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Fruits, légumes, médicaments, santé publique : Le libre échange tue !

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Conséquence de trente ans de spéculations insensées, rendues possibles par une dérégulation dont l’abrogation de la loi Glass-Steagall fut l’apogée, les grandes banques américaines et européennes vacillent aujourd’hui au bord de la faillite. Pour elles, ce n’est pas le moment de faire du sentiment. Car pour « tenir », cette finance folle, au lieu de remettre en cause son système, ne fera qu’aggraver ses abus.

En témoigne le comportement de banques comme Dexia dans l’affaire des « emprunts toxiques » contractés par des collectivités locales, forcées d’entamer des procédures devant les tribunaux pour renégocier une dette usuraire.

Voici deux autres reflets de cette folie meurtrière : les pratiques des grands groupes de la distribution alimentaire et du médicament.

La fin des fruits et légumes made in France ?

En France, la plupart des producteurs de fruits et légumes risquent de déposer le bilan avant la fin de l’année. C’est ce qui se produira si rien n’est fait pour rétablir immédiatement une régulation publique des marchés.

Alors que les prix en rayon ne cessent d’augmenter pour le consommateur, les prix payés par la grande distribution aux producteurs continuent de chuter. Ainsi, pour 2011, on prévoit que la baisse du revenu des producteurs sera pire qu’en 2009, quand leur revenu s’était effondré en moyenne de 45 %. « Nous ne pouvons plus vivre de notre travail », déclare le syndicat Légumes de France, affilié à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

Le prix payé pour l’artichaut a chuté de 49 %, celui de la poire de 19 %, celui de la tomate de 29 % et celui des pêches de 15 %. La distribution achète la poire 20 centimes le kilo alors que son prix de revient est le double. Idem pour la tomate, payée 50 centimes le kilo, alors qu’il en faut 80 pour le produire. On paye 80 centimes le kilo de pêches, dont le prix de revient est d’environ 1,35 euro.

Pointés du doigt, le « libre échange » et les grands groupes de la distribution qui préfèrent s’approvisionner en Italie, en Allemagne et surtout en Espagne, où produire un kilo de pêches coûte 85 centimes alors qu’il revient à 1,35 euros en France.

Lorsqu’on sait que le coût de la main d’œuvre intervient parfois pour 80 % dans le prix de revient, on se rend vite compte que cette différence de « productivité » s’obtient exclusivement en sous-payant la main d’œuvre. En France, une heure de main d’œuvre agricole coûte 10 à 12 euros, alors qu’en Espagne elle en coûte 6, et 5 en Allemagne, deux pays où la loi ne fixe pas de salaire minimum. Alors que des ouvriers espagnols viennent chercher en France de meilleurs salaires, l’Espagne emploie des centaines de milliers de Roumains et des travailleurs africains clandestins. La perspective de profits mirobolants y a attiré les investisseurs subventionnés par l’Union européenne. Aujourd’hui, la région catalane de Lérida produit à elle seule plus de fruits que toute la France. Chez nous, la production de pêches et de nectarines est tombée de 550 000 tonnes il y a 15 ans à moins de 300 000 aujourd’hui. Seul problème, avec la crise et le chômage de masse chez eux, les Espagnols n’ont plus d’argent pour acheter des fruits ! Pour écouler ses stocks, l’Espagne les balance à perte dans toute l’Europe à des prix dumping, souvent moins de 50 centimes le kilo.

Cela n’a pourtant pas conduit la distribution à répercuter la baisse dans les gondoles. Les marges de profit sont de 50 % sur les melons, de plus de 100 % sur les endives et même de plus de 500 % pour certaines cerises !

Sans perspective d’obtenir un prix raisonnable pour leur production, de nombreux producteurs, pour ne pas aggraver leurs pertes, laisseront pourrir les légumes dans les champs et les fruits sur les arbres. « Après trois années négatives, beaucoup se demandent s’ils vont renouveler leur verger », assure Bruno Darnaud, président de l’Association des producteurs de pêches-nectarines. « On arrive à la fin d’un système. On est à bout. »

Alors que les syndicats agricoles plaident avec raison pour l’imposition d’un contrôle des marges, un calendrier des récoltes et une taxe à l’importation, Bruno Le Maire, qui ne jure que par une régulation directe entre producteurs et industriels sans intervention d’Etat, comme l’exige « la libre concurrence non-faussée » au sein de l’Union européenne, refuse de reconnaître le désastre.

Tandis que les producteurs vendent à perte, la grande distribution s’octroie des marges exorbitantes. Lors de sa vente directe annuelle de fruits et légumes à Paris, le Modef a tenté de donner l’exemple. «  Nous n’avons pas vendu à perte , précise son secrétaire général Raymond Girardi. Nous avons vendu les produits au prix que nous invitons les grandes surfaces à suivre, c’est-à-dire 1,5 euros le kilo de poires, par exemple » , quand elles atteignent entre 3 et 5 euros en grande surface. « Des tomates achetées dans les centrales d’achat des producteurs à 75 centimes le kilo se retrouvent dans les rayons à 2,50 euros » , dénonce le Modef. « S’ils nous achetaient le kilo à 1 euro, et le revendaient à 1,50 euro, une marge de 50 centimes serait largement suffisante pour couvrir leurs frais et faire des bénéfices , cela permettrait des prix accessibles pour le consommateur » , précise le syndicat.

Pour sa part, Bruno Dupont, le président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, va jusqu’au bout de la logique actuelle. Moins combattif, en parlant de la pêche, il demande au gouvernement Sarkozy de «  décider, une bonne fois pour toutes, d’arrêter la production de ces fruits en France et [de] se reconvertir ».

Le 12 août, un communiqué de Légumes de France annonçait que les producteurs ont décidé de cesser de payer les cotisations patronales de la Mutuelle sociale agricole (MSA), les échéances bancaires et autres charges.

« Nous devons conserver le peu de liquidités qu’il nous reste afin de payer nos salariés et nos fournisseurs locaux, nous n’avons plus de choix, allèguent les producteurs de Légumes de France. Les acteurs du commerce et les Pouvoirs publics ne veulent pas entendre le cri de colère et de désespoir des producteurs » , conclut le communiqué.

Une pénurie organisée de médicaments… en France

Depuis plusieurs mois, entre 160 et 370 types de médicaments, sur les 5300 vendus en pharmacie, sont régulièrement introuvables dans les officines. Le taux d’indisponibilité est passé de 0,7 à 1,3 jour par mois, un délai crucial qui peut même s’avérer fatal pour certains patients dépendant de l’insuline, de traitements hormonaux ou d’antirétroviraux pour les malades atteints par le sida. Depuis mars, les pharmacies déclarent des ruptures de stocks pour 1200 médicaments dans 300 spécialités.

Cette folie résulte de l’arrivée, dans le business de la distribution du médicament, des soi-disant « short-liners », qui tirent essentiellement profit de l’achat de médicaments bon marché dans un pays pour les revendre à un prix plus élevé dans un autre. Puisque chaque pays de la zone euro fixe ses propres prix, les short-liners peuvent s’enrichir en jouant sur ces différences. Certains médicaments s’achètent 10 % moins cher qu’en France en Espagne, en Grèce et en Italie et se revendent jusqu’à 20 % plus cher en Allemagne !

En France, la législation oblige les sept grands distributeurs (parmi lesquels les français OCP et CERP, le britannique Alliance Healthcare et l’allemand Phoenix) à assurer l’approvisionnement pour au moins 90 des spécialités sur une période de quinze jours. Les 10 % restants peuvent en toute légalité prendre le chemin du marché étranger.

Cependant, la tentation du profit semble irrésistible. Afin de limiter des ventes excessives à l’étranger, les laboratoires (Pfizer, Lilly, Roche, etc.) ont fini par fixer des quotas de production pour 600 produits. Las ! la pénurie actuelle semble confirmer que les distributeurs préfèrent le profit à la santé des malades ! Même l’ultralibéral Xavier Bertrand a dû se faire menaçant en disant qu’il pourrait changer les lois si les médicaments continuent à manquer aussi souvent en pharmacie.

Se faire opérer sans anesthésie ?

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Ce qui nous attend : extraction dentaire sans anesthésie (gravure anglaise).
Crédit : www.liveinternet.ru

Encore plus inquiétant, mais conséquence ultime d’un libre échange à la dérive, le fait, dénoncé le 18 août par la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), que certains anesthésiants ne sont plus fabriqués ou distribués pour des raisons de rentabilité, alors qu’ils sont irremplaçables dans certaines indications.

C’est notamment le cas du thiopental, un anesthésique d’action rapide utilisé en clinique depuis 1934 et très bon marché (un flacon coûte environ 2 euros). En raison de sa rapidité d’action, il est utilisé pour les interventions chirurgicales faites en urgence, sans que le patient ait eu le temps d’être à jeun. Il est également indiqué dans le traitement des traumatismes crâniens graves et de certains états épileptiques.

Or, Hospira, le laboratoire américain qui distribue le thiopental en France, en a cessé la commercialisation depuis le 27 juillet. La SFAR souligne qu’«  aucun produit ne permet, dans les indications du thiopental, d’assurer une sécurité équivalente du patient  ».

D’autres médicaments bon marché utilisés depuis longtemps en anesthésie (notamment le propofol et la lidocaïne adrénalinée) risquent eux aussi de ne plus être produits. Car une fois perdue la propriété intellectuelle (épuisement des droits du ou des brevets), les médicaments en question peuvent être commercialisés sous des formes dites génériques (en plus des formes commerciales existantes), ce qui fait chuter immédiatement les marges de profit. Les grands laboratoires peuvent alors, pour des considérations de profit et non de santé publique, « librement » décider de mettre fin à la production d’un médicament « non-rentable ».

Ces menaces ou pénuries inquiètent toute une profession, qui prend tout de même en charge 8 millions de patients chaque année en France : «  Nous en venons à nous demander si nous pourrons continuer d’assurer la prise en charge des patients. Si l’on ne trouve pas de solution, le risque existe que l’on ne puisse plus réaliser d’anesthésie dans le cadre d’actes chirurgicaux ou diagnostiques  », déclare le docteur Laurent Jouffroy, président de la SFAR.

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