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Vers une crise des produits dérivés de crédit

La rédaction
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Dans le monde financier, la perspective de difficultés imminentes dans le secteur des produits dérivés de crédit, où la croissance est la plus forte, suscite une nervosité perceptible. Les produits dérivés de crédit, comme les contrats dérivés sur défaut (CDS) et les titres garantis par des créances (CDO), constituent en fait des paris sur des dettes non échues ou des crédits bancaires de grandes sociétés. L’issue du pari peut se solder par un « déclassement » du titre en question et, naturellement, par un défaut de paiement sur la dette.

Dans son rapport semi-annuel publié le 28 septembre, l’Association internationale des swaps et des produits dérivés (ISDA), qui regroupe les 650 plus gros courtiers en produits dérivés, révèle que le volume des encours en produits dérivés de crédit s’élevait à 12 430 milliards de dollars à la fin du mois de juin, soit 48 % de plus qu’au début de l’année (8 420 milliards) et 128 % de plus qu’à la même époque de 2004 (5440 milliards fin juin 2004). Selon l’agence de notation Fitch, les hedge funds contrôlent actuellement 30 % du volume des produits dérivés de crédit échangés.

La croissance explosive de ces produits dépasse l’infrastructure commerciale existante, si bien que l’on se retrouve avec une énorme quantité de contrats en produits dérivés de crédit qui n’ont pas encore été signés - qui n’ont donc aucune existence légale - par l’une des parties contractantes. On constate aussi d’autres « problèmes post-marché » (back-office). En cas de défaut de paiement sur une dette sous-jacente, on risque d’avoir affaire à des faillites en chaîne, du fait que, avant d’honorer ses obligations sur les produits dérivés de crédit, chaque partie contactera d’abord son avocat.

Tirant la sonnette d’alarme le 30 septembre, le Financial Times titrait : « Un embouteillage dans les produits dérivés de crédit pourrait provoquer une épreuve de force ». Le quotidien de la City faisait état d’une réunion extraordinaire de grands courtiers en produits dérivés de crédit et de régulateurs bancaires à la Réserve fédérale de New York : « Les grandes banques d’investissement américaines et européennes devraient annoncer aujourd’hui à la Réserve fédérale de New York leur intention de prendre des mesures sur les arriérés post-marché (...) des produits dérivés de crédit. Elles s’engageront par lettre à éliminer "virtuellement tous" leurs arriérés d’ici juin. (...) Néanmoins, ces plans pourraient provoquer une confrontation entre les banques et les hedge funds qui sont leurs clients. Les régulateurs peuvent exercer des pressions sur les banques pour qu’elles améliorent leurs processus post-marché, mais ils n’ont pas d’influence directe sur des hedge funds à peine régulés, malgré leur rôle déterminant dans les produits dérivés de crédits. L’intervention des banques fait suite à une décision de la Fed de New York de convoquer ce mois-ci les 14 groupes bancaires et les régulateurs internationaux à une réunion pour discuter des problèmes post-marché. »

Une prochaine série de rétrogradations de grandes sociétés pourrait suffire à faire éclater la bulle des produits dérivés de crédit. Dans un rapport publié fin septembre, l’agence Standard & Poor’s indique que 623 entreprises se trouvent sur sa liste de sociétés ayant des « perspectives négatives » ou placées « en surveillance ». Dans le passé, un tiers des entreprises de la première catégorie et deux tiers de la deuxième ont été effectivement dégradées peu après. A cet égard, les secteurs les plus vulnérables sont les télécommunications, les produits de consommation et l’automobile (y compris les équipementiers), avertissait S&P. Dans ces trois secteurs, la part des entreprises menacées de rétrogradation n’a jamais été aussi élevée. Dans le secteur automobile, 83 % des entreprises sont situées aux Etats-Unis.

S&P indique par ailleurs qu’elle pourrait bientôt abaisser de nouveau la notation de General Motors et de Ford, qui se trouvent déjà au niveau « poubelle » depuis mai. Selon elle, la position de deux constructeurs automobile s’est encore détériorée ces derniers mois - à cause de la « guerre des rabais », des prix record de l’essence et de la quasi-faillite du sous-traitant Delphi. Pendant quelques mois, GM et Ford ont pu éviter le pire au moyen de ventes massives de voitures à prix cassés, normalement réservés à leurs employés. Mais cela ne dure qu’un temps, et les ventes de septembre pourraient s’avérer désastreuses.

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