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RIA Novosti

Un anniversaire qui donne la migraine

La rédaction
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par Vladimir Simonov

Ce serait bien d’être à Berlin le dimanche 25 mars. Il sera possible pendant vingt-quatre heures de se rendre dans 35 discothèques et clubs pour la somme de 13 € et tout cela aux frais de l’Etat. Et, surtout, on pourra voir près de trente leaders européens fêter l’anniversaire de leur grand et quelque peu terrible enfant, l’Union européenne née il y a cinquante ans.

Le 25 mars 1957, au Palazzo dei Conservatori de la capitale italienne, six Etats - la France, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie et les pays du Benelux - signaient le Traité de Rome portant fondation de la Communauté Economique Européenne (CEE), embryon de l’actuelle Union européenne.

Il est clair, même pour quelqu’un de non averti, que le Marché commun s’est transformé en un demi-siècle en une structure gigantesque, dont les 490 millions d’habitants originaires de 27 pays différents ont réellement beaucoup de choses en commun. L’Union européenne possède aujourd’hui une seule Banque centrale, une seule monnaie, des frontières ouvertes par endroits, des embryons d’armée et de police, un même passeport, une devise, un hymne et même des plaques d’immatriculation communes.

Au- dessus de tout cela, telle un chef d’orchestre exigeant face à ses musiciens, trône l’administration de Bruxelles qui dégage des fluides d’autosatisfaction et parfois même d’« élu de Dieu » .

Le 25 mars, ces gens nous expliqueront que la création de l’UE visait avant tout à faire régner en Europe la paix entre les anciens ennemis, à initier le continent aux valeurs morales et à améliorer le niveau de vie de l’Européen lambda. Nous ne les croirons pas. Les historiens affirment autre chose : c’est la peur d’une Allemagne renaissant à une vitesse fulgurante de ses cendres d’après guerre qui a poussé à agir les architectes de l’intégration européenne. A lier le sort de l’Allemagne au sort de ses voisins occidentaux de façon à empêcher une nouvelle guerre. Tel était le sens initial du Marché commun.

Cela ne signifie pas que les citoyens de l’UE n’ont pas obtenu la paix, qu’ils appréhendent déjà comme une banalité du quotidien, un peu comme la lumière du soleil.

Ils ont acquis beaucoup d’autres bonnes choses. A l’occasion de cet anniversaire, quelqu’un a dressé la liste des dix cadeaux offerts par l’Union européenne à ses ouailles et elle est impressionnante. Y figure la possibilité de voyager librement dans les quinze pays de la zone Schengen, de bénéficier de tous les avantages sociaux à l’étranger. Et le faible coût des billets d’avions et du téléphone en résultat de la concurrence européenne. Et la bonne qualité des produits alimentaires, de l’air, de l’eau des rivières, des plages, due en partie à l’instauration de normes identiques.

Le plus étonnant, c’est que l’UE est parvenue à tous ces bons résultats au cours de ces mêmes cinquante ans qui l’ont vue déchirée par des contradictions nationales féroces entre ses membres. Ils ont menacé de la faire couler et il ne fait aucun doute qu’ils continueront à proférer leurs menaces.

Le veto de Charles de Gaulle a empêché l’adhésion de la Grande-Bretagne à la CEE jusqu’en 1973. Le général avait peur de voir le Royaume Uni jouer, au sein de la Communauté, le rôle de cheval de Troie des Etats-Unis. De Gaulle n’a malheureusement pas vécu jusqu’à la guerre en Irak, ce qui lui aurait permis de se convaincre combien il avait raison.

Toute l’histoire ultérieure révèle un conflit entre deux conceptions diamétralement opposées de la vocation majeure de l’UE. L’une, dite française, place au centre les intérêts du continent et l’autre, atlantiste, a les faveurs enthousiastes de cette même Grande-Bretagne, rejointe par les nouveaux pays membres de l’Europe de l’Est.

Ces derniers temps, ces néophytes cherchent à inoculer à l’Europe leurs phobies fantomatiques de la Russie. L’apparition de cette nouvelle ligne de partage pousse à un résultat inattendu et peut-être même positif. La vieille Europe s’unit autour de l’idée d’un partenariat Russie - UE. Elle ne veut pas que le plombier polonais lui fasse la leçon, entre autres sur la façon de tourner le robinet des relations d’affaires traditionnelles.

La peur d’une invasion des plombiers polonais, de la mafia lituanienne et des prostituées bulgares aura été l’un des grands facteurs qui, en 2005, ont mis au placard le projet de constitution européenne. Les Hollandais lui ont dit « non » , effrayés à l’idée que leur petit pays libéral puisse être piétiné dans la foule des nouveaux membres turbulents déferlant suite à l’élargissement de l’UE. Le « non » a été suggéré aux Français par une envolée du chômage à 10 %.

C’est ici que nous abordons les mauvaises nouvelles. L’Europe unie fête son cinquantième anniversaire avec un épouvantable mal de tête. Elle est également dépressive, comme c’est souvent le cas à cet âge.

Le principal problème est économique. Les économies de l’UE progressent, bien entendu, mais pas aussi vite que l’on souhaiterait et avec un taux de chômage préoccupant. A la veille de cet anniversaire, le Financial Times et l’Institut Harris ont interrogé 6 772 citoyens de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne ; les résultats de ce sondage sont stupéfiants : 44 % des Européens estiment que leur vie s’est détériorée avec l’adhésion de leur pays à l’UE. Bien plus, 22 % voudraient en sortir, le plus vite étant le mieux.

Il est tout aussi intéressant de voir à quoi les personnes interrogées associent l’Union européenne, le club le plus à la mode du continent : à la bureaucratie pour 20 %, à la démocratie pour 9 % seulement.

Une position que comprennent, ô combien, les 750 000 « non-citoyens » russophones des pays Baltes qui sont toujours privés des principaux droits de l’homme. Le statut de pays membre de l’Europe unie et la réputation d’une réserve de non-droit sont parfois synonymes.

Les leaders de l’UE se préparent à signer, à Berlin, une déclaration appelée à expliquer aux générations futures le chemin sur lequel s’est engagée la nouvelle Europe. Mais, ils ne sont pas d’accord, encore une fois. La Grande-Bretagne est hostile au terme de « constitution » . La France exige que son modèle social soit décrété valeur fondamentale de l’UE. La Pologne rêve de faire mention de la chrétienté mais la France et certains autres pays y sont opposés.

Où donc diriges-tu tes pas, Europe unie ? Et bon anniversaire, où que tu ailles !

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