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Le secrétaire d’Etat américain Tillerson proclame la fin de la « doctrine Blair »

La rédaction
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Tony Blair est non seulement un criminel de guerre international ayant réussi jusqu’ici à échapper à des poursuites judiciaires, mais il est également l’auteur d’une doctrine justifiant les guerres de « changement de régime » et les « révolutions de couleur » qui sont à l’origine de millions de morts depuis l’énoncé de cette doctrine en avril 1999 à Chicago. Il y proposait une « doctrine de la communauté internationale » destinée à justifier des « interventions humanitaires » de l’OTAN, et c’est au nom de la « responsabilité de protéger » que les guerres en Irak, en Libye et en Syrie ont été menées.

Reprenant le même thème en 2004 pour défendre la guerre qui devait détruire l’Irak, Blair a souligné la nécessité de trouver une philosophie différente de celle sous-tendant le traité de Westphalie de 1648 qui mit fin à la Guerre de trente ans et qui reposait sur la reconnaissance du principe de souveraineté et sur l’idée de l’avantage mutuel entre pays.

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L’adoption de la doctrine Blair par les présidents Bush et Obama, sous l’impulsion de Blair lui-même, a conduit les Etats-Unis dans plusieurs aventures militaires à l’étranger, sans aucun effet positif. Le candidat Donald Trump a promis de mettre fin à cette politique, ce qui a beaucoup contribué à sa victoire.

On en a appris plus le 3 mai lors d’un discours prononcé par le secrétaire d’Etat Rex Tillerson devant le personnel du département d’Etat, dont le contenu a été très peu couvert. Tillerson a clairement expliqué la distinction entre les concepts de valeur et de politique, soulignant que les valeurs occidentales ne peuvent pas être imposées depuis l’extérieur, et que toute tentative en ce sens pourrait être contreproductive. Bien que la politique étrangère des Etats-Unis soit guidée par « nos valeurs fondamentales » (qu’il a identifiées comme étant la liberté, la dignité humaine, le respect des gens), ces valeurs « ne sont pas nos politiques, ce sont des valeurs ». Les politiques peuvent changer, les valeurs non, a-t-il expliqué.

Reconnaissant que les valeurs ne se dictent pas, il a ajouté :

Dès que nous insistons trop fortement pour que d’autres adoptent ces valeurs auxquelles nous sommes arrivés au terme d’une évolution historique qui nous est propre, cela crée de réels obstacles pour notre capacité à défende nos intérêts en matière de sécurité, ainsi que nos intérêts économiques. (…) Cela ne signifie pas que nous ne prônons pas, ou que nous n’aspirons pas à la liberté, à la dignité humaine et au bon traitement de gens de par le monde, au contraire.

J’entends des dirigeants dire partout dans le monde ’Vous ne pouvez pas exiger cela de nous. Nous ne pouvons avancer aussi vite, nous ne pouvons pas nous adapter aussi rapidement’ (...) ainsi nous devons, faire avancer notre sécurité nationale et nos intérêts économiques, et nos valeurs restent les mêmes.

Le secrétaire d’Etat a également longuement expliqué la politique de l’administration Trump à l’égard de la Chine, qui repose sur l’approfondissement du dialogue entre les deux pays, et sur leur volonté à « adopter un regard neuf sur ce à quoi ressemblera notre relation dans 50 ans ». Ainsi, les commentaires de Tillerson ouvrent la voie à une étroite collaboration entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine pour traiter les crises actuelles et celles à venir. C’est précisément ce potentiel que toute les déstabilisations contre Poutine et Trump, visaient à empêcher depuis l’élection de ce dernier.

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