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Réforme de la santé : Les Américains se révoltent contre le fascisme financier

La rédaction
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Par Bertrand Buisson

« Je ne fais confiance ni à vous, ni aux républicains, ni aux démocrates. Lorsqu’on parle de ma santé, je ne fais confiance ni aux conservateurs, ni aux progressistes ni à aucun politicien, mais seulement à mon docteur et à moi. »

Un citoyen en colère à son député, le 6 août dernier lors d’un Town Hall Meeting dans le Minnesota.

Plusieurs millions de familles expulsées de leur logement depuis l’été 2007, un demi-million de chômeurs supplémentaires chaque mois et un chômage réel de plus de 20%, 48 Etats sur 50 en faillite et la suppression des services publics et des services sociaux, 23 700 milliards de dollars d’argent public engagés dans le renflouement des grands de Wall Street, 81 banques régionales ayant déclaré faillite depuis le 1er janvier…Voilà l’état de l’économie américaine, voilà ce qu’endurent les citoyens américains. Et par dessus le marché, ils viennent d’apprendre que leur gouvernement veut mettre en place un système de rationnement des soins menaçant directement leur vie.

Dès lors, comment s’étonner de la défiance envers l’administration Obama ? Des centaines de milliers d’Américains, mus par la colère et l’indignation, affluent spontanément dans les traditionnels Town Hall Meetings (réunions entre les citoyens et leurs élus) pour lyncher (verbalement pour l’instant) leurs sénateurs et députés qui ont laissé faire cela.

La colère choisit son camp et sa bannière

Depuis le mois de mai, Lyndon LaRouche et son comité d’action politique (LaRouche PAC) dénoncent la réforme Obama comme une résurgence du programme médical d’Hitler, documents à l’appui. Le 19 mai, Lyndon LaRouche avait prévenu la classe politique américaine en déclarant publiquement que « la révolte contre la tournure que prennent les politiques d’Obama gronde au tréfonds du pays ». Lors de sa conférence internet du 1er août, il avait de nouveau averti : « Nous entrons dans une période de révolte et les membres du Congrès vont devoir se cacher en retournant dans leurs circonscriptions car les citoyens vont vouloir les lyncher. » Depuis, l’affiche du LaRouche PAC affublant Obama d’une petite moustache carrée et barrée du slogan « J’ai changé » est devenue le symbole de la mobilisation, débarquant même dans les pages du Monde, du Figaro, de Libération, de Marianne et sur le site de France Info !

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Peu importe le qu’en dira-t-on de ceux qui classent cette affiche dans la catégorie « extrémiste ». La révolte est en marche et le LaRouche PAC apparaît partout comme son catalyseur. Rien d’étonnant à ce que les élites bien-pensantes qualifient d’outrageante une campagne plébiscitée par les citoyens mobilisés ! Les Français qui ont vu comment, en 2005, les opposants à la Constitution européenne furent systématiquement vilipendés par leurs adversaires et les médias, comprennent très bien de quoi il s’agit. Dans ces moments particuliers de l’histoire, plus l’establishment en rajoute et plus s’accroît la défiance populaire.

Que propose donc la réforme Obama ?

Contrairement à ce qu’on en dit, le but de cette réforme n’a jamais été d’accorder à la majorité des Américains un accès adéquat aux soins. Si Obama répète qu’il veut donner une couverture maladie aux 47 millions d’Américains qui en sont dépourvus, il a aussi stigmatisé les programmes de santé publics destinés aux personnes âgées, aux malades chroniques, aux handicapés et aux pauvres : « la cause première de notre déficit public est l’explosion des coûts de Medicare et Medicaid », mais pas un mot sur Wall Street. Déjà, dans le budget 2010 présenté le 26 février par le chef de la Gestion et du Budget à la Maison Blanche, Peter Orszag, la Présidence annonçait 300 milliards de coupes budgétaires dans les dépenses de santé publique, grâce à la mise en place d’un système informatique d’« e-records » compilant les données médicales et personnelles des patients et indiquant au médecin le traitement le mieux adapté. Selon Orszag, ce système servirait à éliminer les procédures « non nécessaires ». Mais selon quel critère veut-il les choisir ?

A la recherche de « l’efficacité comparative »

Obama est entouré de conseillers « comportementalistes », qui utilisent l’étude des comportements animaux afin de domestiquer politiquement la société humaine. Avec eux, une vie humaine peut donc tout à fait être réduite à une question comptable. Ils ne se considèrent pas plus responsables de la vie humaine que de celle d’un animal. Si, pour le bien du troupeau, il faut abattre quelques têtes, aucun problème éthique, c’est une question objective.

Dans le plan de relance de la nouvelle administration adopté en février, cette clique a obtenu 1,1 milliard pour la création d’un Conseil fédéral sur la recherche en efficacité comparative (FCCER), chargé de préparer la réforme.

Pour comprendre ce qu’est la méthode d’efficacité comparative, il faut aller en Grande-Bretagne, où le gouvernement Blair en a fait sa doctrine. Créé en 1999, le programme NICE promulgue les interdictions de soins selon le profil personnel. Le fonctionnement est très simple : si un alcoolique a besoin d’une greffe de foie, on la lui refusera car on ne peut être sûr qu’il ne recommencera pas à boire. Mieux vaut économiser l’argent et le foie pour des personnes qui en valent le « coût ».

Peter Orszag revendique ouvertement l’efficacité de cette méthode, que l’on appelle QALY et qui consiste plus généralement à rationner les soins en fonction du nombre d’années en bonne santé qu’il vous reste à vivre. Voilà ce que les « e-records » seront chargés de dire aux médecins : tel ou tel traitement est trop coûteux pour un malade chronique, une personne âgée, un obèse ou un fumeur.

Le problème c’est qu’Obama baigne dans ce milieu depuis l’université. Le 3 mai dernier, dans une interview au New York Times, le Président parlait de « l’importance d’utiliser les études sur l’efficacité comparative afin de ralentir les dépenses », évoquant « les études objectives faite par des gens qui s’y connaissent en la matière ». L’un de ces fins connaisseurs, et conseiller spécial de la Maison Blanche sur la Santé, n’est autre que le Dr Ezekiel Emanuel, membre du collège d’expert du FCCER, qui expliquait dans un article de 1996, que « les soins fournis aux individus qui ne peuvent plus, de manière irréversible, être ou devenir des citoyens participatifs, n’ont rien de fondamental et ne doivent pas être garantis. Un exemple évident est la non garantie des soins aux patients atteints de démence. » Comme dans l’Allemagne de 1939, il s’agit de se débarrasser des « bouches inutiles » et des improductifs.

Le défenseur de la Sécurité sociale universelle américaine désavoue Obama

Le député démocrate progressiste John Conyers, qui promeut depuis plusieurs années une sécurité sociale universelle, a qualifié la réforme Obama de « foutaise » et l’attitude du président de « mauvaise ». Conyers a déploré l’influence du chef de cabinet de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, qui « ne cherche qu’à réussir et est prêt pour cela à passer des accords sur tout et n’importe quoi » (rassurant, lorsque l’on parle de santé publique, a-t-il ajouté), alors que jadis le sénateur Obama soutenait le programme de sécurité sociale universelle. « Il n’y a pas plus déçu que moi au sujet de Barack Obama », a-t-il dit.

Les « tribunaux de la mort »

Pour appliquer ces méthodes et garantir les coupes budgétaires prévues, la Maison Blanche a fait de la création d’un Comité indépendant d’experts médicaux (IMAC) l’enjeu essentiel de sa réforme. Le 22 juillet dernier, lors de sa conférence de presse télévisée, Obama a appelé à cinq reprises à l’établissement d’un tel comité, que LaRouche qualifie de nouveau T-4, en référence au décret sur l’euthanasie signé par Hitler en septembre 1939 (voir encadré). Si Obama est désormais obligé de dire et répéter qu’il n’y aura pas de « tribunaux de la mort », il en a pourtant reconnu et souhaité la vertu anti-démocratique : « Les malades chroniques et les patients en fin de vie sont potentiellement responsables de 80% des dépenses de santé (…) Il y aura un débat démocratique très difficile. Il est très difficile d’imaginer que le pays puisse prendre ce type de décision par les voies politiques normales. C’est pourquoi il faut avoir des groupes indépendants qui puissent nous guider », a-t-il déclaré le 3 mai dans le New York Times. Début août, 75 députés des deux partis ont écrit à la présidente de la Chambre pour lui signifier que le projet IMAC était inacceptable et conduirait à la mort du projet de loi.

Euthanasie ou simple incitation à mourir ?

Les partisans de la réforme ont qualifié de « fantasque » la préoccupation exprimée par les citoyens dans les Town hall meetings, au sujet de l’euthanasie. Les Américains ne s’y sont pourtant pas trompés. L’article 1233 du projet de loi, intitulé « Consultation pour la planification des soins anticipés », promet aux plus de 65 ans couverts par Medicare (souvent les plus pauvres et les plus malades), ainsi qu’aux malades chroniques, une visite médicale quinquennale remboursée pour se faire expliquer les procédures de fin de vie et les inciter à signer une déclaration de refus de soins. De surcroît, la loi oblige à une nouvelle visite dès lors que serait diagnostiquée « une maladie chronique, progressive, incurable, limitant l’espérance de vie ou déjà en phase terminale, ainsi qu’un accident où le pronostic vital est réservé, ou lorsque la personne est admise dans un centre de soins médicalisé, ou de long séjour ou bien à l’hospice. » Il s’agit donc de harceler les vieux jusqu’à ce qu’ils meurent pour les inciter à en finir plus vite, au nom de la « responsabilité fiscale » qu’Orszag veut d’ores et déjà étendre au système public de retraite.

Un corporatisme à la Cheney

A cela viennent s’ajouter les révélations sur les accords secrets entre la Maison Blanche et les géants pharmaceutiques et compagnies d’assurance maladie privées, qui ont mis la gauche du Parti démocrate en colère, après huit années de ce corporatisme. Le 4 août, le Los Angeles Times a révélé la nature de ces accords conclus entre février et juin, après vingt-sept réunions secrètes entre le cabinet d’Obama et ces lobbies : plafonner à 80 milliards de dollars sur 10 ans les économies réalisées sur les dépenses de médicaments (alors que dans le même temps, le lobby pharmaceutique en vendra pour 3600 milliards de dollars) tout en refusant à Medicare le droit de négocier les prix ; et la garantie donnée aux assureurs qu’ils continueront à toucher au moins 25% du coût total de la facturation pour leurs « frais administratifs ». En retour, l’organisme qui fédère les compagnies pharmaceutiques, PhRMA, s’est engagé à financer pour 150 millions de dollars de spots publicitaires pro-réforme.
On voit que malgré le départ de Bush et Cheney, la Maison-Blanche est restée (pour l’instant…) la courroie de transmission de ce qu’il convient d’appeler le fascisme financier.

Voilà pourquoi les citoyens américains se révoltent. Non seulement il devient impossible de vivre dignement aux Etats-Unis, mais de plus, le gouvernement veut exterminer les plus faibles afin de servir les intérêts de Wall Street et de la City de Londres. Le véritable programme confié à la présidence Obama par ses commanditaires financiers n’aura pas tenu longtemps sous le vernis orwellien de l’Obamania (cf. Quand Terra Nova francise l’obamania). Plutôt que de commenter et feindre de ne pas comprendre ce qui se passe outre-Atlantique, les responsables politiques français feraient mieux d’abandonner le costume de la complaisance. Avec un chômage réel excédant les 4 millions, une pauvreté touchant plus de 8 millions de Français, des collectivités locales aux abois, des finances publiques en détresse, des agriculteurs et de ouvriers en colère, des bonus qui se distribuent là où des claques devraient l’être, personne n’est à l’abri des coups. Les élites parisiennes qui traitent les prises d’otages de patrons comme des épiphénomènes sociologiques pourraient bientôt sentir le goût de la pique. Nous ne sommes pas obligés d’en arriver là, mais tous ceux qui ont eu vent des mises en garde lancées par Jacques Cheminade depuis sa campagne présidentielle de 1995 et connaissent l’alternative qu’il a avancée, ne pourront pas dire qu’ils n’avaient pas été prévenus.


Obama ressuscite le T-4 d’Hitler

Le Comité indépendant d’experts médicaux (IMAC), composé de cinq experts nommés par le Président, échapperait à la supervision du Congrès et serait chapeauté par un actuaire dont la mission sera de « faire plier la courbe des dépenses ». Peter Orszag a reconnu que ce comité s’inspirait directement du programme britannique NICE, qui interdit les traitements onéreux aux personnes dont l’espérance de vie ne semble pas optimale.

En 1939, Hitler demanda à son ministre de la Santé de « faire certaines économies sur les dépenses hospitalières ». Le 1er septembre, le chancelier allemand rédigea le décret sur la « destruction des vies sans valeur » :
« Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt ont la responsabilité d’étendre les attributions de certains médecins désignés nominativement. Ceux-ci pourront accorder une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables selon le meilleur jugement humain disponible de leur état de santé. »


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