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BNP-Paribas fait les poches de sa fille belge

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3 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Alors que la Fédération bancaire française (FBF) que préside Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, n’hésite pas à s’offrir des annonces à pleine page dans les grands quotidiens français, y compris l’Humanité , pour affirmer haut et fort qu’en vérité les banques françaises ne demandent aucunement à être recapitalisées, la presse belge vient de faire quelques révélations sur la politique de BNP-Paribas dont on parle très peu en France.

Rappelons d’abord qu’en 2008, lorsque la première banque belge Fortis (ex-Société générale de banque) fut menacée suite à ses aventures ruineuses avec Royal Bank of Scotland et Banco Santander dans l’affaire ABN AMRO, Nicolas Sarkozy et Yves Leterme s’étaient mis d’accord dans l’urgence sur un accord franco-belge prétendument gagnant-gagnant. En échange d’une prise de participation de l’Etat belge dans BNP-Paribas, il fut décidé que la banque française reprendrait 75% la banque belge que l’on renomma « BNP-Paribas Fortis ».

Comme premier résultat de l’opération, l’Etat belge, avec 11,7% des actions, devient alors le deuxième plus important actionnaire de BNP-Paribas, après l’Etat français qui pour sa part en possède 17%.

Mais surtout, pour un coût dérisoire, l’achat de Fortis permettait, de fait, à BNP-Paribas d’augmenter de 250 milliards d’euros sa base de dépôts pour totaliser 600 milliards d’euros. Avec 5,9 million de clients supplémentaires, la banque atteignit alors 20,9 millions de clients. A titre de comparaison, le néerlandais ING et l’allemand Deutsche Bank possèdent respectivement 525 et 460 milliards de dépôts. Une aubaine fantastique donc pour BNP-Paribas au moment où toutes les banques sont à la recherche de dépôts.

Tout cela était avant la crise de cet été. Or, d’après le quotidien flamand De Standaard du 27 octobre, les marchés américains rechignent désormais à prêter de l’argent à BNP-Paribas et d’autres banques françaises qu’ils jugent trop exposées aux obligations souveraines européennes, en particulier grecques et italiennes.

Pour pallier ce manque, BNP-Paribas n’hésite pas à mobiliser les fonds de sa filiale belge BNP-Paribas Fortis. D’après le quotidien belge Le Soir du 26 octobre, alors qu’il s’agissait « seulement » de 21 milliards en juin, ce montant dépasserait actuellement les 30 milliards d’euros.

A cela il faut ajouter le fait que les administrateurs de l’ex-Fortis, dont l’Etat belge détient 25% sous forme d’une participation minoritaire de blocage, n’auraient pas été informés de ces mouvements... Des flux problématiques ? D’après les spécialistes les dépôts en Belgique excèdent les besoins domestiques...

N’empêche que la Banque nationale de Belgique (BNB) a fait savoir qu’elle suit « très attentivement » la situation, en particulier parce qu’une nouvelle directive européenne interdira à partir de fin 2012 des flux financiers d’une filiale à sa maison mère dépassant les 100% de ses propres dépôts. « Prêter plus de 50 % de ses fonds propres (BNP Paribas Fortis dit en compter 26 milliards d’euros, NDLR) à quelque contrepartie privée que ce soit me semble imprudent, c’est une question de capacité à absorber les conséquences d’un accident , note toutefois Eric De Keuleneer, professeur à la Solvay Business School. Que l’on prête à sa maison-mère ne change rien au fait que ce n’est pas prudent et donc pas dans l’intérêt de la banque.  »

En bref, un nouveau scénario catastrophe pourrait s’annoncer, semblable à celui observé dans le dossier Dexia où 30 à 40 milliards, selon les sources, transitaient de Bruxelles vers Paris.

Tout cela ne fait que donner plus de poids aux arguments de ceux qui, contrairement à Nicolas Sarkozy et son « visiteur du soir » Michel Pébereau de BNP-Paribas, exigent le retour immédiat d’une séparation stricte des banques d’affaires et des banques de dépôts.

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