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Voyage au bout de la droite : Peurs, Bobos et désindustrialisation

La rédaction
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Voyage au bout de la droite
Par Gaël Brustier et Jean Philippe Huelin
Editions Mille et une nuits
278 pages
18 euros


Par Christine Bierre

Voilà un livre intéressant, avec quantité d’analyses novatrices sur les causes des poussées délirantes des droites extrêmes dans les vieilles nations transatlantiques ces dernières années. Et ce livre n’est pas que de l’analyse impuissante ; il ouvre quelques pistes pour éviter ce qui pourrait être un long déclin de la gauche. Dans l’ensemble cependant, ces propositions restent beaucoup trop timides, car les deux auteurs, proches des socialistes ou des milieux d’ATTAC, n’arrivent pas eux-mêmes à s’extraire du moule qui enferme la gauche depuis les années Mitterrand et qui est à l’origine de ses défaites successives.

Parmi les concepts intéressants, il y a le fait de reconnaître que nous ne sommes pas là, juste devant une nouvelle poussée de la droite comme on en a vue à d’autres époques. Les droites populistes qui percent actuellement sont le résultat de « paniques morales », dont l’une des plus importantes est « la peur de déclassement de l’Occident, qu’il soit européen ou américain ».

D’où le corps idéologique que l’on retrouve cloné, avec quelques variantes, dans toutes ces droites populistes : « l’Occidentalisme », l’idée que l’Europe et les Etats-Unis doivent s’allier pour imposer un leadership au monde ; « l’identitarisme », la recherche d’une identité dans le sol ou le sang d’une ethnie ou d’une communauté, et non dans sa participation au vouloir vivre en commun d’une nation ; l’islamophobie » et plus largement la xénophobie, la haine ou le rejet de l’étranger.

En analysant les causes de cette décadence, ces auteurs osent braver un des principaux interdits de la « nouvelle » gauche : reconnaître le rôle important joué par l’industrie, source de richesse réelle implantée sur le territoire national. Depuis une trentaine d’années, « nous avons assisté à la naissance d’une bourgeoisie financière transnationale coupée des préoccupations qui étaient celles de la bourgeoisie nationale industrielle », soulignent les auteurs, notant qu’entre 2005 et aujourd’hui, les entreprises du CAC 40 n’ont pas créé un seul emploi en France et qu’en 2007, elles réalisaient 70 à 80 % de leurs profits à l’étranger.

A la crainte du déclin, Brustier et Huelin ajoutent un autre élément utile pour la compréhension de ces flambées, le dernier avatar des baby-boomers vieillissants. « Les enfants des soixante-huitards veulent, comme leurs parents, jouir sans entrave et demandent avec insistance que leur ordre moral soit placé sous la protection d’un appareil sécuritaire renforcé. Les libéraux-libertaires ont enfanté des hédonistes sécuritaires. »

Et on les imagine déjà mettant des couteaux entre leurs dents pour défendre ces belles demeures de retraite qu’ils se bâtissent partout en province, face aux hordes d’immigrants qui menacent et qui, de plus, pourraient vouloir interdire le sexe…

Les auteurs retracent utilement les origines de la droite populiste à la pensée néo-conservatrice de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, dont les moteurs ont souvent été des hommes de « gauche » passés à droite. Pour la France, ils situent l’origine de cette dérive au tournant de la rigueur de Mitterrand : « la parenthèse libérale » ouverte en 1983 et jamais refermée depuis lors ». A cette époque, disent-ils, « Les socialistes français renoncent (…) au socialisme, sans oser le dire, pour suivre l’hégémonie culturelle venue d’outre-Atlantique et d’outre-Manche ».

Côté droite, ils attribuent à Edouard Balladur, mais aussi à Jacques Chirac, un rôle de premier plan dans la « liquidation de l’héritage gaulliste » et la fusion de l’ancien parti gaulliste dans une droite « occidentalisante ». Ils notent aussi le rôle clé de George Albertini, numéro deux du parti fasciste de Marcel Déat, lors de l’occupation, qui, après la guerre, s’est « fait profession de repérer les jeunes d’extrême droite pour les promouvoir en tant que cadres des partis au pouvoir ». Dans cette cuvée, quatre des principaux dirigeants de la droite actuelle : Gérard Longuet, Patrick Devedjian, Alain Madelin et Hervé Novelli.

Enfin, les auteurs rapportent médusés, voire même fascinés, comment cette nouvelle droite extrême a su appliquer les recettes de Gramsci, pour qui la prise de pouvoir est précédée par la prise de pouvoir dans les esprits, via un débat d’idées et la création d’un puissant imaginaire collectif.

Et, c’est là que nous nous permettons d’être sévères, sachant que la crise est grave et que les auteurs du livre partagent en grande partie nos craintes. Un imaginaire qui n’est fondé sur un projet deviendrait lui-aussi du « story telling ». Or, la seule proposition concrète que formulent les auteurs, est la nécessaire réindustrialisation de la France. Au-delà, on ne trouve dans les conclusions de l’ouvrage, que des incantations à la Nation, à la République, à Jaurès.

Pourtant, le projet d’avenir qui peut donner un contenu à ces mots est inscrit dans la débâcle actuelle : il faut reprendre le contrôle de l’émission monétaire à la finance folle en revenant, comme le défendait Jean Jaurès, à une Banque de France sous contrôle public, émettant du crédit productif ; rétablir la séparation de banques d’affaires et banques de dépôt abrogée en 1983 par Jacques Delors et procéder à la mise en faillite des avoirs spéculatifs et à la protection des banques utiles au travail et à la production.

Quant aux grands projets de demain, ils nous sont dictés par les besoins des générations futures. A l’époque de Colbert, c’étaient les longitudes pour les voyages océaniques et les moteurs pour libérer les hommes du travail pénible ; aujourd’hui, c’est la poursuite de la grande aventure spatiale et la maîtrise totale de la physique nucléaire pour garantir aux générations futures une énergie abondante, sûre et bon marché. Ces deux grandes querelles, à la frontière du connu, nous fourniront les retombées technologiques nécessaires pour assurer la production agricole et industrielle de l’espèce humaine sur la planète.

Tout cela exige du courage. Pour être crédible, les socialistes devraient commencer, comme les auteurs le suggèrent à demi-mots, par remettre en cause le mitterrandisme et ses compromissions.


Dossier : Droite populiste ? Reconduisons-la à la frontière !


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