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Turbulences monétaires en Europe de l’Est

La rédaction
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Suite à un brusque retrait de capitaux étrangers, la valeur de la lire turque et du forint hongrois a plongé par rapport à l’euro. Dans les deux cas, le Fonds monétaire international a contribué à intensifier, voire déclencher, la panique. Plus généralement, on assiste depuis le 10 mai à un krach global sur les « marchés émergents ».

Depuis début mai, la lire turque a chuté de 26 %. Dans le courant du mois, une délégation du FMI recommandait une « réforme » globale du système de sécurité sociale en échange de la poursuite du plan de « sauvetage » international. Le 7 juin, la banque centrale a augmenté son taux de base de 1,75 % pour le porter à 15 %, ce qui n’a cependant pas enrayé la chute de la lire. Le 13, pour la première fois en deux ans, la banque centrale a dû intervenir sur les marchés de devises afin de protéger sa monnaie. Sans grand effet. Puis le 22 juin, on a annoncé l’abandon de l’impôt sur la plus-value (appliqué depuis peu) pour les investissements étrangers en Turquie.

En Hongrie, la monnaie a perdu 10 % de sa valeur par rapport à l’euro depuis le début de l’année, avec une accélération ces derniers jours. Le gouvernement est actuellement aux prises avec le FMI et les agences de notation internationales. Le 10 juin, le gouvernement a annoncé un plan budgétaire censé permettre une baisse du déficit au cours des deux ans à venir ; représentant aujourd’hui 11 % du PNB, il devrait être ramené à 3 %, conformément aux critères de Maastricht. Malgré les coupes claires, l’agence Standard & Poor’s, jugeant le plan « insoutenable », a dégradé la note du forint, pour la rétrograder à seulement trois crans au-dessus du niveau « poubelle », provoquant une nouvelle attaque. Le 19 juin, la banque centrale a haussé ses taux de base pour la première fois en deux ans.

Ensuite, le FMI a déclaré que le plan budgétaire était mal ficelé, peu crédible et insuffisant pour renverser l’évolution de la dette. Le 21 juin, le Premier ministre Ferenc Gyurcsany a réagi de manière inhabituelle. Dans une interview au Financial Times, il a reconnu qu’il existe des « divergences de vue très claires » entre son gouvernement et le FMI : « Suivant l’opinion du FMI, nous devrions réduire plus rapidement les dépenses sociales et affaiblir le filet de sécurité sociale. » Les experts du Fonds ont recommandé de couper les pensions-retraite, les allocations familiales et les subventions au logement : « Ce sont des points très sensibles, et nous pensons que cela provoquerait des défis sociaux inacceptables ».

En Slovaquie, la banque centrale est intervenue le 21 juin sur les marchés des devises afin d’enrayer la chute de la couronne. Les marchés craignent que le nouveau gouvernement se refuse à adopter pas les coupes budgétaires draconiennes nécessaires pour assurer l’entrée du pays dans l’Union monétaire en 2009. En Pologne, le zloty a été mis sous pression suite à la démission du ministre des Finances Zyta Gilowska, accusée d’avoir coopéré avec les services secrets sous le régime communiste.

Globalement, sur les marchés émergents, la quantité d’actions détenues par des étrangers a chuté de 25 % depuis le 10 mai. Concrètement, 75 milliards de dollars (sur un total de 305) ont soit été retirés, soit volatilisés en raison des reculs boursiers.

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