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Sur la conférence de la Wehrkunde à Munich

La rédaction
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La « Conférence annuelle sur la sécurité internationale » de Munich - baptisée réunion de la Wehrkunde - s’est déroulée dans une atmosphère quelque peu étrange cette année : les participants américains, européens, russes et asiatiques, semblaient être sur « des longueurs d’onde différentes ». Les participants non-américains, venant de pays membres ou non membres de l’OTAN, semblaient hésiter à adopter des positions claires et fermes envers la nouvelle administration américaine de George W. Bush.

Dans sa première prestation à l’étranger, le nouveau secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a déclaré en termes dépourvus d’ambiguïté que l’administration Bush poursuivra son programme de défense anti-missiles - quoi qu’en pensent les alliés européens de l’OTAN. Oui, nous pouvons discuter de défense anti-missiles, a dit Rumsfeld, mais la décision est déjà prise, définitivement. En termes tout aussi clairs, il s’est plaint de ce que l’Initiative de défense européenne, réaffirmée au dernier sommet de l’UE à Nice, tendrait à affaiblir l’OTAN, qui a au contraire besoin d’être renforcée. Il veut une décision sur le nouvel élargissement de l’OTAN d’ici l’année prochaine. A noter que Rumsfeld n’a pas mentionné une seule fois la Russie dans ses remarques, ignorant simplement le président du Conseil de sécurité russe Sergei Ivanov, tout en saluant les délégations du Japon, de Chine, d’Inde et de Singapour.

Plus brutalement encore que le nouveau ministre de la Défense, Henry Kissinger a averti les Européens, les Russes et les Asiatiques de ne pas provoquer l’ire des Etats-Unis s’ils ne voulaient pas s’attirer un châtiment de leur part. Sans donner de noms, il a attaqué les « dirigeants européens » qui ont critiqué les politiques américaines lorsqu’ils se sont rendus à Moscou. Laissant au vestiaire le langage diplomatique habituel, Kissinger a dit que le programme américain de défense anti-missiles n’est pas avant tout dirigé contre les « Etats voyous », comme la Corée du Nord et l’Iran avec leurs capacités limitées, mais plutôt contre les grandes puissances nucléaires comme la Russie, la Chine ou l’Inde. D’autres participants américains, comme les sénateurs Joseph Lieberman et McCain et l’ancien secrétaire à la Défense Cohen, ont affirmé que la politique de défense américaine est solidement soutenue par les deux partis.

Lorsqu’Ivanov a pris la parole le lendemain, Rumsfeld avait déjà quitté la conférence. Le Russe voit dans le programme de défense anti-missiles américain une violation du traité ABM de 1972 (décrit par Rumsfeld comme de l’« histoire ancienne »), brisant la tendance au contrôle des armements de ces dernières décennies. Mais Ivanov n’a pas présenté de grand dessein stratégique ; au contraire, il a fait un long tour d’horizon des réalisations, des problèmes et des doléances russes. Apparemment, les dirigeants russes veulent tester s’il est encore possible d’arriver à un accord bilatéral avec l’administration Bush.

Côté européen, les Allemands ont fait entendre, quoique prudemment, leurs sérieuses inquiétudes quant à l’impact qu’aurait une défense anti-missiles américaine, y compris sur la Russie et la Chine. Le porte-parole des chrétiens-démocrates en matière de politique étrangère, Karl Lamers, un « ancien » de l’ère de Helmut Kohl, a fait une intervention remarquée, lançant à Rumsfeld, de manière provocatrice, que si les Américains caressaient le « rêve de l’invulnérabilité », en pensant devenir « l’hégémon du monde », ils se laissaient aveugler par le même « mythe de Siegfried » d’invulnérabilité auquel les Allemands avaient cru dans le passé. Les Français ont gardé un profil bas. Ils semblent également chercher un accord spécial avec Bush. Quant aux représentants de l’Europe centrale et de l’Est, notamment les nouveaux membres de l’OTAN que sont la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, ils se sont fait remarquer par leur absence d’intervention.

Signalons enfin la présentation du conseiller à la sécurité nationale de l’Inde, Brajeesh Mishra, qui a rejeté les espoirs de certains à Washington qui voudraient voir l’Inde s’aligner stratégiquement sur les Etats-Unis contre la Russie et la Chine. Il a rappelé le « partenariat stratégique » entre New Delhi et Moscou et appelé à la création d’un « ordre mondial multipolaire », l’un des aspects dominants de la politique étrangère indienne.

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