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Grippe A/H1N1 : guérissons la planète de la finance folle !

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8 mai 2009 (Nouvelle Solidarité) — Le 24 avril, peu après le signalement des premiers cas aux Etats-Unis, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce qu’un nouveau virus de grippe A-H1N1 est apparu au Mexique.

Pourtant, dès la fin mars, le Mexique avait déjà enregistré un nombre inhabituel d’infections respiratoires sévères chez les jeunes adultes en bonne santé. Le 9 mars, Sanofi Pasteur signait d’ailleurs un contrat de 100 millions de dollars pour la construction d’une usine de vaccins contre la grippe.

Bien que l’épidémie H1N1 touche des citadins et non des éleveurs, on jette rapidement le blâme sur les élevages de porcs, bien qu’on n’ait trouvé aucun virus dans ce type d’exploitation. Le terme impropre de grippe « porcine » fait alors son apparition.

La panique se répand alors avec une vitesse égale, voire supérieure, à celle du virus. Le prix du porc s’effondre, la Chine et la Russie interdisent l’importation de cette viande et l’Egypte, durement touchée par la grippe aviaire en 2006, ordonne, pour assainir des élevages n’obéissant à aucune norme d’hygiène, l’abattage des 300000 cochons élevés sur son territoire.

Si jusqu’ici on se voulait serein, le ton change début mai. Le jeudi 7 mai, le numéro deux de l’OMS, le Dr Keiji Fukuda, affirme que « selon une estimation raisonnable, un tiers de la population mondiale (2 milliards de personnes) serait contaminé en cas de pandémie. » Même si le virus était peu virulent, le nombre de personnes qui présenteraient des complications en développant une pneumonie et décéderaient serait très important, explique le Dr Fukuda.

D’après le site internet de L’Express, l’Institut Pasteur se déclare « raisonnablement préoccupé » mais personne n’exclut un scénario catastrophe semblable à celui de la grippe « espagnole » en 1919, lui aussi de souche H1N1. A l’époque, en quelques mois, cette pandémie fit plus de victimes que la Première Guerre mondiale : un milliard de malades (40% de la population mondiale) et au moins 40 millions de morts.

Quelle différence avec une simple grippe ? Si une grippe saisonnière n’emporte « que » des populations fragiles (personnes âgées, nourrissons, etc.), les mutations rapides du virus et l’explosion soudaine de sa virulence peuvent entraîner la mort d’autres types de population par des pneumonies foudroyantes avec hémorragie immédiate. La grippe peut également atteindre le cerveau, provoquant des encéphalites fatales. C’est le danger immédiat pour l’hémisphère sud où l’hiver commence et pour nous, dès l’automne, si rien n’est fait.

Examinons quelques cas historiques pour comprendre l’interaction entre économie et apparition de pandémies. De la même façon que la faillite de la banque italienne Bardi, en 1345, créa les conditions pour l’émergence de « la peste noire » trois ans plus tard, ce fut la « grande guerre » de 1914-18, avec son cortège de famine et de misère, qui prépara le « terrain » biologique, sanitaire, social et économique, propice au retour en force de virus que l’on croyait éradiqués. Aujourd’hui, c’est la peste de la mondialisation financière qui, telle une guerre, réclame son dû.

Qu’importe donc que le virus soit « né » au Mexique ou en Asie ! Ce qui est certain, c’est que sous le régime de Lopez Portillo, au pouvoir jusqu’au 1er décembre 1982, le Mexique (sans être parfait) pouvait être fier de son autosuffisance alimentaire, fournissait de l’eau potable à 70% de sa population et envisageait même la construction d’une vingtaine de centrales électro-nucléaires.

Depuis lors, comme ailleurs sur la planète, le libre-échange et la finance folle ont rongé sa substance, appauvrissant les pauvres et enrichissant les riches. L’accord général sur le commerce (GATT) et l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada (l’ALENA) imposèrent la privatisation des banques et de plus de mille sociétés du secteur public. La richesse du pays, disait-on à l’époque, c’est sa main-d’œuvre bon marché. Et on l’envoya aux Etats-Unis, ce qui eut pour effet de ruiner les travailleurs américains. Après la dévaluation de 200% du peso en décembre 1994, le PIB mexicain chutera de 7%. La misère et le désengagement de l’Etat favorisent alors l’éclosion de l’économie de la drogue. Un rapport de 1996 estimait à 350000 le nombre de personnes impliquées dans ce secteur, dont 130000 cultivateurs. 85% d’entre eux étaient des jeunes gens mariés de moins de 31 ans. Dépossédé par la mondialisation, le Mexique n’est plus capable de soutenir sa démographie, considérée d’ailleurs comme une menace par son voisin du nord.

La question se pose donc si on peut « prédire » l’apparition de pandémies ?

Comme Lyndon LaRouche le faisait remarquer dès mars 1973, étant donné qu’économie, santé publique et potentiel démographique font partie d’un même processus dynamique, toute crise économique systémique risque inévitablement de déboucher sur l’apparition de pandémies.

Dans « Science économique et pandémies » (mars 1985), il écrit : « Nous nous sommes surtout intéressés aux répercussions sur la santé qu’entraînerait la chute de la ration alimentaire individuelle en dessous d’un minimum biologique relatif, ainsi qu’aux effets de l’effondrement de l’hygiène et d’autres éléments de l’infrastructure économique de base sur les conditions de vie d’une population sous-alimentée. (…) Le cas où la population sous-alimentée deviendrait un terrain propice pour l’éruption de maladies épidémiques et pandémiques (…) doit requérir particulièrement notre attention. »

Selon ce mémorandum de 1973, la société humaine doit être considérée comme « partie intégrante de la biosphère, à la fois comme un tout mais aussi localement ». De ce point de vue, « un effondrement de la société oblige, bien évidemment, la partie de la biosphère affectée à fonctionner à un niveau inférieur, (…) ce qu’elle tend à faire en augmentant le rôle des formes relativement inférieures de vie », au détriment des formes plus évoluées. « Ces formes inférieures de vie se nourrissent alors des formes supérieures, y compris de l’espèce humaine, devenues le "carburant" de leur propre prolifération. »

C’est donc de la finance folle qu’il faut d’abord guérir la planète. Car sans revenir à des politiques économiques permettant de créer les infrastructures sociales et physiques indispensables, nul vaccin, nul médicament ne pourra inverser, comme par magie, la dynamique enclenchée.

A lire : La grande aventure des Pasteuriens en Afrique et en Indochine

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