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« Super Watergate » pour Bush et Cheney ?

La rédaction
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Dans un contexte où les pressions se multiplient sur une administration Bush-Cheney en grande difficulté pour y répondre, un « super-Watergate se met en place » à Washington, comme Lyndon LaRouche l’a fait remarquer le 9 juin. La situation présente en effet de nombreuses similarités avec la période précédant le départ du président Nixon, et ceux qui ont suivi les efforts de LaRouche et de ses collaborateurs pour obtenir le départ des néo-conservateurs de l’administration Bush, en particulier le vice-président Dick Cheney, n’en seront pas étonnés.

Jusqu’à présent, ces pressions concernaient essentiellement trois points : les révélations sur les fausses preuves de l’existence d’armes de destruction massive (ADM) irakiennes, le fiasco de l’occupation de l’Irak et l’enquête au criminel sur la fuite qui a révélé l’identité de Valerie Plame, l’agente de la CIA, épouse de l’ambassadeur Joe Wilson. Cependant, le scandale des tortures à la prison d’Abou Ghraib a ajouté une nouvelle dimension à cet ensemble : les crimes de guerre.

Ainsi, au Congrès, la révolte gronde dans les rangs démocrates, et même chez certains républicains. Huit parlementaires démocrates - Henry Waxman, David Obey, Tom Lantos, John Conyers, Ike Skelton, Jane Harman, John Dingell et Charles Rangel - ont déclaré qu’ils allaient ouvrir leur propre enquête sur la torture de prisonniers, demandant à nouveau au gouvernement de leur fournir les documents à ce sujet. Lyndon LaRouche a salué cette initiative, appelant « John Kerry à la soutenir ouvertement et à cesser d’être mou. Je lance un défi à Kerry : qu’il ait le courage de soutenir ces démocrates de la Chambre . »

Le 14 juin, la Commission des services armés de la Chambre devait se prononcer sur une résolution déposée par 40 démocrates, demandant au ministre de la Défense Donald Rumsfeld de remette au Congrès les photographies et documents mentionnés dans le rapport Taguba sur les sévices infligés aux prisonniers à Abou Ghraib, ainsi que des informations sur le personnel civil, travaillant pour des entreprises privées et impliqué dans l’interrogatoire des prisonniers.

Par ailleurs, les scandales concernant l’octroi de contrats en Irak sont toujours présents. Il s’agit de sociétés privées, principalement d’Halliburton/KBR, le géant des services dont Dick Cheney a été le PDG. Dernièrement, on a appris l’existence d’un e-mail envoyé par le Pentagone le 5 mars 2003, affirmant que l’octroi d’un contrat, sans appel d’offre, à Halliburton, à la veille de l’invasion de l’Irak, avait été coordonné avec le bureau du vice-président. Les contrats accordés par le Pentagone en Irak font l’objet de plusieurs enquêtes différentes et ont été au centre d’auditions à la Commission de la réforme gouvernementale de la Chambre le 15 juin, auditions obtenues en grande partie grâce aux pressions exercées par les membres démocrates de la Commission, notamment Henry Waxman.

Les difficultés de l’administration se reflètent dans les démissions presque simultanées du directeur de la CIA, George Tenet, et de son adjoint aux opérations, James Pavitt. On a l’impression que le premier, en particulier, a voulu quitter le « Titanic » avant qu’il ne coule, sachant que la guerre entre la Maison-Blanche et la communauté du renseignement ne ferait qu’empirer.

Ces deux démissions sont survenues au moment où il devenait évident que le scandale d’Abou Ghraib ne pourrait être endigué au niveau de quelques boucs émissaires, compte tenu des divers mémorandums du gouvernement montrant que le mépris pour les Conventions de Genève et le droit américain, était la politique adoptée délibérément par cette administration, au lendemain des attaques du 11 septembre 2001 et dès le début de la guerre en Afghanistan.

En effet, dans un mémorandum de janvier 2002 adressé au président Bush, l’avocat Alberto Gonzales avertissait que des responsables de l’administration risquaient d’être poursuivis pour crimes de guerre à cause du traitement subi par les prisonniers en Afghanistan et à Guantanamo. Ensuite, le Wall Street Journal a publié le 7 juin un mémorandum du Pentagone d’avril 2003, qui affirmait que le Président avait le pouvoir d’ordonner la torture et de bafouer les traités internationaux, ainsi que les lois américaines interdisant les sévices sur les prisonniers. Ce mémorandum fut approuvé par Rumsfeld et de hauts responsables civils du Pentagone - malgré les objections d’avocats militaires.

Le lendemain, le Washington Post et le New York Times révélaient à la une le contenu de mémorandums du ministère de la Justice (DOJ) qui leur avaient été transmis. On y apprend que c’est ce même ministère qui a fourni les arguments juridiques présentés dans le mémorandum du Pentagone déjà cité, ainsi que dans celui de Gonzales de janvier 2002. Rédigé par l’Office of Legal Counsel, un nid d’idéologues d’extrême-droite, le mémo du DOJ affirmait que les agents américains pratiquant des sévices sur des prisonniers, sur ordre du Président des Etats-Unis, ne peuvent être poursuivis dans le cadre de la loi américaine contre la torture.

Les mémos de la chancellerie sont parus dans ces deux quotidiens quelques heures seulement avant l’arrivée du ministre de la Justice John Ashcroft au Sénat, le 8 juin, pour une audition particulièrement tendue de la Commission judiciaire. A la différence de Tenet, Ashcroft semble prêt à couler avec le Titanic. Devant l’exigence des sénateurs qui réclamaient une copie des mémos sur les tortures, Ashcroft affirma qu’il n’était pas nécessaire de leur remettre des documents que possédait déjà la presse. Après le refus répété du ministre, qui n’invoqua même pas de motif juridique pour défendre sa position, le sénateur démocrate Joe Biden lui dit qu’il risquait d’être poursuivi pour « mépris envers le Congrès » - avertissement réitéré par le sénateur démocrate Richard Durbin.

Le 10 juin, le New York Times a publié deux commentaires qu’on peut considérer comme une mise en accusation de l’administration Bush par l’« establishment de la côte Est » au sujet des crimes de guerre :

Donald Gregg, ancien responsable de secteur de la CIA, qui avait été conseiller à la sécurité nationale du vice-président George Bush Sr. dans l’administration Reagan, a durement attaqué la politique de l’administration Bush en matière de torture ainsi que ses tentatives d’étouffer certains actes criminels commis en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo. Ces mémos rédigés par les avocats de l’administration Bush, estime Gregg, « ont ouvert la voie » aux tortures « et rendent ridicules les affirmations de l’administration selon lesquelles seuls quelques soldats isolés se seraient livrés à des sévices contre des prisonniers ». Selon Don Gregg, « rien ne peut discréditer aussi gravement la position de l’Amérique dans le monde - ou pire, notre idée de nous-mêmes - que ces décisions » autorisant la torture.

Le deuxième commentaire, intitulé « Un Américain à La Haye », est signé par un rédacteur de l’organe du Council on Foreign Relations (CFR), Foreign Affairs. Selon lui, des responsables de l’administration Bush pourraient être poursuivis pour crimes de guerre à La Haye, en vertu des mêmes arguments juridiques invoqués par les Etats-Unis pour la poursuite des dirigeants nazis à Nuremberg, ainsi que par les tribunaux jugeant les crimes de guerre commis au Rwanda et en Yougoslavie. « Suivant la doctrine de la responsabilité de commandement, des dirigeants peuvent être tenus pour responsables de crimes de guerre commis par leurs subordonnés, même s’ils n’ont pas donné l’ordre de les commettre, dès lors que ces dirigeants contrôlaient les exécuteurs, avaient des raisons d’être au courant de ces crimes, ne les ont pas empêchés et n’ont pas puni les criminels . »

En ce qui concerne l’affaire Valerie Plame, il a été confirmé la semaine dernière que Dick Cheney avait été interrogé par des procureurs fédéraux enquêtant sur la révélation de son identité à des journalistes. Il a également été rapporté, et confirmé, que le président Bush avait consulté un avocat privé dans cette affaire et qu’il était prêt à l’engager si nécessaire. Pour John Dean, ancien conseiller juridique de la Maison-Blanche du temps de Nixon, il s’agit là d’un « développement plutôt renversant et extraordinaire ». Il en déduit que le procureur spécial estime que Bush sait quelque chose sur cette affaire, peut-être sur l’identité de l’auteur de la fuite et sur les tentatives d’étouffer l’affaire. L’enquête s’intéresse surtout au bureau de Cheney dont le secrétaire général, Lewis Libby, est l’un des principaux suspects. Dès le début de 2003, l’EIR avait été informé du fait que le bureau de Cheney avait tenté de discréditer le mari de Plame, l’ancien ambassadeur Joe Wilson, afin de l’empêcher de dire publiquement que l’histoire de l’uranium nigérien, l’un des principaux prétextes de la guerre d’Irak, avait été entièrement fabriquée.

Au cœur de l’affaire sur les renseignements falsifiés sur l’Irak, on trouve le protégé de Cheney, Ahmed Chalabi, et son Congrès national irakien. Le FBI enquête actuellement sur l’accusation selon laquelle Chalabi et son principal adjoint pour le renseignement auraient communiqué des renseignements américains sensibles à des amis du réseau « Iran-Contra » à Téhéran. Même après que la CIA, le département d’Etat et d’autres aient jugé Chalabi peu fiable, Cheney et les néo-conservateurs au Pentagone continuaient d’utiliser ses « renseignements fabriqués ».

Mentir au Congrès et au peuple américain, lancer une guerre illégale, et commettre des crimes de guerre en violation des lois américaines et des conventions de Genève - et chercher ensuite à étouffer le tout - voilà qui est bien plus grave que le Watergate.

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