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Syndrome grec : les émeutes qui cachent le krach (II)

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Dans sa livraison du 13 décembre 2008 le quotidien The Independant dévoile la vision britannique du « Syndrome grec » qui hante plusieurs pays d’Europe tels la France, l’Espagne, l’Italie, mais d’autres aussi.

Comme un clin d’oeil au livre de H.G. Wells The shape of things to come [La forme des choses à venir], qui anticipe la mise en place d’une dictature mondiale, l’article adopte ce titre interrogateur : Are Greek riots a taste of things to come ? [Les émeutes grecques, sont-elles un avant-goût des choses à venir]. Si jusqu’ici les médias affirmaient sans équivoque que le système bancaire grec se portait à merveille, le quotidien relève que « les évènements de cette semaine pourraient être appelés les premières émeutes du resserrement du crédit ».

Comme nous l’avons déjà rapporté, les privatisations sauvages tant du système de santé que du régime des retraites grecques, ont créé une situation de grogne sociale généralisée, mais légitime.

Plus d’une semaine avant l’éclatement des violentes émeutes pour lesquelles la mort du jeune Alexis Grigoroupoulos a servi d’étincelle, les médecins, les infirmières et le personnel médical, qui manifestaient devant les ministères pour obtenir le paiement de leurs salaires, furent violemment matraqués.

Aristotelia Peloni, journaliste au grand quotidien proche de la gauche Ta Nea souligne que, d’après tous les témoins oculaires, l’adolescent fut froidement abattu par un policier et non pas lors d’une altercation. La réalité de la provocation est confirmée par le rapport des légistes, prouvant que la balle provenait d’un tir direct et non pas d’un ricochet. Le policier fut d’ailleurs immédiatement inculpé pour « homicide volontaire » et « utilisation illégale » de son arme de service.

Le syndicat de la police de Grèce déclare son embarras : « Plus de 70% des policiers ne devraient même pas porter d’arme », affirme un membre du syndicat. « La plupart d’entre eux ont des problèmes psychologiques et il n’existe que cinq psychologues pour 50 000 policiers. Certains sont dépendants des jeux vidéos et adorent appuyer sur la gâchette ».

Cependant, beaucoup d’observateurs continuent à s’interroger sur la rapidité étonnante avec laquelle les émeutes ont suivi la mort de ce jeune. Dans un entretien du 11 décembre avec Polska Times, Ioannis Michaletos, un spécialiste grec du renseignement, affirme qu’il a fallu moins de 20 minutes pour faire descendre les gens dans la rue.

La mort du jeune, abattu à 21h03, fut annoncée sur Indymedia dès 21h30, accompagnée de mots d’ordre du type « vengeance pour le mort » et « tous dans la rue ». Ainsi, les émeutes étaient déjà énormes à 22h. La télévision grecque et les medias locaux, d’après des informations invérifiables, n’auraient appris la mort du jeune que quand les émeutiers les ont appelé en direct des rues d’Athènes !

Ensuite, les émeutes se sont répandues d’une façon quasiment instantanée à l’ensemble du pays. Dès le lendemain, près d’une cinquantaine de villes subissaient des batailles de rue et des groupes d’émeutiers allaient de ville en ville pour allumer des conflits. A Kozani, un groupe d’émeutiers d’Athènes avait loué un hôtel en soirée et démarra les émeutes dès l’aube.

Selon Michaletos, la police grecque s’attendait à des émeutes pour la période de Noël depuis août 2008. Des activistes étrangers ont afflué pour donner un coup de main, dont certains provenant d’ONG internationales. Michelotis affirme que si les Allemands fournissent l’essentiel de la main d’œuvre et que les Britanniques ont joué un rôle important dans la formation des « mouvements anti-fascistes » d’Athènes, on ne peut pas exclure l’implication active d’éléments plus ou moins privatisés de certains services de renseignement, y compris américain. Il pense également que le fait que la Grèce ait conclu des contrats intéressant avec la Russie, la Chine et la France dans le domaine énergétique peut conduire l’Arabie Saoudite à agiter certains réseaux pour déstabiliser le pays, situé au carrefour des Balkans.

Pour sa part, l’Independant souligne la similitude, en termes de chômage des jeunes, entre la Grèce (22% pour les 15-24 ans) et d’autres pays européens ayant une tradition de protestation populaire, en particulier la France, l’Italie et l’Espagne. « Le tag ‘L’insurrection qui vient’ (en référence au livre écrit par Julien Coupat et Benjamin Rosoux faisant l’éloge des actes de sabotage), apparu sur le consulat grec à Bordeaux est un avertissement très clair aux autres dirigeant européens » car « les économistes de pays ayant un chômage de jeunes aussi élevé, tels que l’Espagne et l’Italie, avertissent qu’ils doivent se préparer à des troubles ».

Le 20 décembre, l’Indépendant détaille comment le « Syndrome grec » gagne l’Europe : « Quand un étudiant grec éternue ou se fait arroser de gaz lacrymogène, les jeunes descendent dans la rue en France et maintenant en Suède. Hier, des jeunes cagoulés ont jetés deux bombes incendiaires sur l’Institut français d’Athènes. Les vitres ont été cassées mais le bâtiment ne fut pas trop endommagé. Ensuite des jeunes ont taggé deux slogans sur les murs. L’un disait : ‘Etincelle à Athènes, incendie à Paris, c’est l’insurrection qui vient’, tandis que l’autre affirmait : ‘France, Grèce, soulèvement partout’ ».

Mardi soir en Suède, à Malmö, une centaine de jeunes a caillassé la police et allumé les poubelles pour protester contre la fermeture d’une mosquée. Comme en Grèce, la police suédoise pense que des casseurs ont cherché délibérément à « criminaliser » une contestation légitime.*

L’Independant examine ensuite ce que peuvent avoir en commun les étudiants grecs, les lycéens français et les jeunes suédois : « Les protestations ont des caractéristiques communes : un mépris pour les institutions gouvernementales et le monde des affaires, aggravé par l’effondrement du système bancaire provoqué par leur cupidité ; une alliance large, pas forcément confortable entre des jeunes étudiants blancs de gauche et des jeunes d’origine étrangère de la deuxième génération ; tous se pensent comme faisant parti de la ‘génération sacrifiée’, celle des ‘600 euros’ ».

En France, dit l’auteur, « trois facteurs supplémentaires : une hostilité envers le capitalisme et la globalisation et le malaise persistant qui règne dans les banlieues des villes françaises. Après que Sarkozy eut reporté sa réforme de l’éducation, les étudiants furent encore plus nombreux qu’auparavant. Les étudiants interrogés dans les rues de Paris ne veulent rien savoir. Le président Sarkozy n’y peut rien, disent-ils. Il agit ‘sous les ordres de Bruxelles et de Washington’ pensent-ils. Pour eux, le vrai motif des coupes dans l’éducation c’est ‘le renflouement des banques’. »

Un poème manuscrit, Nous voulons un monde meilleur, distribué lors de l’enterrement d’Alexis Grigoropoulos à Athènes, révèle l’état de révolte et de désespoir de la jeunesse pour la génération qui l’a précédée : « Souvenez-vous, vous aussi avez été jeune ; maintenant vous courez derrière l’argent, vous ne vous souciez que des belles vitrines, vous êtes devenu gros’ (…) ‘Vous avez oublié ! Nous attendions votre soutien ; on espérait que cela vous aurez intéressé, que vous auriez été capable de nous redonner notre fierté’ (…) ‘En vain ! Vous vivez de fausses vies, vous baissez la tête, vous avez baissé le pantalon et vous attendez le jour de votre mort’ (…) ‘Où sont les parents ? Où sont les artistes ? Pourquoi n’êtes vous pas venu nous protéger ?’ ‘Post Scriptum : ne nous lancez pas de gaz lacrymogène, on pleure tout seul.’ »


Note :

*Le 11 décembre, Michaletos, affirme de façon surprenante que 30% des émeutiers d’Athènes étaient de jeunes étrangers vivant en Grèce (où, hélas, le droit du sang prévaut). Cela contraste avec le profil d’Alexis Grigoropoulos, issu des classes plutôt aisées. Pour sa part, la police grecque dénonce également la participation de ce qu’elle appelle « des étrangers clandestins ».

Cependant, ce qui inquiète, c’est que Michaletos, ait pu affirmer, dès le 11 décembre, que les émeutes d’Athènes n’étaient qu’une « répétition générale » et que l’élément "islamique", marginal pour l’instant, sera bientôt au cœur des émeutes. Par la suite, suivent une série de provocations, comme l’affaire de la mosquée de Malmö en Suède du 15 décembre, ou encore l’incendie criminel contre la mosquée de St-Priest près de Lyon en France le 20 décembre…

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