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Un historien britannique commente la « monstruosité » d’un empire américain

La rédaction
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Un éminent historien militaire et stratège britannique, le Pr Cornelli Barnett, nous a confié le 17 mars qu’il serait « fou » de lancer une nouvelle guerre en Irak. Elle déclencherait des processus « incontrôlables » qui saperaient l’ordre mondial dans son ensemble ainsi que les fondements du droit international. Le Pr Barnett, professeur au Churchill College de l’université de Cambridge, connaissait bien feu le Pr John Ericson, de l’université d’Edimbourg.

Selon lui, il est ridicule d’affirmer, comme le font les gouvernements anglais et américain, que « la France, l’Allemagne et la Russie sont responsables de la guerre puisqu’elles ne s’alignent pas docilement sur la position américaine. D’autant plus que les Etats-Unis furent le principal fondateur des Nations unies. L’insistance de Washington à dire que l’ONU n’est légitime que si elle applique la politique de Washington, est une monstruosité . »

Spécialiste de la Deuxième Guerre mondiale, Barnett a souligné les similitudes et différences entre 1939 et aujourd’hui. « Le problème, c’est que le recours à la guerre est intrinsèquement imprévisible. Quand Hitler et ses généraux attaquèrent la Pologne en 1939, ils étaient convaincus d’un succès rapide. Et en tant que tel, ce fut le cas. Mais c’était aussi le prélude à une guerre européenne et mondiale, avec la destruction qu’elle entraîna pour l’Allemagne elle-même. Cette clique à Washington et à Londres ne comprend pas du tout le caractère incontrôlable des processus déclenchés lorsque l’on commence une guerre . »

D’un autre côté, il estime absurde de vouloir tracer un parallèle entre Adolf Hitler et Saddam Hussein. « A l’époque, les Britanniques avaient un casus belli légitime et ne voulaient pas réellement partir en guerre. Aujourd’hui, on n’a même pas une situation semblable à celle de 1990-1991, où l’on avait une guerre légitime, mandatée par l’ONU, pour contenir l’agression irakienne. Saddam est sûrement un monstre, mais il a une capacité de menaces limitée. Il ne représente pas une menace directe pour nous et il n’y a pas de lien prouvé avec Al-Qaida. Il n’est même pas une menace pour le Moyen-Orient, puisque les avions américains et britanniques patrouillent constamment dans l’espace aérien irakien . »

Le professeur Barnett se dit entièrement d’accord avec le parallèle tracé par LaRouche entre le récit de Thucydide sur le sort de l’Athènes impériale et la tentation actuelle des Etats-Unis à devenir un empire. « L’effort pour établir un empire est incroyablement déstabilisant. La seule base d’un ordre mondial viable, ce sont les relations entre Etats souverains, dans le respect des frontières. Lorsqu’on le remplace par une mission « divine » pour faire tomber des régimes, la situation devient incroyablement dangereuse . »

Par ailleurs le 11 mars, la chaîne franco-allemande Arte a diffusé une émission de plusieurs heures sur la crise irakienne, avec une interview de l’analyste politique français Emmanuel Todd. Selon lui, depuis la chute du communisme, « le monde n’a plus connu de problèmes stratégiques majeurs. Le terrorisme n’est pas un problème stratégique, car on peut le traiter avec des opérations de police. (...) Aujourd’hui, les Etats-Unis veulent faire passer le monde d’une situation de paix à celle de guerre. C’est pourquoi il y a une crise irakienne . »

Les relations entre les Etats-Unis et le monde se sont inversées ces dernières années, selon Emmanuel Todd. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’Amérique n’avait pas besoin du reste du monde, son économie était forte et le monde demandait son aide. Toutefois, depuis, l’Eurasie et la « vieille Europe » connaissent des conditions différentes. Aujourd’hui, c’est l’Amérique qui a besoin des biens et surtout de l’argent de la « vielle Europe ». Les Etats-Unis ont un déficit commercial gigantesque et ont besoin de 500 milliards de dollars an, soit entre 1,2 et 1,5 milliard de dollars par jour de capitaux pour soutenir le dollar.

L’Amérique n’est donc plus dans une position de force ; elle ne peut plus contrôler l’Europe et n’a pas réussi à forcer les Russes à céder.

Concernant les relations transatlantiques, Todd estime que, pour le moment, les Etats-Unis ont obtenu le contraire de ce qu’ils voulaient. Pour la première fois depuis bien des décennies, l’Allemagne a dit « non » à la politique américaine et ce « non » a permis à la France de jouer son rôle à l’ONU. Très vite, les deux se sont présentés comme des acteurs stratégiques et la Russie s’en est rapprochée pour faire contrepoids aux Américains. Cette alliance pourrait devenir un pôle de stabilité à l’avenir, avec les atouts que sont la grande puissance économique de l’Europe et l’élément militaro-stratégique en Russie.

Pour ce qui est de l’ONU, Todd estime que si les Etats-Unis lancent une guerre sans autorisation de la communauté internationale, ils seront dans l’illégalité, mais l’ONU continuera d’exister. Dans ce cas, Todd suggère qu’elle installe son siège en Europe.

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