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Schröder et Chirac à propos de Maastricht : remplacer un mal par un autre

La rédaction
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Le chancelier Gerhard Schröder et le président Jacques Chirac sont à la tête des chefs de gouvernement européens qui veulent mettre la « réforme » des critères de Maastricht en haut de l’agenda officiel de l’Union européenne. Lors du sommet à La Haye, la semaine dernière, les autres pays membres ont accepté que des propositions de réforme soient élaborées pour mai 2005, en vue d’une éventuelle adoption avant les vacances d’été. Quant au contenu, la France propose d’exempter les dépenses militaires des critères du déficit tandis que l’Allemagne souhaite y soustraire les investissements dans l’éducation et les versements nationaux à Bruxelles.

Ces propositions ne mettent nullement en cause la structure même de Maastricht. Et pour ce qui est de l’Allemagne, elles ne trouvent pas non plus de pendant dans la politique fiscale nationale. Le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, a annoncé le 5 novembre qu’il veut geler le traitement des fonctionnaires pour l’année fiscale 2005. Pour cela, il va tenter une manœuvre financière risquée. Les retraites des employés de la poste et des télécoms, fonctionnaires avant la privatisation en cours, sont versées par une caisse de retraite spéciale, dont les trois quarts sont assurés par l’Etat et le reste par les deux entreprises - au total quelque six milliards d’euros. Eichel propose donc que la caisse de retraite vende une partie de ses obligations à la poste et aux télécoms sous forme d’un emprunt sur le marché des capitaux. Il espère ainsi encaisser 5, 5 milliards d’euros en 2005. Avec cela, le gouvernement pourrait compenser les versements à la caisse qu’il est censé faire en 2005 mais devrait, en retour, assurer toutes les cotisations versées jusque-là par les deux entreprises.

De l’avis des experts bancaires, cette aventure coûtera plus cher, en fin de compte, qu’un emprunt normal, mais Eichel ne veut pas emprunter pour éviter une nouvelle violation des critères de Maastricht.

Par ailleurs, le gouvernement allemand a dû abandonner la proposition de supprimer la fête de l’Unité nationale à partir du 3 octobre 2005, afin de gagner un jour ouvré par an. Cette mesure soulève une opposition très forte chez les sociaux-démocrates.

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