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Un parfum de Watergate

La rédaction
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Le 22 juillet, le groupe démocrate du Sénat américain a tenu une audition capitale pour évaluer l’ampleur des implications politiques et de sécurité provoquées par la divulgation à la presse de l’identité de l’agent secret Valerie Plame. Ils ont également examiné le comportement de la Maison-Blanche et du président Bush qui, en refusant de rechercher et de sanctionner les responsables, a aggravé les dégâts.

L’audition était présidée par le député Henry Waxman et le sénateur Byron Dorgan, directeur du Senate Democratic Policy Committee. Pour Waxman, la révélation de l’identité de Plame constitue non seulement « une trahison et un affront indéfendables à son encontre et envers ceux qui travaillent sur les lignes de front pour protéger l’Amérique », mais aussi « une violation indéfendable de notre sécurité nationale ». Le député, qui avait voté en faveur de l’invasion de l’Irak sur la base de ce qui s’est avéré être des mensonges et des demi-vérités quant aux armes de destruction massive (ADM) irakiennes, a clairement laissé entendre que le scandale Plame est aussi une histoire de mensonge. « Aujourd’hui, dit-il, nous connaissons la vérité. J’ai été trompé, comme le peuple américain a été trompé, et c’est le mari de Valerie Plame, l’ambassadeur Joe Wilson, qui a contribué à rétablir la vérité.

« Jusqu’à présent, la Maison-Blanche n’a fourni aucune preuve crédible d’un accord de vente d’uranium entre l’Irak et le Niger », qui constituait pourtant l’une des pièces clefs de la soit disant menace nucléaire irakienne. « Il semble plutôt que les conseillers du Président aient lancé une campagne de diffamation. (...) Nous n’avons qu’une information partielle sur ce qui s’est passé dans les heures et les jours qui ont suivi [la parution de l’article de Wilson rapportant les conclusions de sa mission au Niger] (...) mais nous savons qu’un mémorandum secret du département d’Etat exposant l’identité de Valerie [Plame] Wilson a circulé à bord d’Air Force One ; que Karl Rove, le plus proche conseiller du Président, a parlé de l’identité de Mme Wilson avec le chroniqueur Robert Novak et le journaliste du magazine Time Matthew Cooper ; et que Lewis Libby, chef de cabinet du bureau du vice-Président, a également parlé de Mme Wilson avec au moins un journaliste. » Selon Waxman, la Maison-Blanche a fait état de onze fuites sur le sujet.

Différents anciens analystes des services de renseignement ont déposé devant les sénateurs et tous ont souligné à quel point il est grave de révéler l’identité d’un agent secret. Cela met en danger non seulement l’agent, mais tout le réseau de personnes avec lesquelles il est en contact, clandestinement, dans des pays étrangers où les renseignements sont collectés.

« Les conséquences sont beaucoup plus sérieuses que je l’imaginais au départ », a déclaré le député John Conyers. La députée Louise Slaughter demanda aux témoins s’ils avaient déjà entendu dire, au cours de leur vie professionnelle, que la Maison-Blanche avait révélé l’identité d’un agent secret. Larry Johnson, ancien analyste à la CIA, fut catégorique : « Au grand jamais ! C’est sans précédent . »

L’ancien officier du renseignement militaire (DIA) Patrick LANG insista sur l’importance du facteur confiance dans le recrutement de citoyens étrangers pour devenir informateurs de la CIA. En cas de fuite, c’est toute leur confiance envers les Etats-Unis qui est mise en cause. « Lorsque non seulement la communauté du renseignement, mais le gouvernement élu (...) du premier pays au monde décide, délibérément et apparemment pour des raisons politiques éphémères et sans intérêt, de révéler l’identité d’un agent secret, la nouvelle fait l’effet d’un choc dans le monde entier. (...) "On ne peut pas faire confiance aux Américains", se dit-on. (...) C’est pourquoi on ne le fait jamais . »

Larry Johnson a démenti les affirmations du Parti républicain selon lesquelles Plame n’était pas vraiment un agent clandestin puisqu’elle travaillait au QG de la CIA à Langley, ou encore que c’est elle qui avait organisé la mission de son mari au Niger. Ces affirmations mensongères ont été répétées par différents parlementaires républicains.

Pour l’ancien officier traitant de la CIA Jim Marcinkowski, le refus de hauts responsables du gouvernement de prendre leurs responsabilités suite à cette rupture de la confiance, a créé un grand malaise à la centrale. « Ils ont joué à cache-cache avec la vérité et à des jeux sémantiques depuis plus de deux ans, aux dépens de la sécurité du peuple américain », dit-il.

Tandis que se déroulaient ces auditions, on apprenait dans le New York Times que le procureur spécial Patrick Fitzgerald envisage la possibilité d’inculper de parjure Karl Rove et Lewis Libby en raison des contradictions dans leurs témoignages et d’obstruction de la justice.

La Maison-Blanche tente désespérément d’enterrer l’affaire de l’uranium nigérien

EIR a appris de plusieurs sources à Washington que la Maison-Blanche fait son possible pour empêcher trois organes de presse de révéler les origines des documents falsifiés du gouvernement nigérien, destinés à faire croire que Saddam Hussein cherchait à obtenir d’importantes quantités d’uranium nigérien pour produire des armes nucléaires. Après avoir pris connaissance de ces documents, apparus en Italie fin 2001, Dick Cheney a demandé aux agences de renseignement de vérifier l’information, ce qui devait mener à la mission de l’ambassadeur Wilson au Niger en février 2002.

Une agence de presse, une chaîne de télévision et un journal américains ont chacun enquêté sur l’origine des faux. L’année dernière, l’émission de CBS, « 60 minutes », annula à la dernière minute la diffusion d’une séquence spéciale sur l’affaire de l’uranium nigérien pour couvrir le « scandale » qui venait d’éclater à propos du service militaire de George W. Bush. Les deux autres médias sont sur le point de terminer leurs enquêtes, et selon nos sources, la Maison-Blanche exerce des pressions pour qu’ils éteignent l’affaire.

En Italie, le parlement vient de conclure une étude sur les origines et les conséquences des faux, et selon certaines sources, le rapport mentionne parmi les principaux suspects Michael Ledeen, Dewey Clarridge, Ahmed Chalabi et Francis Brookes.

Rappelons que Ledeen travaille comme « consultant » auprès du service de renseignement italien SISMI depuis de longues années (depuis le début des années 80 et l’éclatement du scandale autour de la loge P2). En décembre 2001, à l’époque où les documents nigériens furent transmis au SISMI, il se rendit à Rome en compagnie d’Harold Rhode et de Lawrence Franklin du Pentagone, officiellement pour rencontrer Manucher Ghorbanifar, grand protagoniste de l’Affaire Iran-Contra. Franklin est à l’heure actuelle inculpé pour avoir transmis des informations secrètes à l’AIPAC ainsi qu’à un responsable de l’ambassade d’Israël.

Le fait que Clarridge, Chalabi et Brookes (liés à l’Iraqi National Congress (INC)), soient mentionnés est particulièrement intéressant. A la fin de l’année 2001, le tsar du contre-terrorisme de la Maison-Blanche était le général (cr) Wayne DOWNING. Il proposa de prendre Clarridge pour adjoint. Brookes venait du Rendon Group, un cabinet de « relations publiques » que le Pentagone a engagé pour promouvoir Chalabi et l’INC.

Quel est le rôle de la Maison-Blanche dans ces faux ? Le gouvernement a-t-il seulement exploité les renseignements pour parvenir à ses fins, ou bien un groupe de néo-conservateur autour de Cheney a-t-il pris part à leur fabrication ? Nul ne s’étonnera des efforts actuels de la Maison-Blanche pour empêcher cette affaire d’éclater au grand jour.

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