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Un blocus contre l’Iran est déjà un acte de guerre affirme l’ancien ambassadeur de France

La rédaction
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16 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Dans une tribune publiée dans Le Monde du 16 novembre sous le titre évocateur « Cessons de nous faire peur, la bombe iranienne n’est pas pour demain » , François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran, met en garde contre « l’entêtement de la diplomatie française » à se lancer dans une politique de sanctions « aux conséquences incalculables ».

Contrairement aux simplifications grossières que l’on trouve dans la grande presse, le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), généralement cité pour « prouver » que l’Iran est sur le point de disposer de la bombe atomique, met en lumière un point fondamental : « le programme clandestin d’acquisition de la bombe a bien été interrompu fin 2003 sur ordre venu du sommet de l’Etat. C’est ce que répètent depuis plusieurs années, contre vents et marées, les directeurs successifs de la communauté américaine du renseignement ».

Sans complaisance pour le régime en place, Nicoullaud rappelle « L’histoire des efforts de la République islamique pour acquérir l’arme nucléaire » , remonte en particulier à « la crainte de voir Saddam Hussein, alors en guerre contre l’Iran et soutenu par le monde entier, se doter de la bombe. Puis, vers la fin de la guerre, un arbitrage s’est sans doute opéré entre les activités d’acquisition de combustible, de production d’électricité et de recherche scientifique, confiées aux civils, et celles confiées aux militaires, en l’espèce les pasdarans ou "gardiens de la révolution" : ingénierie d’une tête nucléaire, développement d’un programme de missiles capables de l’emporter. Ce sont ces travaux d’ingénierie qui ont subi un coup d’arrêt, ou du moins un sérieux ralentissement, fin 2003 ».

De cela, l’ancien ambassadeur tire comme premier constat « que la bombe iranienne n’est pas pour demain. Et, une fois testé un premier engin, il faudrait encore plusieurs années pour l’adapter aux contraintes d’un transport balistique ».

Ensuite et surtout, « le coup d’arrêt de 2003, je peux en témoigner, est le fruit de la négociation menée à cette époque par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, à l’initiative de Dominique de Villepin, pour recadrer le programme nucléaire iranien. La relance en 2006 d’activités de recherche liées à la production d’un engin nucléaire coïncide, en revanche, avec la décision des Occidentaux de traîner l’Iran devant le Conseil de sécurité ».

Suit alors une mise en garde contre la politique de Sarkozy et Juppé : « L’on s’étonne donc de voir le gouvernement français réagir au rapport de l’AIEA en promettant à l’Iran, s’il continue de résister, "des sanctions sans précédent". Là encore, je peux témoigner de l’illusion récurrente qui a fait qu’à chaque vague de sanctions l’on se disait que cette fois-ci était la bonne, que le régime allait enfin plier et peut-être même casser. Mais le régime s’appuie au contraire sur l’hostilité du monde extérieur pour étayer une légitimité ébranlée en interne. »

Il conclut alors en soulignant le danger d’un tel aveuglement  : « Les sanctions économiques et financières envisagées, loin d’être une alternative aux frappes dont d’autres agitent par ailleurs la menace, y conduisent par paliers. Les embargos, en s’étendant et en se durcissant, se rapprochent des blocus. Or les blocus, en droit international, sont déjà des actes de guerre. Et cela sans parler de la guerre de l’ombre, certes conduite par d’autres, qui fait déjà ses victimes. Décidément, l’entêtement de la diplomatie française à poursuivre dans une voie aux conséquences incalculables et à y entraîner ses partenaires évoque la formule de Mark Twain : "Pour celui qui n’a qu’un marteau, tout prend la forme de clous." »

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