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TNP : l’Iran renvoie la balle à Washington

La rédaction
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Dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le 17 septembre, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a accusé les Etats-Unis de violer le Traité de non prolifération (TNP). C’est ainsi qu’ils refusent le désarmement nucléaire et « nient aux Etats membres du TNP l’accès aux matériaux, équipements et technologie nucléaires à des fins pacifiques », notamment le cycle complet du combustible nucléaire. Ahmadinejad cita deux autres exemples de violation du traité par les Etats-Unis : leur doctrine de frappes nucléaires préemptives et la mise au point d’une nouvelle génération d’armes nucléaires. Si les Etats puissants devaient imposer un « système d’apartheid nucléaire », cela diviserait le monde entre nations promises à un avenir sombre ou prometteur.

Pour remédier à cette situation, le président iranien a proposé une coopération internationale constructive, dans l’esprit d’un « pacte collectif » :

  1. Mise sur pied par les Nations unies d’un comité ad hoc chargé de suivre les mécanismes et les stratégies de désarmement nucléaires et de dévoiler comment les matériaux nécessaires à l’arme nucléaire ont été transférés à Israël ;
  2. Création d’une zone sans armes nucléaires au Moyen-Orient. L’Assemblée générale de l’ONU devrait demander à l’AIEA de mettre en lumière les violations de l’article 4 du TNP, garantissant l’accès au cycle du combustible. Selon Ahmadinejad, il est nécessaire de disposer de tout le cycle pour éviter la dépendance envers des pays tiers. Il a précisé qu’actuellement, les contrats de livraison du combustible nucléaire ne comportent aucune obligation de fourniture ni garanties juridiques, et il faudrait régler ce problème. Le comité ad hoc pourrait revitaliser le TNP et empêcher « l’apartheid nucléaire ».
  3. Vu l’absence de différences technologiques entre les programmes de combustible nucléaire des différents pays, l’Iran est « prêt à entrer dans un partenariat sérieux avec les secteurs privés et publics d’autres pays pour la mise en œuvre des programmes d’enrichissement de l’uranium en Iran », ceci en vue de permettre « le plus haut degré de transparence ».
  4. L’Iran voudrait que les négociations soient menées avec d’autres membres de l’AIEA, et pas uniquement avec l’UE-3.

Avec ses propos, qui ont été largement répercutés dans une conférence de presse et au cours de différentes interviews, le dirigeant iranien a jeté le gant aux puissances conduites par les Etats-Unis, qui réclament la suppression pure et simple du programme nucléaire iranien. La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a clairement fait entendre dans son propre discours à l’Assemblée générale que le gouvernement Bush allait tenter de convaincre l’AIEA, lors de la session s’ouvrant le 19 septembre, de saisir le Conseil de sécurité. Cependant, pour l’heure, une majorité des pays membres de l’agence internationale ne sont pas favorables à cette option. La Russie, la Chine, l’Inde, les membres du Mouvement non aligné et d’autres pays en voie de développement défendent le « droit inaliénable » de l’Iran à la technologie nucléaire civile.

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