationale. « Les affirmations sur le rôle prévalant de l’argent de la drogue dans la crise globale sont aussi confirmées par de nombreuses autres preuves, a-t-il déclaré, y compris par les données dont dispose notre Agence. Il est également évident, et les analyses le confirment, que le système financier existant, qui met en œuvre de nombreux instruments financiers de plus en plus répandus comme les options, les contrats à terme, les swaps et autres dérivés venant emplir la ’bulle de savon financière’, ne peut plus subsister sans les injections d’argent sale. »

Ivanov a évidemment cité les évaluations d’Antonio Maria Costa, l’ancien directeur général de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), sur les injections de narcodollars dans les principales banques du monde lors de la crise de liquidité de 2008-2009. « Il est assez significatif que ce haut responsable international ait souligné que ce n’est pas un problème de banques prises individuellement mais de l’organisation du système financier international dans son ensemble. »

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Bulle financière mondiale : 600 000 milliards de dollars d’encours dont 540 000 non-sécurisés.
Crédit : www.fskn.gov.ru

Dans le même temps, il a présenté un graphique montrant que la bulle des produits financiers déclarés est de 600 000 milliards de dollars (soit 10 fois le PIB mondial) dont seulement 1/10e est sécurisé. Dans la diapo suivante, Ivanov a exhibé la finance sous les traits d’une bulle gigantesque écrasant l’économie physique symbolisée par un train à grande vitesse. Devant une carte détaillant les flux mondiaux de drogues, Ivanov a déclaré que « l’argent et le trafic de la drogue ne sont pas seulement des atouts précieux pour le système monétaire, mais, en tant que fournisseur de liquidité en dernier ressort, ils en sont une composante indispensable et vitale ».

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Bulle financière vs économie réelle.
Crédit : www.fskn.gov.ru

Le chef de la lutte antidrogue en Russie a ensuite rapporté ses discussions des derniers jours avec ses homologues américains sur les flux financiers du trafic de drogue international : moins de la moitié de un pour cent de l’argent de la drogue est saisi ; le reste de ce flux vient alimenter la bulle financière. Citant nommément Wachovia et Bank of America pour leur implication (déjà révélée publiquement) dans des opérations massives de blanchiment (il a aussi cité HSBC, fleuron britannique du blanchiment depuis la Guerre de l’opium), il a réitéré qu’il s’agit d’un problème systémique. Il est impératif d’étendre le champ de la lutte antidrogue, actuellement concentrée sur le trafic et la production, à la finance internationale, a-t-il déclaré.

Pour conclure, Victor Ivanov a indiqué l’alternative : « Une transformation drastique du système financier international va être nécessaire pour liquider le trafic de drogue mondial. » Un élément important a été apporté avec l’adoption par le G20 d’une résolution sur le suivi des flux financiers, a-t-il dit. « Dans une certaine mesure, l’on observe également un retour à la logique de la loi Glass-Steagall adoptée par les Etats-Unis en 1933, au plus fort de la Grande dépression, et qui sépare les activités de dépôt et d’investissement des banques. Toutefois, des restrictions encore plus dures sont nécessaires pour empêcher la circulation de l’argent sale. En clair, la liquidation de la bulle financière ne sera pas suffisante à elle seule. La clé pour liquider le trafic de drogue est de reformater l’économie existante vers un modèle excluant l’argent du crime et permettant une reproduction des encours liquides nets, c’est-à-dire une économie de développement où les choix sont fondés sur les projets de développement et des crédits dirigés. » En exemple, il a cité le projet d’infrastructure Rainbow-2 présenté par la Russie devant l’UNODC et visant à recréer une économie en Afghanistan pour remplacer l’opium.

A une question de l’EIR sur Glass-Steagall et la liquidation des actifs financiers, Ivanov a répondu qu’il ne peut pas ordonner aux Etats-Unis de rétablir cette loi, mais qu’il est fondamentalement nécessaire de détourner les flux d’argent sale hors de l’économie réelle « afin de les éliminer ». Imaginez un drogué qui dépense tout son argent et toutes ses forces simplement pour trouver et consommer sa drogue, s’affaiblissant de plus en plus et devenant totalement inutile : Eh bien vous avez l’image de ce qui se passe dans l’économie mondiale, a-t-il déclaré.

Interrogé sur le narcoterrorisme, Ivanov a expliqué que dans certains cas, comme pour l’attentat de Madrid en 2004, le financement par l’argent de la drogue est clairement établi, mais qu’il s’agit avant tout d’un problème systémique. Le trafic de drogue engendre des organisations criminelles qui peuvent prendre le contrôle de régions entières, comme au Mexique par exemple. Ils sont ainsi en mesure d’imposer leur propre agenda politique ou d’être cooptés par des intérêts extérieurs.

Ivanov a déclaré fondamentale la coopération américano-russe. La surveillance satellite pour repérer les champs de drogue est utile. Mais l’éradication de la drogue et son interdiction sont insuffisantes : le problème doit être abordé du point de vue des marchés financiers internationaux, qui doivent devenir la cible majeure des autorités légales, a-t-il dit.

Ivanov a également rabroué un membre pro-légalisation de l’assistance, en expliquant que cette politique irait à l’encontre de la charte des Nations Unies et ne règlerait pas le problème de la criminalité.

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Chaque année, 1800 tonnes de cocaïne et d’héroïne injectées dans vos veines et vos narines...
Crédit : www.fskn.gov.ru
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...et 350 milliards en cash pour les banques.
Crédit : www.fskn.gov.ru
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Voir les 5 commentaires

Vos commentaires

  • Le 20 novembre 2011 à 18:09
    par ID naze

    Moi qui croyais qu’en légalisant les ventes et les consommations des daubes, les prix devaient obligatoirement tomber ,et donc tarir le cèrcle vicieux des clandèstins ?
    Bye.

    • Le 21 novembre 2011 à 14:25
      par Bertrand Buisson

      Ben faut pas être naïf : ;-) la production, la distribution et la consommation de drogue est promue depuis la guerre de l’opium dans le monde entier par l’Empire britannique et les forces financières qui lui sont associées. Pourquoi ? Parce que ça contribue à maintenir le peuple dans l’impuissance.

      Derrière le lobby de la légalisation vous trouverez ces mêmes intérêts. (cf. G. Soros)

    Répondre à ce message

  • Le 20 novembre 2011 à 20:59
    par Bertrand Buisson

    Toutes les diapos sont visibles ici (et si vous lisez le russes vous avez aussi tout le discours) :

    http://www.fskn.gov.ru/includes/periodics/speeches_fskn/2011/1118/221115899/detail.shtml

    Répondre à ce message

  • Le 21 novembre 2011 à 09:48
    par petite souris

    Monsieur Ivanov a raison bien évidemment.
    Une transformation drastique du système financier international va être nécessaire pour liquider le trafic de drogue mondial. dit-il.

    Je doute fort que la City et Wall street acceptent son offre d’aide pour agir pour le bien commun.
    Il attaque directement cet empire financier décrié dans ce site, et par Jacques Cheminade et par Lyndon LaRouche...

    J’espère qu’une bonne étoile le protège, et ne pas apprendre bientôt qu’il a eu un accident de voiture ou qu’il n’a pas supporté un mauvais café....

    Je souhaite, puisqu’il a fait cette conférence devant un parterre dezélites internationales, que certains des participants se sentent moins seuls pour agir avec la Russie dans cet excellent projet d’éradication de la drogue et de ce système financier moribond et contagieux.

    Répondre à ce message

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