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Comment le WWF sabote les grands projets en Afrique

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Cet article fait partie d’un dossier spécial Afrique & Grands Projets publié dans le journal Nouvelle Solidarité du 22 octobre 2010.

C’est à Fontainebleau, en 1948, que l’eugéniste malthusien Sir Julian Huxley, également président de l’UNESCO, lança l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Après que la Fondation Ford eut offert l’argent nécessaire pour installer un secrétariat permanent à Gland, en Suisse, l’IUCN sera doublée d’une ONG spécialement vouée à réunir des fonds. Huxley embauche pour cela l’ex-membre encarté du parti nazi néerlandais, le Prince Bernhard des Pays-Bas, et son ami le Prince Philip d’Edimbourg, lui aussi un malthusien fanatique. Ensemble ils créeront en 1961 le WWF (Fond mondial pour la nature), qui s’installe lui aussi à Gland. En jouant sur l’image et l’affect (quel enfant ne serait pas attiré par ce panda géant, symbole du WWF ?), la médiatisation de la défense de l’environnement deviendra le cheval de Troie de l’oligarchie pour s’opposer à toute croissance démographique, un phénomène qu’elle estime cancéreux, en particulier dans les pays du Sud.

Un des stratagèmes du WWF sera la défense des oiseaux. Or, où se reproduisent-ils ? Dans l’immense mosaïque des zones humides reparties sur la surface du globe, comme par exemple dans les marécages des Dombes en France, pour ne citer qu’un exemple français.

Or, que fait le WWF ? En 1971, il organise la conférence de Ramsar, une station balnéaire sur les rives de la mer Caspienne en Iran, où 18 pays signeront une convention sur la protection des zones humides, stipulant que chaque partie contractante devra désigner sur son propre territoire des sites à inclure dans la liste (dite « de Ramsar ») des zones humides « importantes, en raison des fonctions écologiques et hydrologiques qu’elles remplissent, pour la conservation de la diversité biologique mondiale et la pérennité de la vie humaine ». Ensuite, tout dépend forcément de l’interprétation de ce texte ambigu.

A la date du 17 septembre 2010, 160 pays ont signé cette convention qui concerne 1898 sites « de Ramsar », représentant une superficie totale de 186 millions d’hectares, soit plus de quatre fois la superficie de l’Allemagne !

D’abord, constatons qu’en France, parmi les 36 sites, on trouve la baie du Mont Saint-Michel, la Camargue, mais aussi « l’Impluvium d’Evian ». On comprend mieux quand on sait que Danone et sa compagnie des Eaux d’Evian, depuis 1998, sponsorise la Liste de Ramsar.

Cependant, c’est peut-être en Afrique que l’on découvre le revers de la médaille. Alors que le projet Transaqua, qui comprend la construction d’un canal long de 2400 km, couplé à un effort sérieux d’aménagement d’un lac Tchad sauvé et réalimenté en eau, pourrait enrayer en quelques années les famines à répétition qui menacent la vie de plus de dix millions de personnes au Sahel, on constate que ce qui reste du lac sous forme de marécages a été progressivement inscrit sur la liste de Ramsar et doit désormais être « protégé » en l’état !

Sur la liste des « sites de Ramsar », on trouve la partie camerounaise du lac Tchad (12 500 ha) ainsi que quelque 600 000 ha de la plaine du Logone, une des rivières qui l’alimentent. La partie tchadienne du lac (1 648 168 ha) y figure également, ainsi que les plaines d’inondation du Logone (2 978 900 ha). Le Niger lui aussi a inscrit 340 423 ha du lac sur la liste. Le lac se meurt et les poissons se font de plus en plus rares, mais il est bien protégé !

Autre exemple ? Prenez l’immense « marais du Sudd », région marécageuse formée par le Nil Blanc dont la poldérisation, notamment grâce au canal de Djongleï (inachevé à cause des conflits), aurait pu permettre au Soudan de jouer son rôle de grenier à blé pour tout le continent africain. Sans surprise, le marais du Sudd avec ces 5 700 000 ha, figure lui aussi sur la dite liste !

Pour conclure, disons simplement qu’il est grand temps de mettre fin à ce scandale en garantissant le droit à l’entière croissance pour tous, y compris pour nos amis de la biosphère qui sont assez mal représentés par les drôles d’oiseaux du WWF !

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Vos commentaires

  • Le 22 octobre 2010 à 00:41
    par petite souris

    Merci a Karel pour ces excellentes precisions.

    Tout pour empecher le developpement de l’afrique, mais en pillant ses ressources !
    Tout y compris les conflits ( d’ou provient l’argent, les armes et les "renseignements" ?)

    Répondre à ce message

  • Le 20 octobre 2010 à 19:39
    par Jérôme Dumoulin

    Les deux exemples que vous donnez d’une "malfaisance " du WWF ne me semblent pas du tout pertinents. La mise en oeuvre du Lac Tchad et de la région de Jonglei qui sont immenses, supposeraient des fonds astronomiques, On ne voit pas qui pourrait financer cela. Les grands projets agricoles dans les pays en développement, comme les barrages, se sont souvent révélés des catastrophes, il y a des bibliothèques entières sur ce sujet, publiées y compris par la Banque Mondiale.
    Mais la raison principale est le problème de "troubles", voire de guerres dans ces deux pays (Tchad et Soudan), ce qui fait que ces mises en oeuvres n’ont aucun sens.
    C’est votre droit de ne pas aimer le WWF (je n’en fais pas partie ni n’en suis un donateur, ni ai travaillé pour lui), mais s’il vous plait, arrêtez de dire trop de conneries.
    Merci

    • Le 20 octobre 2010 à 23:38
      par Volapuk

      Il est vrai que la pertinence de cette article m’échappe aussi quelque peu. Ce que je crois comprendre par "protégé" signifie "laisser mourrir" mais c’est à la fois paradoxal. Dans la logique Malthusienne à l’oeuvre, un grand silence equivaudrait à une mort expéditive et sans bruits... Quelqu’un aurait il une meilleur explication ?
      Pour vous répondre Mr Dumoulin. La question du financement repose sur le droit des peuples à pouvoir convertir leur monnaie en crédit productif sur du long terme et réactiver de cette facon des coopérations entre Nations. Les dossiers de S&P sont assez bien expliqués pour vous orienter sur ces questions d’équipement de l’homme et de grands travaux.

    • Le 21 octobre 2010 à 08:00
      par yann

      Salut Jérôme,
      J’habite Madagascar, et mon pays, sous le prétexte de la protection des animaux annexe et ’protège’ de nombreuses zones d’exploitations agricoles.
      Le WWF déplore l’utilisation du bois de palissandre comme bois de chauffe par exemple juste pour donner un cliché de la "dépense énergétique environnementicide" des habitants de mon pays.
      Cependant, à part le bois de chauffe, comment faire cuire les aliments ? en utilisant le gaz ?, l’électricité ?. Ces deux denrées sont importés !. Comment défricher un terrain sans le brûler sans bulldozer pour vivre sachant que les bulldozer n’arrivera pas avant 2 siècles ?

    Répondre à ce message

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