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Le Financial Times de Londres confirme son offensive pour Glass-Steagall

La rédaction
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Après avoir publié un éditorial la semaine dernière prônant la séparation complète des banques commerciales (ou de dépôts et de crédit) des banques d’investissement selon de principe de Glass-Steagall, le Financial Times a poursuivi sa couverture sur ce thème hier avec une courte vidéo sur son site intitulée « Banks beyond Bob » (Les banques après Bob [Diamond, PDG de Barclay’s]).

Dans le contexte d’une discussion sur le scandale de la manipulation du taux d’intérêt LIBOR ainsi que de la taille excessive et la complexité des institutions bancaires, entre le journaliste John Authers et son « invité » John Plender, un ancien du Foreign Office et chroniqueur respecté du FT, ce dernier explique que « c’est une chose très curieuse que dans la banque tout le monde semble accepter l’idée selon laquelle les conglomérats sont une bonne chose ; que des secteurs d’activités très différents, les banques d’investissement et les banques commerciales – banques de détail – peuvent être mis ensemble sur la base qu’il y aurait des synergies. Alors qu’il existe plein d’études académiques suggérant que la valeur des banques est substantiellement plus faible que la somme de leurs parties, et qu’il y a peu de bénéfices associés à la formation de conglomérats. »

Comparant ensuite la taille des banques (en termes d’actifs) par rapport au PIB de leur pays d’origine (voir ci-dessous), Plender ajoute qu’une partie insuffisante du débat a porté, jusqu’à maintenant, « sur la nécessité de scinder les banques », de revenir, « en quelque sorte à une division à la Glass-Steagall entre banques d’investissement et banques de détail ».

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Actifs détenus par les banques par rapport au PIB
Comparaison, par pays, du total des actifs détenus par les grandes banques par rapport au PIB des pays où elles ont élu domicile. Notez la position inquiétante des banques françaises.
Publié par le Financial Times

Pour terminer, Plender conclut en disant que la solution préconisée par la Commission Vickers, avec sa séparation virtuelle des activités bancaires au sein d’une même entité, ne répond pas au danger que pose la trop grande taille des banques, et que le scandale de la Barclays/LIBOR force la discussion sur la nécessité d’une mesure « bien plus fondamentale – qui est de séparer ou couper en plusieurs morceaux ces grands conglomérats bancaires. »

La poursuite de ce débat dans une presse qui a été jusqu’ici toute dévouée à la City semble confirmer qu’une partie des élites anglaises a décidé, comme le fit Winston Churchill en son temps lors de sa rupture avec Mussolini et Hitler pour se ranger derrière Roosevelt, de virer sa cuti et de chercher à assurer la survie du pays.

En sera-t-il de même des élites françaises ?

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Vos commentaires

  • Le 10 juillet 2012 à 21:35
    par Colbert_

    Intéressant.
    En quoi la position des banques françaises est-elle inquiétante ? Auraient-elles étouffé l’économie réelle pour se doter d’actifs plus solides que leurs homologues ?
    Quelles sont les positions des banques britanniques et suisses ? La position des banques US est inquiétante elle-aussi.

    • Le 12 juillet 2012 à 11:09
      par Thomas

      400% du pib français, cela fait grosso modo 7200 milliards d’euros d’actifs.
      je pense que la question à se poser est de savoir quel est le pourcentage d’actifs toxiques des banques francaises ? (sachant que les banques françaises ont beaucoup œuvré pour les dérivés et qu’elles sont très exposées à la dette grecque notamment ?)
      Qui paierait un effondrement du marché ?

      je pense que la vraie question sous-jacente est de savoir par exemple, que si BNP Paribas ou une autre grande banque se mettait en faillite, l’état couvrirait-il uniquement les actifs des citoyens où alors renflouerait-il la banque complète ? Nationaliserait-il la banque ?

      il faut savoir que les banques ne sont pas obligées d’avoir de quoi couvrir leurs émissions. Rien que ce fait devrait nous inquiéter. Pour 1 euro de prêté, elles ne doivent pas détenir plus de 30 centimes en fond propre.
      Avez-vous déjà essayé de payer quelque chose coutant plus que le solde (positif) de votre compte en banque ? quel fut le résultat ?

      Paradoxalement, elles engrangent des bénéfices énormes...
      Peut-on expliquer cela de manière logique autrement que par une forte opacité ?

      personnellement, ce qui m’inquiète, ce n’est pas le fait que les banques aient un énorme montant investit en actifs, mais c’est de savoir dans quels actifs ces montants sont investis. Qui plus est, le rôle d’une banque n’est pas de tout faire. La spéculation s’apparente plus à du casino qu’à de l’investissement (et les traders à des joueurs compulsif qui n’ont qu’un mot en bouche : fric)

      et en attendant, vers qui se tournent-elles quand elles ont besoin d’argent pour continuer leurs affaires ?

      l’avantage du glass teagle est qu’en séparant la spéculation et en interdisant les transferts d’un type d’activité vers l’autre, on casse les effets leviers.
      je prends l’exemple de bnp paribas belgique : ils ont pris 30 milliards des épargnants et l’ont envoyé dans la banque d’affaire à paris pour spéculation. bien sûr, la perte a été colossale.
      Et de qui l’argent a-t-il été perdu ?

      j’espère avoir quelque peu répondu a votre question !

      Cordialement

    • Le 15 juillet 2012 à 15:55
      par Colbert_

      Merci pour vos réponses.
      Si une banque fait faillite, il est admissible que ses activités de dépôt soient nationalisées et que l’État, c’est à dire le contribuable paye pour garantir dans une certaine limite les dépôts.
      En revanche, il serait inadmissible et il sera de toute façon impossible que le contribuable paye pour les dettes de jeu des activités spéculatives de la banque.
      Le problème est alors de séparer les uns et les autres et il est un fait qu’une loi de type Glass-Steagall permet à l’avance de préparer les banques à l’hypothèse d’une faillite par un bon ordonnancement de leurs actifs.

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  • Le 11 juillet 2012 à 12:08
    par Colbert_

    Difficile de dire si c’est la position des banques françaises ou celle des banques US qui est la plus préoccupante.
    Les commentaires de la comparaison sont-ils du FT ?

    • Le 11 juillet 2012 à 22:48
      par Benoit Chalifoux

      Le commentaire sur les banques françaises est le nôtre, et pas du FT, et les données sont de la Banque des règlements internationaux et Thomson Reuters Datastream.

      La question n’est pas de savoir si la situation des banques françaises est un poil plus ou moins inquiétante que celles des autres pays, mais de voir que le problème nous touche bel et bien nous aussi, contrairement à ce qu’affirment les défenseurs du modèle de "banque universelle" à la française.

      Donc, le combat pour Glass-Steagall, c’est également ici, dans ce pays, que nous devons le mener, et vite, comme nos amis le font d’ailleurs dans d’autres pays, incluant aux Etats-Unis, comme vous l’avez peut-être remarqué. François Hollande, comme tous nos concitoyens d’ailleurs, feraient bien de prendre cette question au sérieux.

      Noooonnn !!! Il ne s’agit pas d’un concours de beauté entre les banques américaines et françaises, mais bien de l’effondrement imminent du système financier trans-atlantique dans son ensemble.

    Répondre à ce message

  • Le 9 juillet 2012 à 19:31
    par petite souris

    Ah ! ah ! ah !
    ....Je me souviens du ton de "mépris-pédagogique&satisfait" de not’ ancien président lors de sa réponse à la question de Jacques en parlant du effeti enfin du Financial Times tout en expliquant qu’il fallait travailler sur l’après crise !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    A ce niveau là, la pédagogie s’apparente à de la "manipulation" ..........................

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