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Taxe Tobin : le ridicule tue

La rédaction
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Quel désaveu plus sanglant pour les anti-mondialistes d’Attac que le refus de James Tobin, prix Nobel d’économie et inventeur de la fameuse taxe, de voir son nom associé à ces « casseurs de carreaux » ! Dans une interview à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, l’économiste s’étonne de voir que la mesure qu’il avait proposée, dans le cadre d’une économie tout ce qu’il y a de plus libérale, puisse inspirer une telle fureur...

Pour lever tout ambiguïté, Tobin s’est déclaré « partisan du libéralisme, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce, contre lesquels ce mouvement (Attac, ndlr) se bat ». Et a précisé, pour tous ceux qui croyaient avoir trouvé un nouveau chemin pour la révolution, que sa taxe visait uniquement à « endiguer les fluctuations des cours des monnaies »... !

Mais comment expliquer alors ce déchaînement de violences autour des mesures qui ne feraient même pas éternuer les contrôleurs du système monétaire international ? La preuve en est que la Fondation Rockefeller, figure emblématique s’il en est de l’oligarchie financière, fait partie de la liste des contributeurs d’ATTAC.

Bien sûr, ATTAC accuse le système lui-même de déployer des provocateurs dans un effort de « criminaliser » le mouvement et le détourner de ses objectifs. Il est vrai que Bernard Cassen, son président, et Susan George, l’une de ses principales dirigeantes, ont tous deux dénoncé durement le crescendo des violences qui se déchaînent de sommet en sommet.

Mais là aussi, les dirigeants d’ATTAC nagent dans les ambiguïtés de leur propre idéologie Il suffit de lire Le Monde diplomatique, journal fondateur d’ATTAC, pour constater que la ligne de partage entre organisations violentes et non-violentes est, pour dire le moins, ténue.

Nous pensons, pour prendre un exemple récent, à l’article signé par Toni Negri dans le numéro de janvier 2001. Ancien dirigeant d’Autonomia Operaia, vitrine légale des Brigades Rouges italiennes, Toni Negri purge actuellement une peine de dix-sept ans de prison à Rome pour « insurrection armée contre l’Etat » et pour « responsabilité morale » dans les affrontements entre militants et police à Milan, entre 1973 et 1977. En tant que directeur du département de sciences politiques de l’université de Padoue, Toni Negri avait joué un rôle clé dans le recrutement et la formation des terroristes des Brigades Rouges. Le moment de gloire des Brigades Rouges fut, rappellons-le, l’assassinat du Premier ministre Aldo Moro, condamné par les terroristes pour avoir été à l’origine du « Compromis historique » entre la Démocratie chrétienne et le Parti communiste. Intéressant pour étudier les services que des organisations extrémistes peuvent offrir à l’oligarchie, l’ombre de Henry Kissinger apparaît souvent dans le dossier d’Aldo Moro, à tel point que la justice italienne a tenté, à plusieurs reprises, de faire comparaître l’ancien secrétaire d’Etat américain pour son rôle dans cette affaire. Les Etats-Unis étaient en effet très hostiles au compromis historique...

Loin de s’être rangé, comme certains auraient pu le croire, Toni Negri, très actif dans l’organisation des manifestations contre le G8 à Gênes, est ravi des nouvelles voies ouvertes à la lutte de classes par la contestation anti-globalisation. Toujours en quête d’un « nouveau communisme », il s’extasie devant cette « nouvelle étape de bataille des exploités contre le pouvoir du capital » et dans un ouvrage qu’il vient de faire paraître en français - Empire - une seule question le hante : « Comment la guerre civile des masses contre le capital-monde peut-elle éclater dans l’Empire », qui règne sur le monde aujourd’hui.

La vérité c’est que bon nombre de dirigeants et d’activistes d’ATTAC sont d’anciens communistes, d’anciens trostkystes, des Verts, des radicaux en mal de révolution. Ils rèvent toujours, au fond d’eux-mêmes, d’un retour en force de la lutte de classes et de révolution, un mot qui, pour eux, est forcément synonyme de casse et de combat de rue avec « l’ordre établi ».

Mais y a-t-il réellement confrontation avec l’ordre établi ? C’est là que le bât blesse. Au moment de la création d’ATTAC, ce mouvement avait pu soulever pour beaucoup un espoir. La charte d’ATTAC annonçait la création d’un puissant mouvement de lutte contre la spéculation. Le nom même d’ATTAC qui, au départ, faisait explicitement référence à la taxe Tobin fut modifié à la dernière minute pour ne pas limiter le mouvement à cette mesure que certains jugeaient par trop limitée. La charte d’ATTAC évoque également le nécessaire renforcement du rôle des Etats pour pouvoir réguler ses phénomènes.

On est aujourd’hui bien loin de cet esprit. Il y a eu effectivement radicalisation mais dans une voie qui aujourd’hui ne comporte plus de menace pour l’oligarchie financière. Incapable de s’unir autour d’une véritable alternative car traversé tout à la fois par des courants anti-capitalistes marxistes, des réformistes régulationnistes, des courants verts violemment opposés au progrès scientifique et technique et d’autres qui ne le sont pas forcément, ATTAC n’arrive à proposer que des mesures gadgets comme la taxe Tobin ou le solidarisme local de Porto Allegre.

Depuis sa création le mouvement a suivi une évolution qui n’est en rien annoncée dans sa charte, ce qui représente une fraude sur la marchandise pour les « milliers » d’adhérents qui ont rejoint ATTAC sur cette base. Sous l’impulsion de courants Verts comme celui de Teddy Goldsmith, ou de la Confédération paysanne avec sa lutte violente contre les laboratoires scientifiques, ATTAC a pris un air résolumment anti-technologique et anti-science. L’air est déjà connu : « La République n’a pas besoin de savants », criaient les courants réactionnaires de la Révolution qui roulaient pour l’oligarchie et contre les savants qui, aux côtés de Carnot et de Lafayette, se battaient pour une République à l’américaine... Teddy Goldsmith, rédacteur en chef de la revue l’Ecologiste et frère de Jimmy, le milliardaire anglais, ne cache pas le fait qu’il lutte contre la mondialisation parce qu’elle empêche le monde de retourner au tribalisme ! Or, Teddy Goldsmith qui finance les anti-mondialistes, s’exprime aujourd’hui au nom d’ATTAC.

A ce stade, au moment où le système financier tout entier s’effondre, au moment où il faudrait effectivement des mouvements de masse pour imposer au capital financier un véritable agiornamiento et des solutions de fond du type de celles préconisées par Lyndon LaRouche et son mouvement pour rebâtir l’économie productive, ce sont les troupes radicalisées d’un mouvement sans véritable objectif, violemment opposé au progrès scientifique et aux Etats, qui occupent le terrain politique, à la grande joie de l’oligarchie financière qui n’a aucune crainte à se faire devant un tel « assaut ».

Pendant que ce cirque occupe les rues et les esprits, le monde entre dans une dépression et le choix se pose, de façon de plus en plus aiguë, entre le maintien d’un système qui, comme on l’a vu en Argentine, ne peut plus survivre sans imposer une austérité fasciste sur les populations, et la survie des populations elles-mêmes. Face à une crise d’une telle ampleur, c’est la mise en règlement judiciaire du système monétaire international, au cours d’une conférence de type de celle de Bretton Woods et le retour à un système de contrôle de changes et de la monnaie qui doivent être mis sur l’agenda, avec, à la clé, la réorientation de l’argent vers de grands projets d’infrastructure en Eurasie et vers les pays du Sud. Seul un programme de cette ampleur pourra empêcher cette dépression d’avoir des conséquences bien plus graves que celle des années 30.

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