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Egypte : après la mise à l’écart de Morsi, quelles conséquences pour la Syrie et la Turquie ?

La rédaction
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La politique des cinq supplétifs de l’Empire britannique (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Arabie Saoudite et Qatar) consistant à déclencher une intervention militaire en Syrie est à l’origine de la décision de l’armée égyptienne d’écarter le président-frère-musulman Mohamed Morsi. Tandis que l’armée s’inquiétait de plus en plus de la montée des tensions sociales dans le pays, l’appel lancé par Morsi il y a deux semaines à une intervention militaire étrangère en Syrie, ainsi que ses attaques contre le Hezbollah et l’Iran (qui vient d’élire un président modéré), a été le déclencheur de la décision de l’armée.

« Les préoccupations de l’armée concernant la manière dont Morsi gouvernait l’Egypte ont atteint leur paroxysme lorsque le président a assisté à une manifestation peuplée de compagnons islamistes appelant à une guerre sainte en Syrie », rapporte l’agence Reuters, citant une source militaire égyptienne anonyme.

Reuters fait référence à une manifestation qui a eu lieu le 15 juin, où des membres du clergé sunnite ont qualifié d’ « infidèles » les chiites soutenant le gouvernement syrien, ainsi que les citoyens de tendance plus laïque opposés à la politique de Morsi en Egypte.

Selon le quotidien égyptien Al Ahram, une déclaration publiée par un groupe de défense des droits des coptes, l’Union des jeunes Maspero, a prévenu le peuple américain que leur président, Barack Obama, ainsi que l’Ambassadrice américaine en Egypte, Anne Patterson, soutiennent « un groupe fasciste qui opprime les minorités », une référence aux Frères musulmans.

Turquie

Les déboires des Frères musulmans en Égypte n’augurent rien de bon pour le parti islamiste actuellement au pouvoir en Turquie, le Parti de la justice et du développement (AKP), qui s’est rallié de plus en plus ouvertement à la politique d’intervention militaire en Syrie, et ce dans un contexte de mécontentement populaire de plus en plus palpable en Turquie même. Le ministre turc des Affaires étrangère avait jugé bon de publier une déclaration avertissant l’armée égyptienne de ne pas renverser Morsi, que la Turquie soutient pleinement.

Plusieurs observateurs turcs estiment déjà que les mésaventures des Frères musulmans en Egypte vont affecter la politique de l’AKP. L’un d’entre eux rappelle, dans le Hurriyet Daily News, que Morsi s’était rendu à un congrès de l’AKP à Ankara en septembre dernier, « une visite considérée comme un signe de relations florissantes entre la Turquie et l’Egypte ». Un autre observateur ajoute : « Si le ’printemps’ [arabe] volé peut être réclamé en Egypte – ce qui semble être en voie de se réaliser – nous devons nous apprêter à voir l’impact de cet événement dans le reste de la région. Ceci n’augure rien de bon pour l’AKP. »

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