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La Belgique doit fermer son petit bazar BHV

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Nouveau caprice de la classe politique belge ou véritable crise de régime ? L’absence d’une réponse claire à cette question provoque forcément quelques inquiétudes parmi les Belges après que le roi Albert II ait accepté la démission du Premier ministre Yves Leterme (CD&V) et l’échec de la mission du médiateur nommé par le roi, le ministre des finances Didier Reynders, dans une ultime tentative visant à rabibocher le gouvernement. A l’origine de la chute du gouvernement, le départ d’une des cinq composantes de la coalition, le Parti libéral flamand (Open VLD), en désaccord avec la décision du premier ministre d’ajourner le vote sur la scission du district électoral Bruxelles-Halle-Vilvoorde (BHV), caricaturalement dépeint comme le début d’une scission de la Belgique tout court.

Partout, surtout à l’étranger, on pose immédiatement la question : assiste-t-on à la fin programmée du pays ? En Belgique, on répond avec un certain flegme que la fin s’annonce, mais qu’elle sera pour plus tard. L’on comprend donc que la panique gagne les esprits. A Bruxelles, des anciens combattants, y compris les derniers survivants de la Brigade Piron, ont tenu a rappeler pourquoi, lors des heures sombres, ils ont risqué leur vie pour la patrie. Près du Parlement une manifestation « pour l’unité de la Belgique » s’organise et des simples citoyens descendent dans la rue agitant fiévreusement le drapeau tricolore belge.

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Pour les étrangers, et même pour la plupart des Belges, avouons que le problème n’est pas facile à comprendre. En France, TF1, visiblement en panne de budget pour faire du vrai journalisme, parlant de la crise belge, montra au journal de 20h une carte où les noms Flandres et Wallonie étaient inversés ! La chaine de télévision néerlandaise NOS montra elle-aussi une carte déformée où deux provinces flamandes apparaissaient comme intégrées à la région wallonne.

Alors BHV, de quoi s’agit-il ?

En 1962, la Belgique (10,6 millions d’habitants) tente de se stabiliser en établissant des « frontières » linguistiques, délimitant dans le nord, la partie flamande néerlandophone (eh oui, le flamand n’est pas un étrange dialecte parlé dans le nord de la France mais identique au néerlandais, une langue parlée par plus de 22 millions de personnes dans le monde, associée historiquement à une riche culture), dans le sud, la partie wallonne francophone et dans l’est, quelques cantons où 75000 Belges sont germanophones.

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Reste, enclavée en Flandres, Bruxelles (1,1 million d’habitants) qui est entièrement bilingue et regroupe 19 communes. Flamands et Wallons adoptent le projet au Parlement et font alors des concessions en ce qui concerne certaines communes à cheval sur cette ligne qui traverse horizontalement le pays. Tout le long de ce processus, afin de laisser le temps aux citoyens concernés de s’adapter à la langue officielle du territoire qu’ils habitent, les élus ont crée des « communes à facilités » qui offrent des avantages spécifiques aux populations minoritaires : elles peuvent, sur demande, faire des démarches administratives dans leur propre langue. Ainsi, 12 communes néerlandophones, dont 6 de la couronne entourant Bruxelles, offrent des facilités aux francophones ; 4 communes francophones offrent des facilités aux néerlandophones et 9 communes germanophones offrent des facilités aux francophones.

A cela s’ajoute qu’en 2003, la Belgique réforme les circonscriptions électorales. Tout est fait pour les faire coïncider avec les dix provinces du royaume, à l’exception de la province du Brabant au centre du pays.

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Coupée en deux par la frontière linguistique qui départage le Brabant flamand dans le nord, du Brabant wallon dans le sud, il a été décidé étrangement de sous-diviser le Brabant flamand en deux circonscriptions : à l’est, celle de Leuven (Louvain), et à l’ouest celle qui agglomère Bruxelles (bilingue) avec ce qui reste du Brabant flamand (néerlandophone), baptisée arrondissement Halle (Hal)-Vilvoorde, composé de 35 communes. Pour résumer : B + H-V = BHV.

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Cette addition va créer les conditions d’un traitement inéquitable comme le souligne un arrêt de la Cour constitutionnel belge de 2003. Car dans les faits, on accorde aux partis politiques francophones le droit de venir chercher des électeurs dans toutes les communes de la circonscription BHV. En pratique, cela veut dire que les grands ténors de la politique francophone bruxelloise peuvent solliciter des voix auprès d’électeurs flamands habitant des communes flamandes en Flandres. De l’autre coté, les partis flamands de Bruxelles n’ont évidemment pas le droit de solliciter le vote des minorités flamandes vivant dans le Brabant wallon en Wallonie.

Fermer le petit bazar BHV

En dehors des passions et de la démagogie électoraliste des uns et des autres, des solutions existent. Les francophones devraient accepter sans crainte la séparation de la circonscription BHV réclamée par l’ensemble des parties politiques flamands. Bruxelles deviendra une circonscription électorale (bilingue) et l’arrondissement Halle-Vilvoorde intègrera à la circonscription de Leuven pour former la circonscription unique (néerlandophone) du Brabant flamand. En échange, les Flamands pourraient envisager que quelques communes flamandes à facilités, où la « minorité » francophone et devenu majoritaire depuis belle lurette, puissent rejoindre pleinement la circonscription bilingue de Bruxelles.

Enfin, si depuis des lustres le français est enseigné en deuxième langue en Flandres, l’apprentissage du néerlandais reste simplement optionnel en Wallonie, ce qui n’est pas de nature à favoriser l’unité du pays.

Une solution de compromis, fondée sur des principes, n’est envisageable que sous condition d’extraire le dossier des mains des séparatistes pour qui le débat n’est qu’un vaste jeu d’échec visant à mettre « l’adversaire » K.O., afin d’engranger des voix, et à terme, pour faire plaisir à leur propre orgueil, dissoudre le pays.

Comme nous l’avons documenté ailleurs, la dissolution de la Belgique est une expérience de laboratoire menée par des géopoliticiens de l’oligarchie impériale britannique. Rappelons simplement l’article de l’hebdomadaire britannique The Economist du 6 septembre 2007, affirmant brutalement que « C’est le moment d’en finir », car « le pays est devenu une monstruosité de la nature, un État où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour. Les belges ne devraient pas se sentir tristes. Les pays viennent et s’en vont ».

Rappelons également qu’une partie de l’élite bancaire, gagnée au néolibéralisme le plus extrême, fantasme depuis longtemps à l’idée de se débarrasser du modèle sociale belge. D’après le chroniqueur flamand Manu Ruys du journal De Standaard, dès 1979, Luc Wauters, à l’époque grand patron de la Kredietbank KBC, avait ordonné à ses services, dirigés par Jaak Stockx, aujourd’hui professeur d’économie à l’Université Catholique de Louvain, de mener dans le plus grand secret une étude sur la dissolution de la Belgique « prouvant » la rentabilité d’un tel projet. Or, cette thèse darwinienne, secrète à l’époque, se retrouve aujourd’hui ouvertement défendue par le think-tank flamand In de Warande que dirige Remi Vermeiren, ancien directeur du conseil d’administration de KBC et dont Jaak Stockx est l’un des fondateurs ! L’inertie actuelle face aux problèmes communautaires n’est en réalité rien d’autre qu’une politique délibérée visant à laisser pourrir la situation afin d’imposer par la suite l’éclatement du pays qui a été décidé d’avance dans le plus grand secret.

Aux Belges donc de combattre chez eux cette élite qui est prête à dissoudre son pays au profit d’une puissance étrangère ! Pour notre part, comme Guillaume le Taciturne, nous disons : « Je maintiendrai ». De plus, avec cinq minutes de courage et une vraie attitude responsable, une solution satisfaisante pour les Belges peut rapidement voir le jour. La Belgique s’achemine de toute évidence vers un moment révolutionnaire, non pas qu’ils soient tellement révolutionnaires, mais parce que le divorce entre la population et la classe politique, déjà manifeste lors de la Marche blanche, prend une fois de plus des proportions insoupçonnées. Le vrai sujet n’est donc nullement le divorce entre Flamands et Wallons mais entre citoyens belges et une classe politique qui les trahie.

A contrario, si le nœud gordien du BHV n’est pas tranché, aucune élection ne sera conforme à la Constitution. Pire encore, convoquer des électeurs dans ces conditions aggrave la crise institutionnelle. Par conséquent, enlever au plus vite cette épine de la patte du lion belge renforcera sa capacité à résister à la tempête féroce qui s’annonce sur le plan monétaire mondial et évitera à la Belgique de terminer comme une « Grèce de la mer du nord ».


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