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Vers la fin du libéralisme : l’équipe économique de Clinton lance le projet Hamilton

La rédaction
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Lors d’une conférence à la Brookings Institution le 5 avril, un groupe d’économistes du gouvernement Clinton, conduit par l’ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin, a annoncé le lancement du Projet Hamilton - une initiative destinée à définir une nouvelle politique économique, basée sur les principes élaborés par le premier secrétaire au Trésor (ministre des Finances) des Etats-Unis nouvellement créés, Alexander Hamilton. Parmi les membres du projet, citons Roger Altmann, Laura D’Andrea Tyson et Alan Blinder, ainsi qu’un collaborateur de la Brookings, Peter Orszag. A cette occasion, Hamilton Project a rendu public un document de 24 pages intitulé « An Economic Strategy To Advance Opportunity, Prosperity, and Growth » qui met l’accent sur le rôle du gouvernement fédéral dans le financement de l’infrastructure, de l’éducation, de la recherche et du développement.

Lors du briefing de lancement, Rubin déclara que le groupe allait promouvoir une perspective « diamétralement opposée à celle du régime politique actuel ». Récapitulant les mesures économiques de l’administration Bush, il estima qu’« elle est sur la mauvaise voie dans presque tous les domaines ». Il faut s’attaquer à divers problèmes, « déséquilibres fiscaux, allocations, faibles taux d’épargne personnelle, dette élevée et déficit du compte courant. Aucun autre pays développé du monde ne connaît une telle combinaison de déséquilibres. » Par ailleurs, l’ancien ministre des Finances souligna que le projet allait chercher à recruter des républicains modérés pour que l’effort soit bipartisan.

Le document commence par une référence directe à Hamilton : « Le Projet a pris le nom d’Alexander Hamilton, le premier secrétaire au Trésor de la nation, qui jeta les bases de l’économie américaine moderne. Immigré d’origine pauvre et autodidacte dans sa jeunesse, Hamilton symbolise les valeurs américaines traditionnelles d’opportunités à saisir et d’ascenseur social qui motivent le travail du Projet. Il favorisa les marchés de capitaux de la nation, encouragea le commerce et défendit une politique fiscale saine. Les principes directeurs du Projet sont cohérents avec la conviction profonde d’Hamilton selon laquelle la possibilité pour tous d’avancer serait la locomotive de la croissance économique, motivant les gens à utiliser toute la gamme de leurs capacités. Il reconnaissait non seulement le pouvoir considérable des marchés à contribuer à la croissance économique, mais aussi la nécessité pour le gouvernement de fournir aides et encouragements prudents afin d’améliorer et de guider les forces du marché. Hamilton fut le premier architecte de la prospérité américaine, il est un symbole approprié de ce que nous tentons de faire en ce moment. »

La conférence du Hamilton Project a été couverte à la une du Financial Times du 6 avril, assortie d’une photo de Rubin, ainsi que dans un éditorial. L’Associated Press y a également consacré une dépêche. Un compte-rendu de l’événement est disponible en format audio sur le site du projet www.hamiltonproject.org.

Hollings contribue à la « renaissance d’Hamilton »

Dans l’édition du 30 mars de American Prospect Online, l’ancien sénateur démocrate Ernest Hollings apporte une contribution décisive à la « renaissance d’Hamilton » à l’intérieur du Parti démocrate. Le sénateur de Caroline du Sud, qui a défendu l’infrastructure et la protection publiques pendant les 38 ans où il siégea au Congrès, jusqu’à sa retraite en 2004, fait d’abord référence à l’OPA d’une société de Dubaï sur la gestion des ports américains. Il estime que ce fiasco pourrait avoir un effet positif dans la mesure où les gens se sont aperçus que le gouvernement n’avait « pas du tout réfléchi à la sécurité » des ports, « il a pensé que ce qui est bon pour les transnationales, pour la mondialisation, était bon pour le pays. »

L’Amérique s’est bâtie grâce au protectionnisme, dit-il. Alexander Hamilton lança une « guerre commerciale » contre la Grande-Bretagne : « La première loi adoptée, le 4 juillet 1789, portait sur le sceau des Etats-Unis. La deuxième sur un tarif douanier de 50 % sur de nombreux articles. » De puissant centre de production au début du XXème siècle, les Etats-Unis ferment aujourd’hui les industries. Les présidents Carter, Reagan et Bush 41 ont opposé leur veto à des lois protectionnistes, si bien que « l’Amérique des corporations a reçu le message : notre niveau de vie et la production intérieure ne seront plus protégés - mieux vaut s’installer outre-mer. » Hollings critique Clinton pour l’Accord de libre échange nord-américain : « le Parti démocrate a abandonné les travailleurs au profit de Corporate America », dit-il, fustigeant particulièrement le Democratic Leadership Council.

Aujourd’hui que tout est délocalisé - industries, emplois de services, métiers qualifiés, notamment celui d’ingénieur - « la dette nationale a augmenté de 2,5 milliards de dollars au cours des cinq dernières années. Les étrangers ont financé la majorité de cette dette. Maintenant, ces dollars retournent au pays car les étrangers accaparent la production des Etats-Unis. 8600 sociétés américaines sont passées sous contrôle étranger au cours des 10 dernières années, pour un coût total de 1,3 milliards de dollars. »

Hollings estime que « le gouvernement devrait protéger l’économie. Malheureusement, les partis républicain et démocrate au Congrès sont en compétition pour les contributions de campagne. Et c’est la "cinquième colonne" qui a l’argent. »

Pour l’ancien sénateur démocrate, l’Amérique doit donner un coup d’arrêt à la suppression des emplois, mettre fin aux avantages fiscaux et aux déductions pour royalties dont bénéficie la production offshore et fermer les paradis fiscaux offshore. En plus, les Etats-Unis devraient quitter l’OMC et mieux financer l’enseignement des mathématiques et des sciences et l’ingénierie.

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