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TGV, Canal Seine-Nord : défendons les grands travaux, préalable d’une politique d’emplois d’avenir

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La panique s’empare (déjà) de l’Elysée. Alors que le nombre de chômeurs dépasse le cap des trois millions et que 10 000 jeunes viennent de s’inscrire au pôle emploi, l’urgence sociale et économique frôle l’émeute. François Hollande, en chute de 11% dans un sondage Ipsos pour son manque de réactivité parait un président bien trop normal face à une crise qu’il est désormais bien obligé de reconnaître comme étant d’une gravité exceptionnelle.

Pourtant, en remettant à plus tard la séparation des banques d’affaires spéculatives avec les banques de crédit ordinaires (retour au Glass-Steagall Act) et en refusant de rompre avec des traités européens qui imposent rigueur et austérité, le Président Hollande et son gouvernement, s’ils n’infléchissent pas leurs choix, se condamnent à sombrer avec ceux qui restent les maîtres du jeu, c’est-à-dire les élites financières de la City et de Wall Street. Avec les manifestants venus accueillir le Président à Chalons en Champagne, nous avons bien envie de dire : « Le changement c’est pour quand ? »

En tout cas, en se coupant les jambes, le gouvernement se résout à attendre une croissance qui, par magie, devrait venir d’ailleurs. En attendant, afin d’éviter le chaos et la colère qui vient, on tente d’acheter du temps au temps par un traitement social du chômage.

Emplois à venir

C’est ce qui ressort clairement du programme des « emplois d’avenir » présenté le 28 août par Michel Sapin, ministre du Travail.

Comme avec les « emplois jeunes » de l’équipe Jospin-Aubry, il s’agit d’offrir à des jeunes une première expérience professionnelle. Cependant, contrairement aux 470 000 emplois jeunes de 1997 dont 40% avait été décrochés par des titulaires d’un diplôme égal ou supérieur à bac +2, les 150 000 emplois d’avenir prévus pour 2014 ciblent avant tout les jeunes de 16 à 25 ans « sans qualification ou peu qualifiés et rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi » vivant, selon le projet de loi, « prioritairement dans les zones urbaines sensibles ». Ceux-là mêmes qui quittent le système sans qualification (120 000 actuellement).

Subventionnés par l’Etat à hauteur de 75% du Smic pour un coût initial de 2,3 milliards d’euros, ces emplois aidés (CDD ou CDI), s’adresseront « pour l’essentiel au secteur public, et en tout cas non marchand, notamment les associations ou les sociétés mutualistes ». Une dérogation est prévue pour l’Education nationale qui pourra embaucher 18 000 étudiants boursiers à bac+2 se destinant à l’enseignement.

Pour l’essentiel, les postes à créer seront concentrés « dans des activités d’avenir ou dont l’utilité sociale est avérée » : la filière verte, le secteur social, l’aide aux personnes, les filières numériques, le tourisme, etc. Seront éligibles les employeurs du secteur non-marchand et à la marge ceux du privé (subventionnés à 35% pour éviter l’effet d’aubaine).

S’il est impératif de répondre à l’urgence sociale, on peut rester dubitatif sur l’efficacité d’un tel sparadrap géant, surtout si aucune autre politique industrielle ne voit rapidement le jour.

Bien que ces contrats doivent répondre à un double objectif : « la recherche d’une qualification en vue d’une insertion durable sur le marché du travail », le volet formation reste totalement flou. Il est clair qu’on est loin d’une nouvelle révolution industrielle et on peut douter que les secteurs évoqués, surtout dans les services, représentent les « gisements » d’activités capables de pérenniser ces CDD en CDI hautement qualifiés et bien rémunérés pour des employés choisis pour leur absence de qualification.

Contradictions

D’ores et déjà, rien que le secteur de l’environnement (dont on peut discuter la pertinence) suscite un certain scepticisme. David Ascher, directeur du site spécialisé emploi-environnement.com, estime que peu de filières devraient être concernées, hormis celle de la gestion des déchets qui recrute des opérateurs de tri ou des caristes. Le secteur des énergies renouvelables, cité par François Hollande lors de sa campagne, recherche, lui, des candidats titulaires au minimum d’un bac professionnel. Donc hors cible. Reste donc à explorer les filières de l’agriculture biologique ou encore du commerce équitable... Mais ces dernières n’embauchent qu’au compte-gouttes.

Vincent Peillon, le ministre de l’Education, a sa petite idée : il espère « réserver » quelques 30 000 contrats au pré-recrutement d’enseignants, avec des tâches d’accompagnement aux devoirs, de surveillance... pour les étudiants. Mais, dans ce cas, le dispositif devra également s’ouvrir à des jeunes qualifiés…

Benoit Hamon, le ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire espère lui aussi utiliser ce programme pour « doper le secteur ». En effet, au sein de la petite enfance ou de l’aide aux personnes âgées, des postes d’agent service, d’agent de maintenance ou d’entretien font défaut. Par ailleurs, des pénuries de candidats existent également pour les métiers d’employé à domicile, d’aide-soignant, d’éducateur de jeunes enfants ou encore d’auxiliaire de puériculture. Une fois de plus, la démarche pose problème puisque ce type de postes requiert également une « obligation de qualification », nous disent les experts.

Déjà plombés par l’austérité ?

Du coté financement, avec la règle d’or et le pacte budgétaire, toutes les administrations sont priées de faire plus avec moins à part quelques secteurs vitaux. Du coté collectivités territoriales, elles se démènent chaque jour pour éviter la mise sous tutelle. « Sur les 75 milliards d’euros accordés aux départements, les dépenses sociales pèsent 12 milliards d’euros. Or, l’Etat ne les a compensées qu’à hauteur de 7 milliards d’euros », ne cesse de répéter le président de l’ADF, Claudy Lebreton. La faillite rampante de Dexia et l’absence d’une véritable politique de crédit productif public a asséché les finances locales. Si l’on constate par exemple que depuis 2010 de plus en plus de départements reviennent sur la gratuité pour les élèves empruntant les transports scolaires, on peut craindre une certaine timidité pour s’engager sur les emplois d’avenir. 2012 n’a rien à voir avec 1997 confirment les experts. Cette fois, pas question de compter sur les collectivités territoriales, les entreprises publiques, l’Education nationale et la Police, gros recruteurs des emplois-jeunes, pour embaucher.

Mort des grands travaux ?

Encore plus dramatique est le fait qu’en se soumettant à une politique d’austérité imposée par la finance et Bruxelles, la politique des grands travaux et des investissements d’avenir, secteur où des vrais emplois qualifiant pourraient voir le jour, est au point mort.

Comme il l’avait annoncé en juillet, Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, va installer une commission afin de revisiter le Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) destiné à mettre en œuvre les décisions du Grenelle.

Est menacée d’arrêt, en plus du canal Seine-Nord dont le coût dépasserait les 4,3 milliards d’euros, l’ensemble des nouvelles lignes TGV. Si la ligne Tours-Bordeaux, dont la construction a déjà commencé, n’est pas menacée, son prolongement vers Toulouse et l’Espagne risque d’être remis en cause.

Ainsi, si Hollande veut nous faire avaler le pacte budgétaire (TSCG) en le présentant comme un compromis acceptable car récompensé par un « pacte de croissance » de 120 milliards d’euros pour toute l’Europe, il se moque du monde.

Seule une politique de rupture avec la finance folle et avec les règles qu’elle a imposées partout en Europe et dans le monde peut faire sauter le garrot.

Un engagement clair en faveur d’une séparation bancaire du type Glass-Steagall serait le premier pas pour changer la donne, sous condition de le compléter immédiatement avec une politique de crédit productif public et de grands travaux à l’échelle de l’Europe et au-delà.

En s’y risquant Hollande pourrait répondre à l’espérance qu’il a fait naître en France et dans le monde en désignant la finance comme son adversaire et l’austérité comme une politique suicidaire. Espérons que le changement d’Hollande, c’est maintenant.

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