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Un premier faucon démissionne

La rédaction
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Richard Perle, l’un des principaux faucons de l’administration Bush, a été obligé de démissionner de son poste de président du Defense Policy Board (DPB), le 27 mars, à la suite de révélations portant sur plusieurs conflits d’intérêt.

Le premier scandale public impliquant Perle est apparu le 17 mars dans le New York Times, dans un article de Seymour Hersh, « Lunch avec le Président », qui revèle que la société d’investissement dirigée par Perle, Trireme Partners L.P., a essayer de profiter de son poste de conseiller du gouvernement pour décrocher des contrats avec des hommes d’affaires saoudiens. Trireme proposait notamment des investissements dans des entreprises travaillant pour la sécurité intérieure et la défense. Le magazine EIR du 21 mars a publié un dossier exposant le rôle de Perle et de son mentor, le vice-président Dick Cheney, demandant leur limogeage.

Depuis, d’autres éléments ont été publiés sur la façon dont Richard Perle aurait profité de son poste au Defense Policy Board pour s’enrichir. C’est ainsi que le géant des fibres optiques, Global Crossing, pour qui Perle a arrangé des contrats avec une société chinoise, lui a versé en échange 725 000 dollars. En outre, le 19 mars, il a tenu une téléconférence avec des investisseurs de Goldman Sachs sur le thème « Implications d’une guerre imminente... la Corée du Nord sera-t-elle la suivante ? ». Le but était de conseiller aux clients comment profiter financièrement des guerres que Perle s’efforce par ailleurs de provoquer.

Le 24 mars, un éditorial du New York Times réclamait la démission de Perle, observant que « les règles éthiques fédérales interdisent l’utilisation de fonctions officielles pour des bénéfices privés. M. Perle devra choisir entre ses gains [les 725 000 dollars que lui a versés le géant des télécommunications Global Crossing] et son mandat [au Defense Policy Board]. » On pense que Perle a été obligé de démissionner de manière à protéger Cheney, dont les activités avec des compagnies faisant des affaires grâce à la guerre, comme Halliburton, sont sous enquête.

Bien qu’il ait démissionné de la présidence, Perle demeure membre du DPB. Le député démocrate du Michigan, John Conyers, qui avait lancé la première enquête sur Perle, a fait remarquer que sa démission n’efface pas le conflit d’intérêt, et donc le délit. C’est pourquoi l’enquête doit se poursuivre afin de déterminer quels services Perle a fournis en échange des sommes encaissées.

Rappelons quelques « temps forts » de la carrière de Perle. En 1978, alors qu’il travaillait à la sous-commission permanente d’enquêtes du Sénat, présidée par Henry Jackson, il a reçu l’architecte du « choc des civilisations », le Dr Bernard Lewis. Pendant l’administration Reagan, il fut l’adjoint du sous-secrétaire à la Défense chargé de la politique de sécurité internationale, et fut soupçonné d’être impliqué dans la cabale protégeant Jonathan Pollard, un Américain condamné pour espionnage pour le compte d’Israël. En 1996, Perle collabora à la rédaction du document « Clean Break », qui recommandait à Israël de mener des guerres contre ses voisins arabes et de mettre en pièces les accords d’Oslo. Ce document était préparé pour le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahou, qui le présenta comme étant sa politique lors d’une session conjointe du Congrès américain. Enfin, Perle est un défenseur acharné de la guerre contre l’Irak et contre la Corée du Nord.

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