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Vers un renouveau du programme « Atomes pour la paix » ?

La rédaction
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Soixante-quatorze Etats et dix organisations internationales se sont réunis les 21 et 22 mars à Paris, à l’occasion de la « Conférence internationale sur l’énergie nucléaire pour le XXIème siècle », organisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en collaboration avec l’OCDE. C’est la première fois depuis le lancement du programme « Atomes pour la paix » en 1954, qu’une conférence internationale d’une telle ampleur est consacrée à ce thème.

Patrick Devedjian, le ministre français de l’Industrie qui accueillait la conférence, a relayé l’appel, « émanant tout particulièrement des pays en développement », pour que les institutions consacrées au développement prennent en compte, dans leurs programmes d’aide, les potentialités de l’énergie nucléaire pour la compétitivité des économies et la lutte contre le changement climatique.

Dans son discours d’ouverture, le directeur de l’AIEA, Mohamad El-Baradei, a évoqué la « renaissance » de la technologie nucléaire au cours de ces dernières années, notamment en Asie : sur les 31 réacteurs nucléaires les plus récents au monde, 22 sont installés en Asie, et sur les 27 actuellement en chantier, 18 se trouvent également en Asie. D’autre part, il existe déjà des projets de construction pour 127 nouveaux réacteurs de quelque 1000 mégawatts, la plupart en Chine et en Russie. D’ici 2020, la CHINE compte augmenter sa production d’énergie nucléaire de 6,5 gigawatts à 40 gigawatts et la Russie de 40 à 45 gigawatts. Quant à l’Inde, elle prévoit un effort spécial pour décupler sa production au cours des 10 à 15 ans à venir. Un aspect particulier de la renaissance du nucléaire vient de l’Afrique du Sud qui projette de construire entre 30 et 40 réacteurs à haute température, de conception sud-africaine, pour couvrir environ 10% des besoins énergétiques du pays d’ici 2020.

Des projets nucléaires sont prévus dans de nombreux pays, dont la Turquie, la Finlande, la Tchéquie, la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie et l’Iran. L’Allemagne, toutefois, reste ferme dans son refus du nucléaire, même si la hausse des prix du pétrole fait monter la pression publique en sens contraire. Le ministre allemand de l’Ecologie, Juergen Trittin, n’est d’ailleurs pas venu à Paris.

Par contre, le ministre italien de l’Industrie, Antonio Marzano, a déclaré à Paris que l’attitude est en train de changer en Italie, où la technologie nucléaire est interdite depuis un référendum organisé en 1987, suite à la catastrophe de Tchernobyl : « Quant à l’énergie nucléaire, nous constatons un changement net au niveau de l’opinion publique, notamment chez la jeune génération . »

La déclaration finale de la conférence de Paris note que la vaste majorité des participants ont affirmé que le nucléaire peut contribuer de manière majeure à faire face aux besoins énergétiques et à soutenir le développement du monde au XXIème siècle, l’énergie étant essentielle au développement humain. La déclaration appelle aussi à la mise au point de « systèmes nucléaires innovants ».

Le secrétaire général de l’OCDE, Donald J. Johnston, a déploré dans son discours du 21 mars le fait que 1,5 milliard d’êtres humains n’ont toujours pas accès à l’électricité et que pour renverser cet état de fait, tout en assurant un approvisionnement suffisant au reste du monde, il faudra des investissements se montant à 14 000 milliards de dollars au cours des 45 ans à venir. Ce serait impossible sans le nucléaire, dit Johnston, qui a également qualifié la fusion thermonucléaire de progrès technologique nécessaire, qu’il faudrait s’atteler à développer dans les années à venir.

A la conférence de presse finale, el-Baradei a rappelé que la consommation d’électricité par personne au Ghana et au Nigéria, qu’il venait de visiter, est respectivement de 300 et 70 kilowattheures par an, ce qui correspond à une disponibilité moyenne de 8 watts par Nigérian, pas même de quoi alimenter une ampoule ! Ces chiffres sont à comparer à ceux de la France, où la consommation par personne dépasse 7300 kWh par an.

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