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Afghanistan : comment les britanniques et Cheney protègent l’opium

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27 août 2008 (Nouvelle Solidarité) — Un article publié par Le Figaro du 23 août fait le bilan de l’échec du gouvernement Karzaï dans la lutte antidrogue, en s’appuyant sur les déclarations de Thomas Schweich, ancien coordinateur de la lutte antinarcotique pour les autorités américaines (secrétaire adjoint du Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs).

Joint par Le Figaro, Schweich a confirmé ses propos au vitriol publiés le mois dernier dans le New York Times Magazine « Is Afghanistan a Narco-State ». Pour lui, la lutte anti-drogue est « un échec complet jusqu’ici » dont les talibans tirent le plus grand bénéfice.

Si en 2006, les autorités afghanes annonçaient une production d’opium en baisse, Schweich n’était pas dupe et anticipait que la production allait exploser. En effet, en 2007, l’Afghanistan s’est hissé au chiffre record de 93% de la production mondiale d’héroïne.

Dès 2006, Schweich s’est entretenu avec le vice-président américain Dick Cheney, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et Donald Rumsfeld, le secrétaire d’Etat à la Défense de l’époque, pour les avertir de cette réalité et ses conséquences militaires.

Le premier responsable désigné par Schweich : « le président afghan Karzaï lui-même » est entièrement corrompu et soucieux de garder des bonnes relations avec ses pairs pachtouns du Helmand au sud du pays, dont il compte obtenir le soutien lors des présidentielles de 2009.

Mais selon le responsable, ce « narco-état » afghan, « se repaît de la pusillanimité du Pentagone » écrit Le Figaro. Si le quotidien français adopte un ton diplomatique, l’article du responsable américain n’y va pas de main morte quand il affirme que le « Pentagone était hostileà la mission antidrogue ».

Schweich rapporte que le Lieutenant Général Karl Eikenberry, en charge des opérations de l’armée américaine en Afghanistan, a affirmé à Anne Patterson, du Bureau of International Narcotics (BIN) que certes, la drogue était une chose mauvaise, mais que d’après les ordres reçus, la drogue n’était pas la priorité de l’armée US en Afghanistan.

Patterson, ex-ambassadrice américaine en Colombie, lui a rappelé alors que les FARC Colombiens finançaient leur guérilla avec l’argent de la cocaïne. Eikenberry a répondu que le Pentagone avait une stratégie « séquentielle » : « battre les talibans, et laisser quelqu’un d’autre régler la question de la drogue », alors même que l’argent de la drogue finance directement les talibans.

Cependant, raconte Schweich, « les militaires anglais étaient encore plus hostiles que les militaires américains à la mission antidrogue. Les forces britanniques – basées au Helmand – ont même parachuté des tracts et ont acheté des annonces à la radio pour faire savoir aux criminels locaux que le déploiement de l’armée anglaise ne faisait pas parti de l’opération anti-drogue. J’ai dû prendre un vol pour Bruxelles afin de montrer un de ces tracts au Commandement des forces de l’OTAN pour mettre fin à cette campagne d’information contreproductive… »

Schweich a dénoncé le fait que les Britanniques ont fait pression sur les autorités américaines afin qu’elles ne s’avancent pas dans un combat efficace. Le Major Général Britannique Peter Gilchrist, ancien commandant adjoint des forces alliées en Afghanistan et actuellement stationné à Washington, lui a signifié que son plan « n’était pas acceptable » pour l’Angleterre.

« L’Angleterre, écrit Schweich, apparemment rejointe par la Suède (qui déploie moins de 500 hommes dans des régions où il n’y a aucune culture de pavot), a envoyé des lettres à Karzaï pour lui sommer de rejeter des éléments fondamentaux du plan américain ».

Thomas Schweich dit pourtant avoir essayé de convaincre ses interlocuteurs afghans de soutenir une campagne d’éradication aérienne du pavot, seule à même, selon lui, si elle est combinée avec des mesures d’aide aux cultures vivrières, de produire des résultats. Karzaï s’y serait opposé avec la dernière énergie.

Schweich fait aussi voler en pièces le mythe qui dit que le pavot constitue la seule ressource traditionnelle des « pauvres paysans afghans ». Il indique notamment que 80% des terres utilisées pour la culture du pavot dans le sud, sont des cultures nouvelles. Depuis deux ans, c’est l’opium qui est venu y remplacer les cultures traditionnelles de légumes, du coton et du blé. En dépit des prix record des céréales, les grands producteurs d’opium ont surtout profité de la complaisance politique et de l’absence de toute opposition pour démarrer des productions à grande échelle.

Cette analyse a été confirmée début 2008 par un rapport de l’ONU qui démontre que la culture du pavot décroît dans les régions pauvres tandis qu’elle s’accroît dans les régions riches !

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