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Histoire drone : la dangereuse militarisation du régime Obama

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Le 30 septembre un drone (avion sans pilote) téléguidé par la CIA assassine au Yémen l’imam radical Anouar Al-Aulaqi, un citoyen américain devenu le responsable local d’Al-Qaida.

Même, s’il a abandonné le verbiage de la « guerre globale contre le terrorisme » , Obama a multiplié les frappes depuis des drones et élargi les bases légales permettant des assassinats ciblés. Sur le seul Pakistan, 255 tirs de drones ont été effectués depuis son mandat, soit cinq fois plus que durant les deux mandats de George Bush, tuant 1300 personnes, également cinq fois plus. En période préélectorale, alors que la popularité d’Obama s’effondre sur sa politique économique, 62% des Américains approuvent sa façon de gérer la menace terroriste.

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Après le 11 septembre 2001, Dick Cheney, à l’époque vice-président de George Bush, s’est singularisé par sa défense de la torture, les prisons de Guantanamo et, suivant le modèle israélien, l’utilisation des drones pour des assassinats ciblés. Ce dernier programme, géré par un comité secret échappant à tout contrôle démocratique, a été repris et intensifié par Barack Obama.

Or, le populisme seul ne suffit pas à expliquer le tournant actuel. Dans la revue Executive Intelligence Review (EIR) créée par Lyndon LaRouche, Nancy et Edward Spannaus écrivent :

Dans un pays lointain, un comité secret nommé par le chef suprême se réunit dans la capitale. Le public ignore l’identité des membres du comité, mais il s’agit de hauts responsables des services de renseignements et de la police. Seule une petite poignée d’individus a connaissance du cadre légal du comité. Ce dernier a reçu des informations, au mieux assez vagues, selon lesquelles un citoyen du pays, appelons-le citoyen A, est passé dans le camp de l’adversaire et diffuse la propagande de l’ennemi. Le comité arrive rapidement à la conclusion que le citoyen A doit disparaître. Une fois que le verdict du comité obtient l’approbation du chef suprême, ce qui ne saurait tarder, les jours du citoyen A sont comptés. Rien que la parole du chef suprême suffit. Certes, le pays a une Constitution, mais les avocats au service du régime s’arrangent pour démontrer que les textes ne s’appliquent pas à ce cas précis. Le pays dispose d’une magistrature, mais les Cours n’osent pas trop se mêler des décisions du chef suprême pour tout ce qui relève de la Sécurité nationale. Le pays a aussi une législature dont les membres posent occasionnellement une ou deux questions timides tout en rebroussant rapidement chemin quand le régime évoque le sacro-saint principe du secret défense. Puisque le citoyen A réside à l’étranger, une balle perdue n’est pas une option. Cependant, un missile fera le boulot, et s’il touche d’autres individus, ce sera pour eux une bonne leçon… 

Malheureusement, poursuivent les Spannaus, « il ne s’agit pas d’un pays lointain, de l’URSS ou de la Corée du Nord, mais des Etats-Unis aujourd’hui » . D’après un article de Mark Hosenball publié par Reuters le 5 octobre, c’est le président Obama en personne qui a créé ce comité secret qui décide quels Américains seront placés sur une liste « kill or capture » (mort ou vif).

L’existence de cette liste n’est que le reflet d’une vaste tentative, en cours depuis longue date, de la part des cartels financiers de Wall Street et de la City, pour imposer une dictature à la Hitler aux Etats-Unis à l’heure où leur système monétariste s’effondre comme un château de cartes.

Ainsi, pour Lyndon LaRouche, l’assassinat d’Al-Aulaqi ne donne qu’un avant-goût de ce qui a été mis en place depuis les présidences de Bush père et fils : l’utilisation de plus en plus massive d’armées privées mercenaires et une surveillance sans précédent des agissements des citoyens. Alors que ce coup d’Etat permanent fut quelque peu ralenti par la présidence Clinton, l’action d’Obama s’inscrit directement dans la lignée des présidences Bush.

Alors que les porte-parole de la Maison Blanche affirment qu’Al-Aulaqi, d’abord un simple inspirateur d’actions violentes contre les Etats-Unis, était passé au statut d’acteur, Hosenball évoque d’autres sources du renseignement américain pour qui en fin de compte, les preuves furent « assez parcellaires » justifiant à peine une arrestation. Evoquant ces « preuves secrètes », le constitutionaliste Glenn Greenwald rappelait dans le magazine Salon que « comme tout avocat vous le confirmera, tant que les preuves restent entre les mains d’un seul, on peut prouver à peu près n’importe quoi ».

Ce qu’on tient pour preuve, perd souvent de sa pertinence, une fois examiné par la défense. Greenwald s’offusque des braves « démocrates » qui soutiennent aveuglement l’exécution d’Al-Aulaqi simplement parce qu’elle fut décidée par un président démocrate. Qu’auraient-ils fait si la liste des gens à éliminer fut élaborée par la Maison Blanche sous Bush ? « Si vous donnez votre feu vert à des fonctionnaires de la Maison Blanche de se réunir en secret, sans cadre légal précis, sans contrôle démocratique, sans transparence, pour mettre au point des listes de citoyens américains à éliminer par la CIA sans aucune forme de procès préalable, alors qu’est ce que vous ne soutiendriez pas ? » Le colonel Patrick Lang, ancien de la Defense Intelligence Agency (DIA) a fait savoir que la création d’un comité secret pour éliminer des Américains est contraire aux lois définissant les engagements militaires, y compris le contre-terrorisme. « Cela rappelle le genre de législations britanniques contre lesquelles nos ancêtres se sont révoltés au XVIIIe siècle », écrit Lang.

Pour alerter l’opinion, des sources au sein du gouvernement ont révélé que le département de la Justice avait élaboré un mémorandum secret autorisant Obama à procéder à des assassinats ciblés. Le 8 octobre, Charlie Savage donna dans le New York Times le contenu de ce mémorandum mis au point par l’Office of Legal Council (OLC).

En cinquante pages, la note secrète, spécialement consacrée au cas d’Anouar Al-Aulaqi et rédigée un an avant son exécution, justifie cette décision en dépit d’un cadre juridique contraire. L’assassiner était légal, affirme le document, parce que les services de renseignement attestaient qu’il avait pris part à la guerre entre les Etats-Unis et Al-Qaida, et qu’il était impossible de le capturer vivant. Le département de la Justice a écarté le décret présidentiel bannissant les assassinats ciblés en estimant que ce texte ne s’applique pas en cas de « conflit armé ».

Human Rights Watch fustige « le refus » d’Obama de rendre publiques les bases légales de l’opération menée au Yémen. Alors qu’Obama refuse de soumettre son action en Libye à un vote du Congrès comme l’exige la Constitution, en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une guerre mais d’une opération humanitaire, l’action des drones de la CIA en Libye serait justifiée car opérée dans le cadre d’un conflit armé…

L’opposition républicaine s’est réjouie qu’Obama poursuive une politique qu’il dénonça lors de sa campagne électorale ou lors de son discours prononcé en recevant le prix Nobel en 2009 : « Même si nous sommes confrontés à un ennemi malfaisant qui n’applique aucune règle (…) les Etats-Unis d’Amérique doivent garder un comportement exemplaire dans la conduite de la guerre (…) C’est ce qui nous rend différents de ceux que nous combattons. »

Lors d’une émission télévisée, l’ancien vice-président Dick Cheney, connu pour sa défense de la torture, a félicité Obama pour l’assassinat d’Al-Aulaqi tout en demandant des « excuses » envers l’Administration Bush pour avoir critiqué sa « réaction excessive » après le 11 septembre.

Obama héro de la guerre des drones

La guerre des drones a commencé pour de vrai après le 11 septembre 2001. L’administration Bush demande alors à Cofer Black, à l’époque un haut responsable de la CIA avant de rejoindre la société militaire privé Blackwater USA, de « sortir les gants de boxe » pour concevoir une bataille de l’ombre destinée à décapiter al-Qaida.

Cette guerre secrète deviendra célèbre pour ses prisons clandestines et son usage de la torture, des pratiques officiellement bannies par l’Administration Obama. Cependant, cette dernière garda le troisième volet du programme, la guerre des drones devenue actuellement l’élément central de la guerre contre-insurrectionnelle. Quelque 5000 drones sont utilisés par l’armée américaine, notamment pour renseigner les unités au sol sur les positions de l’adversaire. Cependant, 148 drones Predator et Reaper, téléguidés à partir de la base de l’US Air Force de Creech au Nevada et à partir du siège de la CIA à Langley en Virginie, servent à des missions d’espionnage et des assassinats ciblés en Somalie, au Yémen, en Afghanistan, au Pakistan et ailleurs.

Bon marché, cette technologie « limite les pertes humaines », mais n’est pas infaillible. Depuis plusieurs semaines, un virus informatique a contaminé les systèmes de la base de Creech. Nombre de drones ne codifient pas les images qu’ils émettent et durant l’été 2009, l’armée américaine a retrouvé des vidéos de surveillance sur les ordinateurs portables des insurgés irakiens. Un programme informatique coûtant 26 dollars (sic) avait permis de les intercepter.

Aussi, « en lançant ces attaques, peut-être créons-nous plus de militants que nous en tuons ? » s’interroge Robert Grenier, un ancien analyste de la CIA.

En juin 2010, Philip Alston, le rapporteur des Nations unies pour les exécutions extrajudiciaires avait lancé, dans un rapport de 29 pages, un appel à l’arrêt des attaques menées à l’aide des drones, justifiables que dans le cas où les individus visés ne peuvent être capturés et qui doivent être réservées à l’armée régulière, dans le respect des lois de la guerre. « Les agences de renseignement, qui, par définition, n’ont pas à rendre de comptes, hormis à leurs commanditaires, n’ont pas à piloter des programmes destinés à tuer des gens dans des pays étrangers » , explique Philip Alston. « Comme les opérateurs se trouvent à des milliers de kilomètres du champ de bataille et qu’ils opèrent uniquement sur des écrans d’ordinateur (...), une mentalité de la Playstation risque de s’installer en matière d’élimination » , ajoute-t-il, évoquant la console de jeu de Sony. « C’est parfois dur de passer du terrain de guerre au terrain de foot de mon fils » , admet un télé-opérateur de drone.

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Vos commentaires

  • Le 20 octobre 2011 à 12:47
    par petite souris

    Merci encore Karel pour cet excellent article assez drone en somme !!

    Donc les drones sont des armes de destruction humaine !
    Déjà 1.300 victimes ! Beau tableau de chasse pour Obama en effet !!
    Des drones téléguidés ! Super ! Quel jeu vidéo !
    Ben voui ! Hein !
    Mieux que du virtuel c’est du "pour de vrai" en vrai !
    Plus drone, ... tu meurs !!!

    En Lybie, il s’agit donc bien d’une action humanitaire avec mort d’homme ... Même avec mon petit Larousse je ne comprends pas le rapport entre la définition des mots et la réalité humanitaire sur le terrain.........

    • Le 22 octobre 2011 à 16:00
      par Clément

      Je me permet quand même d’émettre un énorme doute sur le "piratage" de la liaison radio du drone par des insurgés irakiens. Je crois qu’on est là en plein fantasme à la "Mission Impossible".

    Répondre à ce message

  • Le 20 octobre 2011 à 14:25
    par EDITH

    62% des Americains approuvent la politique anti-terroriste d’Obama .C’est le monde à l’envers se sont les terroristes Etats-Uniens qui tuent des gens qui essayent de garder leur indépendance ,et de se défendre,face à l’empire.Cela fait 50 ans que les States pompent l’air à tout le monde et ils sont tellement schyzophrènes qu’ils continuent à dire AMEN à la politique de leur gouvernement ,pourri,du moment que l’on ne touche pas à leur porte-monnaie. Franchement c’est à vomir ,et à part Larouche et son mouvement,pour moi il n’y a rien à garder du pays de l’oncle sam.Ils sont en train de fabriquer ,avec Israël ,de milliers de drônes ,ils en balancent sans arrêts sur la population en Somalie ce sera bientôt notre tour ,avec l’accord de Sarko ou de Hollande l’âge des ténèbres a bien commencé !!!

    Répondre à ce message

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