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Abdel, le bibliothécaire malien qui a sauvé les livres de Tombouctou des flammes djihadistes

La rédaction
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Le récit qui suit, publié par Le journal des bonnes nouvelles a de quoi nous émouvoir. Car il nous rappelle que l’histoire ne s’écrit pas forcément avec un grand H. Une personne, assez seule, agissant avec courage et ténacité à un moment donné, peut sauver tout un pan de la civilisation. A méditer !

« Dépêchez-vous ! Dépêchez-vous ! Ils arrivent ! » Abdel Kader Haidara, visage concentré à l’extrême, court de maisons en maisons, pour annoncer la progression des djihadistes.

Nous sommes en 2012 et l’armée malienne vient de s’effondrer face à la poussée de AQMI. Un millier de djihadistes en armes est sur le point de prendre Tombouctou.

Ce qu’ils vont faire en premier ? Comme d’habitude ! Occuper les bâtiments officiels, tenir la rue et mettre spectaculairement le feu à tous les lieux de culture mécréante : écoles, musées et bibliothèques.

Abel Kader n’a peur ni pour lui, ni pour les siens qui sont déjà à l’abri. Lui, le bibliothécaire passionné tremble pour les livres, les précieux livres, les inestimables livres de Tombouctou, dont près de 400.000 datent de plusieurs siècles !

« Vite, vite ! Encore plus vite ! » s’époumonne-t-il, hagard, de ruelle en ruelle au milieu de la poignée d’amies et amis qu’il a pu mobiliser et qui évacuent en courant, à dos d’hommes ou sur des carrioles brinquebalantes, le maximum de livres qu’ils espèrent pouvoir sauver...

D’aussi loin qu’il se souvienne, Abdel Kader, 51 ans, a toujours aimé les livres. C’est sa passion, son amour fou, sa vie !

C’est son père, Mohamed Haidara, surnommé « Mamma », qui l’a initié dès son enfance. Erudit autodidacte et passionné de livres, Mamma a amassé, au cours de sa vie, une grande quantité de manuscrits rares venant de toute l’Afrique, qu’il faisait lire et commentait à son jeune fils.

Quand Mamma décède en 1981 à l’âge de 84 ans, Abdel décide sans hésiter de reprendre le flambeau. « C’est mon destin, ma mission” explique-t-il. Je suis, en quelque sorte, le dépositaire d’une tradition intellectuelle léguée par mon père ».

Bibliothécaire de père en fils donc ! En 1993, Abdel Kader fonde sa propre bibliothèque pour abriter, protéger et restaurer toujours plus de livres ! Très vite, ils seront plusieurs dizaines de milliers, de toutes natures, à se blottir dans ses rayons. Parmi eux de nombreux manuscrits précieux, datant de plusieurs siècles et racontant l’Histoire de toute l’Afrique.

Mais lors de la nuit tragique où les djihadistes ont pris Tombouctou, il ne s’agit pas seulement de sauver les livres de sa bibliothèque, mais aussi ceux des 45 autres établissements de la ville ! Un sauvetage et une exfiltration mémorables qui s’étaleront sur plusieurs mois tant la tache est délicate et dangereuse !

Pendant tout ce temps-là, plusieurs dizaines de familles vont se mobiliser autour d’Abdel Kader et, au péril de leur vie, cacher les précieux ouvrages en les dispersant aux quatre coins de la ville et des alentours.

Les livres connaissent alors les cachettes les plus étranges (cageots de légumes, sacs de graines, cantines métalliques, faux barils de pétrole, matelas...) et les modes de circulation les plus divers (de l’âne au vélo en passant par les charrettes et les carrioles les plus rudimentaires). Certains vont même découvrir la voie des eaux et être exfiltrés dans des embarcations de fortune, construites à la va-vite !

Et quand Tombouctou est enfin libérée en 2013, les djihadistes n’auront finalement pu détruire, au cours de leur pitoyable “nettoyage culturel”, que 4000 livres sur les 400.000 qui se trouvaient dans la ville !

Abdel Kader ne veut pourtant, encore aujourd’hui, tirer aucune gloire de ce que l’historienne d’art Julie Chaizemartin n’hésite pas à qualifier d’« une des plus vastes opérations de sauvetage de livres de l’Histoire mondiale ».

« Il fallait le faire, c’est tout ! » lâche-t-il modestement. Avant d’ajouter, la voix nouée : « Je n’aurai jamais plus été en paix si j’avais laissé tous ces livres ’mourir’... »

Abdel, mon ami, mon frère, je t’embrasse - nous t’embrassons - de tout notre cœur.

Cet article a été repris d'un autre site.
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