Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Vladimir Poutine à Rome

La rédaction
visites
794

D’importants accords économiques et politiques ont été conclus au cours de la visite que le président russe a effectuée à Rome les 5 et 6 novembre, à l’occasion du sommet UE-Russie. Outre des discussions bilatérales et une rencontre avec Jean-Paul II, Vladimir Poutine a eu l’occasion de s’expliquer sur l’affaire Youkos/Khodorkovsky.

Parmi les douze accords signés entre l’Italie et la Russie, le « Mémorandum d’accord sur la formation de districts industriels sur le territoire de la Fédération russe » présente un intérêt particulier. Son but est de reproduire en Russie une caractéristique typique des petites et moyennes entreprises italiennes : le regroupement de sociétés spécialistes de produits similaires ou d’une ligne de produits similaires dans une même zone géographique. Cette « constellation » de PMI fonctionne presque comme une grande entreprise, mais avec certains avantages : une multiplicité de propriétés familiales au lieu d’un actionnariat, une concurrence au niveau de la technologie et de la qualité, et les profits sont généralement réinvestis dans la production et non pas versés directement aux actionnaires.

Le 6 novembre, Poutine a rencontré le président de la Commission, Romano Prodi, le responsable des Affaires étrangères de l’UE, Javier Solana, et les commissaires Patten et Lamy. Dans une interview au Corriere della Sera le 4 novembre, Poutine a déclaré : « La Russie est à moitié en Europe et à moitié en Asie, mais notre culture est européenne. La plupart de nos relations économiques se font avec l’Europe. Sans doute allons-nous accorder une attention appropriée à nos relations avec l’Amérique et l’Extrême-Orient, mais notre avenir est en Europe . »

La réunion entre Poutine et Jean-Paul II fut un succès. Le Pape remercia le président russe pour sa position sur la guerre d’Irak et son soutien à la « feuille de route » pour la paix au Proche-Orient. Il s’est également félicité de ses efforts « en faveur du rapprochement entre les églises catholique et orthodoxe ». A l’issue de son audience avec le Pape, Poutine a téléphoné au patriarche Alexei II.

Dans son interview au Corriere, le dirigeant russe a rejeté les critiques occidentales sur son attitude dans l’affaire Youkos/Khodorovsky. Affirmant que la Russie n’évolue pas vers un « Etat autoritaire », il a établi un parallèle entre cette affaire et les crimes dont sont accusés les directeurs d’Enron aux Etats Unis, où « deux douzaines de directeurs d’affaires sont poursuivis par une cour de justice », certains ayant été arrêtés « devant les caméras, menottes aux poignets ». En Russie, où « les immenses propriétés de l’Etat ont été privatisées, les participants à cette privatisation ont cru qu’ils pourraient vivre indéfiniment suivant leurs propres règles. Aujourd’hui, nous devons au contraire montrer clairement que chacun doit respecter les lois de notre pays. » A propos du remaniement du Kremlin, il a précisé que le départ d’Alexandre Volochine « était prévu depuis longtemps ». Dans une conférence de presse ultérieure, il a reçu le soutien du Premier ministre Silvio Berlusconi, qui a dit disposer « d’informations directes de la part d’Italiens présents en Russie, et je sais très bien que des violations précises de la loi ont été commises par des entreprises travaillant à l’extraction et à la vente de pétrole ».

Primakov et Glaziev soutiennent le remaniement de Poutine

L’ancien Premier ministre Evgueni Primakov, actuellement directeur de la Chambre de commerce et d’industrie russe, a donné une analyse intéressante de la situation russe dans une interview à la radio Ekho Moskvy, le 4 novembre. Interrogé sur le départ d’Alexandre Volochine du poste de chef de l’administration présidentielle, il a estimé que c’était « une bonne chose ».

Sa fonction principale, selon Primakov, était de servir d’« intermédiaire entre les oligarques et le plus haut niveau de la structure du pouvoir ». Il y avait un accord tacite selon lequel « les oligarques devaient payer leurs impôts honnêtement, verser des salaires décents et les augmenter, et contribuer aux programmes sociaux nécessaires dans les régions où ils ont des activités, mais s’abstenir de s’ingérer dans des positions de pouvoir politique et de corrompre le processus politique ». En retour, « ils avaient une certaine liberté de manœuvre, sous la forme d’une possibilité de s’approprier une part substantielle de la rente naturelle », expression désignant les recettes provenant de l’exploitation des ressources naturelles.

En tant qu’intermédiaire, Volochine aurait dû remarquer avec le temps que les oligarques « respectaient de moins en moins ces règles, il aurait dû remédier à la situation, les ramener à la raison, leur dire qu’ils ne pouvaient pas faire cela. Mais il s’est avéré qu’il était moins un intermédiaire qu’un membre du camp des oligarques, car il leur a permis d’agir comme bon leur semblait . »

Le président Poutine a également été soutenu par un homme politique en pleine ascension, Serguei Glaziev, qui a rencontré Lyndon LaRouche à de nombreuses reprises. L’affaire du géant pétrolier Youkos fut le thème de l’émission d’ORT « Zerkalo », le 1er novembre, avec pour invités Glaziev et Grigori Yavlinsky, respectivement chefs des groupes parlementaires « Rodina » et « Yabloko » à la Douma. A cette occasion, puis à nouveau lors d’une déclaration sur les nouvelles nominations au Kremlin, Glaziev a soutenu les mesures prises contre l’oligarque Mikhaïl Khodorkovsky, ainsi que le remaniement ministériel, tout en dénonçant les réactions excessives. Selon lui, le dirigeant de l’Union des forces de droite, Anatoli Tchoubaïs, s’est montré hystérique en clamant que le Président devrait intervenir [pour protéger Khodorkovsky], c’est-à-dire en demandant ouvertement au Président de violer la Constitution.

Les juges doivent décider si l’action des autorités policières est fondée, précisa Glaziev, mais « le programme de privatisations qui a eu lieu » dans les années 90 a totalement transformé les marchés financiers russes en vaste terrain pour spéculateurs. « Les investisseurs qui veulent mettre leur argent dans des sociétés qui se développent ne jouent pas sur le marché, contrairement aux spéculateurs ». En outre, « les doutes entourant la légitimité des droits de propriété en Russie alimentent la spéculation ». Par conséquent, si les procureurs ont des éléments, « tout doit être mis sur la table et examiné par les tribunaux, de façon à déterminer quelles sociétés ont été privatisées de manière légale, et lesquelles l’ont été illégalement. Faute de tracer cette frontière, la redivision de la propriété pourrait durer indéfiniment. (...) Je ne prône pas de mesures policières administratives, mais il faut régler la question des accords douteux intervenus pendant la privatisation. (...) Tous les cas douteux sont bien connus, grâce aux enquêtes menées par la Chambre de comptabilité et le Bureau du procureur général . »

Contactez-nous !