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Syrie : le dangereux mirage d’une zone d’exclusion aérienne

La rédaction
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URGENT : Syrie, l’honneur de dire non - déclaration de J.Cheminade


28 août 2012 (Nouvelle Solidarité) – Hier, le Président François Hollande, livrant sa feuille de route aux ambassadeurs, l’a redit : la France ne participera pas à une intervention contre la Syrie sans mandat de l’ONU.

Cependant, une semaine après la Maison Blanche, Hollande, taquiné par la droite et en chute libre dans les sondages, a repris à son compte les déclarations de Barack Obama et de David Cameron affirmant que « l’utilisation ou la menace d’utilisation d’armes chimiques (par le régime syrien) était complètement inacceptable et les obligeraient à revoir leur approche » de la situation.

Pire encore, Hollande a reçu l’émir du Qatar à Paris alors que ce pays, avec l’Arabie Saoudite organise l’envoi de mercenaires en Syrie pour y renverser le régime. Les deux pays ont constaté leur « convergence de vues » sur la Syrie et « décidé de coordonner leurs efforts (…) afin qu’une transition politique ait lieu de manière ordonnée et dans les plus brefs délais », a déclaré la présidence française dans un communiqué.

A l’étude également avec nos partenaires anglo-américains, la création de « zones d’exclusion aérienne », rapidement rebaptisées « zones tampons ».

Dans Le Point, Jean Guisnel rappelle que la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne a été demandée le 8 août par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. Cependant, si l’annonce a fait le tour du monde, en vérité Mme Clinton n’a jamais cité le terme « no fly zone ». En réponse à un journaliste, précise Guisnel, elle avait seulement affirmé que « Ce sont exactement les points sur lesquels le ministre [turc] et moi sommes d’accord pour dire qu’ils nécessitent une analyse en profondeur plus poussée. C’est une chose de parler de toutes sortes d’actions possibles. Mais vous ne pouvez pas prendre des décisions motivées sans une analyse et une planification opérationnelle approfondies. »

Jean Guisnel affirme qu’en réalité, « la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’ensemble de la Syrie est totalement exclue. Elle serait peut-être possible, et encore, sur une zone très limitée. Dans une interview à l’AFP le 24 août, le diplomate et chercheur auprès de la Fondation de la recherche stratégique (FRS) François Heisbourg, qui participe actuellement aux discussions sur le futur Livre blanc de la défense, estime que la mise en place d’une telle zone serait aisée : "Militairement, c’est relativement facile et pas très compliqué. Faire une zone d’exclusion partielle est quelque chose qui est faisable, à petite échelle, à des fins humanitaires, le long de la frontière. Par exemple, sur 20 kilomètres le long de la frontière turque, vous prévenez le gouvernement syrien qu’aucune activité aérienne militaire de la Syrie ne sera acceptée. Ensuite, les Syriens mettent au défi ou ne mettent pas au défi." »

Guisnel, comme la plupart de nos experts militaires, bien loin des aboiements des ténors de l’UMP ou de BHL, reconnaît que « la Syrie n’est pas la Libye », car elle est une puissance militaire redoutable.

Pour le général Jean Fleury, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française qui s’exprimait dans une tribune sur le site du Monde, il est clair que « pour que l’aviation (française) puisse détruire les chars ou les pièces d’artillerie menaçant les civils, il faut qu’elle ait au préalable la maîtrise du ciel, c’est-à-dire mis hors de combat batteries sol-air et chasseurs ennemis. Dans le cas libyen, ce n’était pas trop difficile car la force aérienne du dictateur était peu opérationnelle et ses moyens terrestres de défense contre les avions ont été rapidement détruits. Pour la Syrie, la chanson n’est pas la même. Son armée de l’air totalise environ 500 avions de combat, soit deux fois plus que la nôtre ; bien qu’une partie d’entre eux seulement soit moderne, leur nombre et la qualité d’un entraînement conduit en vue d’une guerre éventuelle avec Israël en font un adversaire sérieux. Nous ne sommes pas de taille à l’affronter ».

Pour le général Jean-Patrick Gaviard, qui fut naguère commandant de la défense aérienne et des opérations aériennes de l’armée de l’air française, cité par Guisnel, « les nouveaux systèmes antiaériens russes sont de vraies véroles. Ils éclairent très peu leurs cibles, savent réseauter et renvoyer des pistes d’un système à l’autre en cas d’attaque. On sait que les Russes ont récemment livré du matériel performant. Ce ne serait pas une partie facile. La destruction du RF-4 Phantom turc début juillet par la DCA est un bon indice. Les Syriens ont su identifier, coordonner et donner l’ordre d’ouverture du feu avant la destruction. »

Ainsi, précise le général Fleury, « Pour venir à bout aujourd’hui de l’aviation de Bachar Al-Assad, il faudrait employer toute la machine de guerre américaine et utiliser les aéroports de Grèce et de Chypre, voire du Moyen-Orient. Pour la Libye, c’est notre armée de l’air seule qui a conduit le premier raid de libération de Benghazi. Si l’aide américaine a été indispensable pour la poursuite de la guerre, nous n’en avons pas moins effectué près du quart des missions de protection de la population menacée par Kadhafi, nous plaçant ainsi au premier rang de la coalition. Face à la Syrie, nous ne serions qu’une petite force d’appoint placée sous les ordres de Washington ; ce ne serait pas très glorieux. Quant à la zone d’exclusion aérienne réclamée par d’autres, elle pose exactement le même problème car pour détruire les appareils de Damas en vol, il faut une maîtrise du ciel encore plus parfaite ! »

Le premier élément indispensable pour interdire le survol d’une zone serait les avions radar Awacs. Pour contrôler la Syrie et ses abords, il en faudrait deux en permanence. Or, chaque avion patrouille huit heures. Il en faut donc six pour tenir 24 heures. Si on tient compte des temps de route et de maintenance, cette mission ne peut pas être conduite avec moins de douze avions. La France en possède quatre, dont un qui ne vole pas. Les Britanniques et l’Otan en disposent également, mais rien ne pourra se faire sans des moyens américains.

En conclusion, le général Fleury rappelle que « Les budgets militaires de la France sont passés en vingt ans de 3 % du PIB à 1,5 % ; ils ont été chaque année la variable d’ajustement des finances publiques, avec la promesse de jours meilleurs prochains... lesquels ne sont toujours pas là. Mais il est impossible aujourd’hui aux pouvoirs publics de proclamer cette faiblesse : la conclusion serait immédiate, le budget de la défense deviendrait prioritaire ce qui serait contradictoire avec les engagements du président de la République. Alors, finalement, le "niet" de Vladimir Poutine est bien pratique : il évite de poser les vraies questions. »

C’est le rôle d’un vrai Président... non ?


URGENT : Syrie, l’honneur de dire non - déclaration de J.Cheminade


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