Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Actualité
Brèves

Un discours remarquable du général Zinni

La rédaction
visites
642
commentaire

La guerre planifiée par l’administration Bush contre l’Irak n’est populaire ni auprès de la majorité de la population américaine, ni parmi les militaires de carrière. Le général (cr) Anthony Zinni, ancien chef du Commandement central de l’armée américaine (qui couvre le Moyen-Orient) s’est fait le porte-parole de nombreux officiers expérimentés. Le 10 octobre, il a affirmé avec force au Middle East Institute de Washington, l’importance de poursuivre une politique autre que celle adoptée par la Maison-Blanche. Il a expliqué que, depuis plusieurs décennies, le Commandement central avait mis sur pied des partenariats dans la région, qui sont actuellement menacés par l’action unilatérale des Etats-Unis. Historiquement, a-t-il fait remarquer, le Commandement central n’a pas basé d’importantes forces sur place, contrairement aux Commandements européen et pacifique, « de manière à montrer que nous ne sommes pas une puissance coloniale ».

Le général Zinni soutient totalement la guerre au terrorisme qui, cependant, ne doit pas être confondue avec de simples opérations militaires tactiques. « Le terrorisme est la manifestation de quelque chose de plus vaste ». Les causes de cet extrémisme ne seraient-elles pas d’ordre politique, économique et social plutôt que religieux ? Il a proposé que : « Nous devrions penser en termes de plan Marshall (...) un [plan] qui soit international, qui soit coopératif, qui cherche ce qu’il est nécessaire de faire sur le front économique, le front politique et le front social pour aider cette partie du monde si importante, si déterminante, à traverser cette situation difficile. » Cette approche serait préférable au « déclenchement de l’énergie cinétique » d’une frappe militaire, parce que « vous ne savez jamais ce qui va sortir de l’autre côté . »

Le général Zinni a ensuite ajouté : « J’ai quelques héros. L’un d’eux est George C. Marshall, un grand général qui nous a conduits, pendant une grande guerre, vers la victoire. Regardez ce que ce général a fait après la guerre. Il n’a pas cherché à mener d’autres guerres. Il n’a pas cherché à laisser les choses en l’état - un état qui génère de nouvelles guerres. Regardez le général MacArthur au Japon - un homme qui avait subi Bataan et Corregidor, qui avait perdu tant de ses soldats contre un ennemi terrifiant - et l’aide qu’il s’est efforcé d’apporter au peuple japonais, la façon dont il a utilisé d’autres moyens pour recréer la stabilité, la prospérité. Considérez les généraux Grant et Lee [de la guerre de Sécession américaine] ; Grant voulait la reddition la plus douce possible, où la dignité fût préservée, où l’amitié et les contacts puissent reprendre. Robert E. Lee n’a pas voulu se réfugier dans les collines pour mener une guérilla. Il savait que le temps était venu de guérir, et ce de la meilleure manière possible. Le général George Washington, qui évita une deuxième guerre avec l’Angleterre, en dépit de tous ceux qui le pressaient d’aller au combat une deuxième fois - un homme qui était passé par les tourments de la guerre à la tête de l’Armée continentale. Le général Eisenhower, qui ne voyait pas de solution en Indochine s’il s’y engageait, alors que les Français étaient impliqués avec le Viet Minh. Il y voyait une stratégie perdante, même si tout le monde parlait des obstacles qui tomberaient comme des dominos.

« Comme ces généraux, qui sont bien plus grands que moi, je ne pense pas que la violence et la guerre soient la solution. Il y a des moments où, en dernier ressort, à contre-cœur, vous devez partir en guerre. Mais en tant que général ayant vu la guerre de près (...), je vous dis que je n’ai jamais vu, à l’issue du combat de mon époque, quoi que ce soit qui ait justifié ce conflit. Je suis sûr que mon frère qui a servi en Corée, mes cousins qui ont servi dans le Pacifique et en Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale, mon père, qui avait combattu pour ce pays pendant la Première Guerre mondiale, et les autres 12% d’immigrés italiens qui étaient dans l’infanterie... ont sans doute une opinion différente de leurs guerres. Mes guerres, celles que j’ai vues, ont été mal menées.

« J’ai sur moi une citation du livre de Robert McNamara, En rétrospective, qui fut malheureusement écrit 30 ans après une guerre qui a mis 58.000 noms sur ce mur [du mémorial aux victimes de la guerre du Vietnam], qui a blessé 350.000 d’entre nous et brisé de nombreuses vies (...) McNamara disait : « Je veux remettre le Vietnam en perspective. Ceux d’entre nous des administrations Kennedy et Johnson qui participèrent aux décisions concernant le Vietnam, ont agi suivant ce que nous pensions être les principes et traditions de cette nation. Nous prenions nos décisions à la lumière de ces valeurs, et pourtant nous avions tort, terriblement tort. Nous devons expliquer pourquoi aux générations futures (...) Je crois vraiment que nous avons fait une erreur, non de valeurs et d’intentions mais de jugement et de capacités ».

« Eh bien, M. McNamara, les 24 heures par jour que j’ai passées et que mes troupes ont passées, c’était dans une jungle torride, à suer et à saigner à cause de cette erreur. Lorsqu’il [McNamara] démissionna en 1968, il ne voulut pas le faire sous forme d’objection ouverte à la guerre. La guerre a duré encore de nombreuses années et il y eut encore de nombreux morts. Je regrette qu’il ne se soit pas vraiment battu pour ce principe . »

Contactez-nous !

Don rapide