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Une communauté de principe doit sous-tendre un monde multipolaire

La rédaction
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Lors d’un séminaire international de haut niveau à New Delhi les 16 et 17 février, le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine et son homologue indien Jaswant Singh ont discuté du concept de « communauté de principe » entre nations sur lequel doit reposer la création d’un monde multipolaire.

Hubert Védrine a également rencontré le Premier ministre AB Vajpayee pendant sa visite. Une semaine auparavant, le secrétaire principal et Conseiller spécial à la sécurité nationale du Premier ministre indien, Brajesh Mishra, s’était rendu à Paris après avoir participé à la conférence de la Wehrkunde à Munich .

Au séminaire de Delhi, Jaswant Singh a appelé à un « concert de sociétés ouvertes » soutenu par un « réseau d’institutions publiques et de sociétés civiles », afin de construire un « ordre pluriel » dans le monde. Selon lui, les dirigeants indiens et français « ont constamment choisi l’universel plutôt que l’étroit ou l’esprit de clocher » et se trouvent donc « dans une position unique pour contribuer » à un monde multipolaire.

Hubert Védrine a déclaré vouloir remplacer la prépondérance américaine dans le monde par un système ayant de nombreux « pôles » différents, « qui ne s’opposent pas en pôles, ou alliances de pôles, antagonistes, mais entretiennent entre eux des relations fondées sur la coopération ». Pour lui, la multipolarité ne signifie pas créer de nouveaux blocs rivaux, mais construire des relations de coopération entre les grandes puissances. « Où serait alors le progrès si en fin de compte des blocs se reconstituaient, propices à un jeu d’alliances et de contre-alliances de pôles contre pôles, porteur d’instabilité durable ? »

Védrine a déclaré que la France, « dans cet esprit de recherche d’une multipolarité maîtrisée et constructive (...) a engagé un dialogue précurseur avec tous les autres pôles potentiels : dialogue permanent et multiforme avec les Etats-Unis, qui sont nos amis et nos alliés, mais par rapport auxquels nous ne sommes pas alignés, développement de nos relations avec la Russie pour établir un partenariat stratégique euro-russe à long terme,, (...) partenariat global avec la Chine, dialogue stratégique de plus en plus nourri avec l’Inde naturellement », ainsi qu’avec le Japon, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres Etats. Védrine a soulevé le problème de l’interventionnisme au nom des « droits de l’homme » : « (...) la manière dont parfois les pays occidentaux les imposent sous la menace, ou les instrumentalise en les orientant, peut susciter méfiance ou rejet, car on peut quelquefois y déceler des conceptions néocolonialistes ou des jeux indirects de puissance. »

Si la France et l’Inde ont clairement indiqué leur opposition au poids exagéré des Etats-Unis dans les relations internationales, les deux ministres ont souligné que leurs politiques ne sont pas anti-américaines. Le Français a spécifié qu’un monde plus équilibré était dans l’intérêt des Etats-Unis même, avançant que les « Etats-Unis sont et restent d’ailleurs un facteur central et majeur de la stabilité internationale. Il n’empêche que ce système trop unipolaire est excessif, contestable et comporte des aspects néfastes, y compris pour les Etats-Unis. »

Après avoir évoqué le malaise en France, en Russie, en Chine et en Inde quant à l’hégémonie américaine, Singh a précisé que tous « ces pays continuent à jouir d’importantes relations bilatérales avec les Etats-Unis ».

Védrine a aussi accordé un long entretien au quotidien de langue anglaise The Hindu, publié le 15 février. Interrogé sur son concept de monde multipolaire, il a répondu que, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, « nous vivons dans un monde transformé (...) dans lequel une puissance a la suprématie dans tous les domaines et c’est les Etats-Unis. (...) J’ai donc dit que les Etats-Unis sont une "hyperpuissance". Ce n’est pas une critique, mais seulement un constat. Nous sentons bien que ce n’est pas une bonne situation. En effet, le monde est divers. Et nous croyons que le maintien et la protection de la diversité à travers le monde est une question cruciale (...) Nous croyons en un monde dans lequel il n’y aura pas seulement un pôle américain. Si nous avions d’autres pôles en Inde, en Chine, en Russie, en Europe et peut-être aussi ailleurs, et si évidemment ces divers pôles coopéraient et travaillaient ensemble, ce serait un monde meilleur. »

Quant aux relations franco-indiennes, Védrine a indiqué que la France est prête à accroître sa coopération avec l’Inde « dans le domaine de la technologie nucléaire civile. Ceci répondrait et satisferait à un grand besoin en Inde. » Il a ajouté que « l’Inde doit montrer qu’elle est prête à accepter les accords internationaux [sur le nucléaire] ».

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