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Syrie : L’administration Obama vient d’enfreindre la Charte des Nations Unies

La rédaction
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20 août 2012 (Nouvelle Solidarité) – Expert en droit international et professeur à l’Université de l’Illinois, Francis Boyle accuse l’administration Obama de violer le droit international en armant les rebelles syriens. Connu pour avoir demandé à la Cour pénale internationale de lancer des mandats d’arrêt contre George Bush et Dick Cheney, le professeur Boyle s’en était déjà pris à Barack Obama lorsque furent lancées sans approbation du Congrès les opérations militaires en Libye. Cette fois-ci il dénonce la licence accordée par le département du Trésor autorisant l’ONG américaine Syrian Support Group (SSG) [1] à lever des fonds aux Etats-Unis pour acheminer des armes aux rebelles syriens.

Dans un courriel envoyé hier au quotidien du Massachusetts Worcester Telegram , Francis Boyle a déclaré que cette licence accordée le 23 juillet par Tim Geithner « place clairement le gouvernement des Etats-Unis en violation du droit international ». Le gouvernement américain, dit-il, vient d’enfreindre l’article 2 paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies établissant que : « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

Boyle a également critiqué le sénateur John Kerry pour sa défense de la licence, rappelant l’époque où M. Kerry s’était opposé à la fourniture d’armes aux Contras engagés contre le gouvernement nicaraguayen. « Le soutien militaire de l’administration Reagan aux Contras a été jugé par la Cour pénale internationale en 1986 comme une infraction au droit international », rappelle-t-il.

Le Worcester Telegram interroge aussi un professeur d’histoire du Moyen-Orient basé à l’Université de Worcester, Najib Saliba, qui dénonce l’hypocrisie des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de la Turquie qui s’allient avec les pays du Conseil de coopération du Golfe pour renverser le régime syrien au nom des Droits de l’homme. « Si ce conflit était mené pour la démocratie, les Droits de l’homme et la liberté d’expression, alors le Qatar et l’Arabie Saoudite ne le soutiendraient pas », explique-t-il en rappelant que ces six pays du Golfe sont tous des monarchies absolues dépourvues de toute Constitution. Ajoutons que plusieurs d’entre elles ont récemment réprimé dans la violence la plus brutale les manifestations d’opposants à leur régime.

Si Laurent Fabius vient de garantir que la France n’acceptera pas d’intervention militaire en Syrie hors du cadre légal international, on peut s’interroger sur le laissez-faire concernant l’armement des groupes salafistes et d’Al-Qaïda par le Qatar et l’Arabie Saoudite. L’attentisme satisfait de la France devant des opérations de déstabilisation régionale pouvant mener vers un conflit mondial rappelle étrangement Munich 1938.


[1Le SSG a été formé par un avocat de Chicago proche d’Obama – Mazen Asbabi, coordinateur national de la campagne 2008 d’Obama auprès des musulmans américains – et son lobbyiste à Washington est un ancien employé de l’OTAN – Brian Sayers.

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