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Zola l’avait rêvé : Démantelons nos banques universelles !

La rédaction
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22 septembre 2011 (Nouvelle Solidarité) — Faut-il nationaliser les banques françaises ? La chute des capitalisations boursières des principaux établissements donne, en effet, le tournis : 60 % pour la Société générale, 46 % pour le Crédit agricole et 41 % pour BNP-Paribas depuis le 1er janvier, avec une forte accélération cet été. Plus de 60 milliards d’euros !

Notre réponse est claire : nous nous opposons à toute nationalisation, à moins qu’elle ne soit suivie de l’élimination de tous les titres toxiques qui habitent toujours leurs coffres. A commencer par les 27,1 milliards de dollars que la Société générale traîne comme un boulet depuis l’explosion de la bulle des subprimes en 2007. En réalité, la seule réponse adéquate est le rétablissement de la loi Glass-Steagall.

Dans quel état sont réellement les trois grandes banques françaises ? Citées en modèle de stabilité depuis le début de la crise, voilà qu’on commence à apercevoir toute leur fragilité, et ce n’est qu’un début.

C’est leur exposition aux dettes souveraines des pays à risque en Europe qui a amené les experts à s’intéresser à leur capacité de résistance face à un nouveau choc comparable à celui de 2007. Si leur exposition à la dette grecque – environ 10 milliards pour les trois – ne semble pas poser problème, celle envers l’Italie et l’Espagne désormais dans la crise, pose, au contraire, un risque systémique. Selon la BRI (Banque des règlements internationaux), en 2010, l’exposition des banques françaises à la dette souveraine italienne était de 30 milliards d’euros, dont 24 milliards pour la seule BNP-Paribas et 10,1 pour le Crédit agricole. Leur exposition totale à la dette publique italienne était d’environ 100 milliards d’euros, et de 180 milliards d’euros pour la dette privée ; elle serait de 100 milliards d’euros à la dette espagnole.

Si le pire devait arriver, le défaut de paiement de ces Etats, quelle capacité de résistance auraient ces banques ? C’est la question que se sont posée investisseurs et régulateurs américains, avec en ligne de mire les fonds propres de ces banques, ainsi que leur état de liquidité.

Pour ce qui est des ratios de solvabilité des banques, les nouveaux critères du Comité de régulation, dit Bâle III, qui se veulent beaucoup plus rigoureux, exigent un ratio de solvabilité risques/fonds propres (capitaux de départ, réserves et résultat de l’exercice) de 7 % pour les établissements ordinaires (contre 4 % auparavant), avec une surcharge de 1 à 2,5 % pour ceux qui sont considérés comme systémiques, dont BNP-Paribas et Société générale, qui doivent atteindre un ratio de 9 %. Avant la débâcle de ces derniers jours, ces banques comptaient atteindre un niveau supérieur à 7 % seulement en 2013 ; mais cette crise aura contraint la BNP-Paribas et la Société générale à accélérer le tempo, la première annonçant qu’elle portera ce ratio à 9 % début 2013 et la seconde, fin 2013.

Mais ce sont les problèmes de liquidités qui font craindre un scénario à la « Lehman Brothers ». C’est à ces problèmes en particulier que les régulateurs devront s’intéresser, notamment quand il sera question d’appliquer la loi Glass-Steagall à nos si chères banques universelles, car ils nous amènent au cœur des spéculations insensées des banques d’affaires, au cœur de tous les dangers pour les déposants et pour l’économie productive.

En effet, selon une étude publiée par la Barclay’s début septembre, les banques françaises sont les plus dépendantes des financements à court terme. Pour Société générale et BNP-Paribas, les financements inférieurs à trois mois représenteraient 60 % de la totalité et 50 % pour le Crédit agricole. A titre de comparaison, ils ne sont que de 40 % pour Deutsche Bank et 30 % pour Intesa Sao Paolo. En d’autres termes, pour prêter, elles doivent emprunter ; au moindre problème sur les marchés, elles sont plus exposées que n’importe qui. Voilà le hic !

Mais pourquoi donc ces gros besoins de liquidités à court terme ? En raison de l’importance de leurs opérations de marché, grosses consommatrices de capitaux, notamment aux Etats-Unis, et en dollars. Ce sont leurs activités de banques de financement et d’investissement – les BFI – et surtout celles de la partie banque d’investissement dans lesquelles nos banques universelles excellent, qui posent problème.

Et là, nous sommes au cœur de la bête traquée par Glass-Steagall, la banque d’affaires spéculative. La banque d’investissement compte deux branches : le pôle actions – introductions en bourse, augmentations de capital, courtage, dérivés actions et trading –, et le pôle des taux – obligations, change, matières premières et dérivés de taux. Coûteuses en capital, l’on estime cependant le retour sur fonds propres de ces opérations à 40 %, loin devant les 15 % de rentabilité maximale de la banque de détail, et ceci même en période de crash systémique mondial. L’aubaine !

« Les banques françaises , nous dit MoneyWeek en avril 2011, ont développé et conservé une réelle expertise dans ces métiers, grâce notamment à l’essor des mathématiques financières et à "l’école française des dérivés". A titre d’exemple, la Société générale est leader mondial des dérivés actions. De son côté, BNP-Paribas est numéro un mondial des émissions obligataires en euros. Mais la crise a conduit les banques, en particulier les européennes, à recentrer de façon drastique leurs opérations de marché : abandon de la titrisation complexe, fermeture de certaines divisions de dérivés de crédit ou exotiques. Elles se tournent notamment plus volontiers vers les opérations sur les matières premières, une activité pourtant tout aussi explosive en matière de risques. »

Et voilà comment ces banques « universelles » risquent votre argent de déposant, en le jouant sur ces marchés.

Or, depuis le début de la crise, ces deux établissements ont renforcé leurs activités de marché aux Etats-Unis, marchant sur les plates-bandes de leurs concurrentes « anglo-saxones » , qui se déchainent contre elles ces dernières semaines, mais aussi éveillant l’inquiétude des régulateurs américains qui craignent, à juste titre, un nouveau Lehman Brothers. Rappelons que Lehman était « solvable » du point de vue des critères de solvabilité mentionnés ci-dessus ; mais elle était totalement sur-étendue du point de vue de sa liquidité. Il suffit alors d’un gel du marché monétaire et c’est le krach.

Conscients des risques encourus par les banques européennes, depuis janvier dernier, les marchés monétaires américains ont commencé à réduire leur exposition à ces banques. Résultat, selon JP Morgan Securities, entre juin et juillet, les fonds monétaires américains ont réduit de 96 milliards de dollars les avoirs investis dans des billets de trésorerie, certificats de dépôts, prises en pension et autres investissements à court terme de banques de la zone euro. De plus, en juillet aussi, les fonds monétaires américains ont réduit leurs concours aux banques françaises de 48 à 36 milliards de dollars, pour une raison réglementaire : ils n’ont plus le droit de prêter à plus d’un mois.

Résultat : de grosses tensions pour les banques françaises, notamment, pour qui les marchés monétaires américains sont une source importante des dollars nécessaires aux opérations de marchés, dans les matières premières notamment.

Face à ces pressions, aussi bien BNP-Paribas que Société générale ont annoncé des plans de cessions d’actifs et de réduction de voilure de leurs BFI, de façon à dégager des capitaux pour améliorer leurs fonds propres. La Société générale envisage 4 milliards de cessions d’actifs, notamment toxiques (!), ainsi qu’une réduction d’effectifs.

Mais tout cela ne servira à rien, car le problème ne se réduit pas aux banques françaises. C’est tout le système monétaire international qui s’effondre suite aux spéculations insensées de ces trente dernières années.

Il faut faire vite. Plus on tarde à passer au Glass-Steagall et à éliminer les instruments toxiques, plus les actifs toxiques contamineront ce qui reste des avoirs réels.

Christine Bierre

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  • petite souris • 23/09/2011 - 00:36

    ... et pendant ce temps là,
    * not’sarko voyage aux stètes avec ses deux fils et voudrait se faire passer pour le chantre de la paix (il n’a pas encore joué avec un prix Nobel...)
    * not’ premier ministre nous parle de la retraite à 67 ans ... qu’il aille jusqu’au bout de sa pensée plus de retraite pour ceux qui n’ont pas investi pour des compléments de retraite personnalisés autrement dit pour les pauvres ...
    * l’on cause sur les ondes de l’épisode d’une série policière américaine à propos de l’"affaire" DSK dans la quelle il est condamné à un an de tôle
    * et circulez il n’y a rien à voir dans les rétro comissions qui ont servi à financer la campagne de Balladur en 1995 !!!
    là cela commence à être intéressant
    feuilleton à suivre !!!!

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