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Un cataclysme politique à Washington

La rédaction
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En annonçant le 24 mai qu’il quittait le Parti républicain pour s’inscrire comme indépendant, le sénateur du Vermont, James Jeffords, a provoqué des ondes de choc au sein de l’establishment politique. Un haut fonctionnaire a confié à la presse que l’ambiance qui règne à la Maison Blanche ressemblait à un enterrement. En fait, les implications de la décision de Jeffords pourraient s’avérer fatales pour George W. Bush, son gouvernement et son parti. On se rappellera que Lyndon LaRouche avait averti, dès la fin janvier, que ce gouvernement allait s’autodétruire.

Le résultat le plus immédiat de cette défection, qui deviendra effective le 5 juin au plus tard, c’est que les démocrates obtiennent la majorité (50 démocrates, 49 républicains et un indépendant) au Sénat. Le démocrate Tom Daschle remplacera Trent Lott à la présidence du Sénat et les démocrates reprendront les présidences de toutes les commissions sénatoriales, postes qu’ils avaient perdus depuis les élections de 1994. Il se pourrait, par exemple, que Tom Harkein, de l’Iowa, préside la Commission agricole, Joseph Biden celle des Affaires étrangères à la place de Jesse Helms, et Edward Kennedy celle de la Santé, de l’Education, du Travail et des Retraites, tandis que Patrick Leahy pourrait se retrouver à la tête de la Commission judiciaire.

Ces changements de charge et de majorité signifient que plus rien de ce que George W. Bush considérait comme acquis d’avance n’est sûr. Bien que les 1350 milliards de dollars de réduction d’impôts proposés par le gouvernement aient été approuvés par le Sénat avant la défection de Jeffords, la version définitive du programme doit encore être confirmée par les deux chambres. Il semble certain que le programme de défense antimissiles sera remis en question, ainsi que les propositions Bush-Cheney d’extension des forages pétroliers en Alaska (pour des raisons écologiques). Le sénateur Bingaman, futur président de la Commission à l’Energie, soutient un projet de loi fixant les prix de l’électricité en fonction des coûts. L’éducation est un autre domaine dans lequel les démocrates pourront exercer leur nouveau pouvoir, défendant notamment des financements pour des programmes spéciaux, tandis que dans le secteur de la santé, ils pourraient remettre sur le tapis certaines propositions en faveur des droits des patients, notamment celui de pouvoir poursuivre en justice les organismes privés qui rationnent les soins.

La présidence de la Commission judiciaire permettra aux démocrates de bloquer des nominations jugées trop conservatrices, y compris celle de juge à la Cour suprême. Forts du soutien des syndicats, ils pourraient aussi tenter de bloquer les procédures rapides de ratification des accords internationaux de libre-échange qui pénalisent les travailleurs américains. Les régulations dans le secteur bancaire seront à nouveau à l’ordre du jour, etc. Quant aux secteurs de l’économie faisant des profits astronomiques, comme l’industrie pétrolière, pharmaceutique et de défense, leurs valeurs boursières ont baissé le jour même de l’annonce de Jeffords, traduisant leurs craintes de voir les démocrates prendre des mesures pour restreindre leurs profits.

Hormis les conséquences politiques concrètes de la décision du sénateur Jeffords, son impact psychologique est encore plus marquant. Le président Bush ne s’en est toujours pas remis. C’est une gifle bien méritée, étant donné son intolérable arrogance. En effet, comme Jeffords l’a souligné dans sa déclaration, W. Bush est la cause principale de sa décision de quitter le parti. « Je me sentais de plus en plus en désaccord avec mon parti. Je comprends qu’il y ait beaucoup de gens qui soient plus conservateurs que moi et qui forment le Parti républicain. Etant donné le changement de nature du parti à l’échelle nationale, il est devenu difficile pour ses dirigeants de traiter avec moi, et pour moi de traiter avec eux. En fait, le résultat électoral du parti a renforcé le dilemme auquel j’étais confronté au sein du parti. Autrefois, sans avoir la présidence, les différentes ailes du Parti républicain au Congrès jouissaient d’une certaine liberté d’argumenter, d’influencer et, en fin de compte, de façonner le programme du parti. L’élection du président Bush a changé cela de manière brutale. (...)

« Pour ce qui est du futur, je peux déjà envisager de plus en plus de cas dans lesquels je serai en désaccord avec le Président sur des questions vraiment fondamentales - droits de la femme, orientation de la justice, décisions fiscales et de dépenses, défense antimissiles, énergie et environnement, ainsi qu’une multitude d’autres sujets, grands et petits. (...) Le plus important pour moi est celui de l’éducation. (...) »

En effet, non seulement Bush et Trent Lott empêchent tout débat à l’intérieur du parti, mais le premier a personnellement voulu punir Jeffords pour « désobéissance ». Ce dernier s’était en effet opposé à la proposition initiale de réduction d’impôts, votant à la place en faveur d’une solution de compromis. En représailles, il n’a pas été invité à une cérémonie donnée à la Maison Blanche le 23 avril pour décorer le meilleur enseignant des Etats-Unis, bien que celui-ci fût du Vermont et que Jeffords fût président de la Commission de l’Education. En outre, Bush et ses acolytes ont voulu faire réviser par le Sénat une convention laitière dont bénéficient en premier lieu les éleveurs du même Etat. Quand ils ont eu vent de l’éventuelle décision de Jeffords, Bush et Cheney l’ont rencontré en aparté et on peut imaginer quelles pressions ils ont exercées pour tenter de lui faire changer d’avis... mais sans succès.

Au lieu de dénoncer la « trahison » de Jeffords, de nombreux autres élus républicains l’ont soutenu. Le sénateur de l’Arizona, John McCain, dont la candidature à l’investiture républicaine avait été torpillée par la machine de Bush l’année dernière, a fait une déclaration favorable à Jeffords. « Peut-être que les gendarmes autoproclamés de la loyauté envers le parti apprendront à respecter les différences honorables existant entre nous, à accepter le désaccord sans en venir aux menaces personnelles et à reconnaître que nous sommes un parti suffisamment grand pour nous accommoder d’un peu moins que l’unanimité sur les questions du jour. La tolérance des divergences est la marque des partis politiques matures, et il est grand temps que le Parti républicain passe à l’âge adulte. »

Jeffords, un esprit indépendant, a une longue carrière à la Chambre des représentants et au Sénat. Député, il fut le premier républicain à s’opposer aux réductions fiscales pour les sociétés préconisées par le président Reagan. Il vota contre la nomination de l’ultraconservateur Clarence Thomas à la Cour suprême et fut le premier républicain à s’opposer à la destitution du président Clinton. L’Etat que Jeffords représente, le Vermont, est aussi connu pour son esprit d’indépendance, la plupart de ses électeurs étant d’ailleurs inscrits comme indépendants.

Les répercussions internationales de la défection de Jeffords sont immenses. Comme l’avait indiqué Lyndon LaRouche peu après l’entrée en fonctions de George W. Bush, son gouvernement était destiné à s’affaiblir, voire à s’autodétruire, en raison de conflits internes et de son incompétence absolue. LaRouche prévoyait que l’unilatéralisme arrogant de Bush et ses décisions provocatrices contre ses alliés et d’autres pays, provoqueraient un retour de bâton. Il proposait de constituer une coalition de forces à l’extérieur et à l’intérieur des Etats-Unis qui « mette le holà » à la folie émanant de la Maison Blanche.

Les signes d’un tel retour de bâton se sont multipliés au niveau international. Désormais, pour la première fois, une personnalité politique de haut rang à l’intérieur des Etats-Unis a ouvertement rejeté la folie et l’arrogance de Bush, et ce faisant, a changé la configuration politique dans le pays. On constate, partout aux Etats-Unis, un mouvement populaire croissant contre Bush et sa façon cavalière de bafouer l’intérêt public, notamment dans les domaines de l’énergie et de la santé, et ce mouvement est dirigé politiquement par le courant larouchiste du Parti démocrate. La décision de Jeffords montre que tout est possible, par exemple que d’autres républicains quittent le navire avant qu’il ne coule. En tout cas, une chose est sûre, le régime de Bush s’effrite.

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